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Fis;, f^. F.içaJe Je la B.isiliquc Acmilia, v-vi"" siècle
une longueur d'environ 70 mètres. La nef centrale a \2 mètres de large; la nef latérale droite qui est contiguë au mur de fond des iaberyiae en a 5. Sur le côté opposé, au nord, la salle, comme le prouve le fragment de la Forma l'rbis, avait non pas une mais deux nefs latérales. Les galeries des nefs latérales ne reposaient
pas, comme dans la basilique Julia, sur des piliers, mais sur des colormes, et les débris de ces colonnes, qui étaient en marbre africano (rouge, blanc, noir), et qui mesuraient 85 centimètres de diamètre, jonchent partout le sol. L'entablement qui les surmontait est d'un très fin travail. Sur des morceaux de l'architrave, endommagés par le feu, on distingue encore les restes d'une inscription PAVL RESTI. Elle était sans doute relative
aux reconstructions du consul Paullus (Aemilius) de 34 ou de 14 av. J.-C. Les bas côtés n'étaient pas voûtés comme dans la basilique Julia. Ils avaient une toiture en bois. Les colonnes de l'étage supérieur étaient également en africano, mais elles n'avaient que 55 centimètres de diamètre. On a retrouvé également, et en grand nombre, des morceaux de la frise supérieure: ils sont en marbre blanc et d'une facture très soignée. L'entrée principale devait être à l'ouest, tournée vers la Curie. Quant à l'abside qui terminait la basilique sur la face opposée, on va bientôt en commencer les fouilles. Les grandes dalles de marbres de couleur (giallo. cipoUino, portasanta), qui composent le pavé de la nef centrale, portent à plusieurs endroits des marques d'un incendie. D'innombrables petits morceaux de fer et de bronze s'y sont comme fondus et accolés; et aussi beaucoup de monnaies (dans le magasin du musée) qui, autant qu'on peut reconnaître leur empreinte, sont*postérieures à Constantin. Ainsi donc la basilique a été la proie des fîammes, et elles se sont propagées d'autant plus facilement que les plafonds de bois des bas côtés et l'énorme toiture de la nef centrale leur offraient un plus riche aliment. Si l'on s'en rapporte aux monnaies trouvées, cette tlcstruction a dû avoir lieu au début du v^ siècle, et probablement lors de la prise de Rome par Alaric, quand la Curie et le Secretarium Senatus furent également dévorés par le feu (cf. supra p. 115). Dans
la restauration accomplie aussitôt après, sous Honorius, n ne se donna pas la peine de remplacer le pavé qui avait souflert de l'incendie, mais on se contenta, comme dans la maison des Vestales (cf. infra p. 213), de mettre au-dossus de l'ancien, et h une très petite hauteur, un
L'. (•%. Constructions méJicvalcs J.ins la Basilique Acmitia.
iu»u\i-.iu pavé beaucoup plus grossier: c'est ainsi que les morceaux de fer, monnaies, etc., ont pu parvenir jusqu'à nous dans un si parfait état de conservation.
En sortant de la grande salle par la porte du milieu, on voit à gauche les restes d'une construction médiévale, en blocs de tuf gris grossièrement liés les uns
aux autres, dont on ne saurait dire si c'est une maison ou une église, et qui est du vu^ ou du viri^ siècle au plus tôt. Les plaques de marbre richement sculptées, qui sont aujourd'hui accrochées à l'extérieur de ses murs, n'ont rien à voir ni avec elle, ni avec la basilique. Quand on les a trouvées, elles couvraient un canal creusé au moyen âge sous la rue qui passe devant la basilique. Un fragment parfaitement semblable, aujourd'hui au musée du Latran, doit avoir été découvert à la même place, au cours de fouilles antérieures dont on ignore la date. Le seuil de cette maison du moyen âge était formé par un grand bloc de marbre, enlevé aux murs de la Regia, et sur lequel était gravé un long morceau des fastes consulaires (cf. infra p. 193). Ce fragment est aujourd'hui réuni aux autres morceaux des Fastes dans le musée des Conservateurs. Dans quelques-unes des tabeniae de l'est, on est en présence d'un pavé en marbre, dont les rectangles, les cercles et les minces bandes de giallo, de porphyre et de serpentine, rappellent tout à fait le pavé des églises du vii^-ix' siècle (p, ex. dans la chapelle de S. Zeno à S. Prassede et sous le maître autel de S. Maria in Cosmedin): il remonte également au haut moyen âge. Ces tabernae servent maintenant de dépôt pour des objets trouvés dans les fouilles. On notera surtout pour leur beauté quelques fragments architectoniques de la basilique et, entre autres, les pieds-droits d'une porte ornés de feuilles d'acanthe d'un relief très doux. Devant les tabernae de l'est on remarque trois colonnes de granit posées sur des cubes de marbre blanc. Redressées de nos jours, elles proviennent des restaurations du commencement du v* siècle. L'intervalle entre ces colonnes est évidemment beaucoup plus étroit que celui qui séparait les piliers primitifs (3 rn. 77 au lieu de 5 m. 31), de sorte que la façade au lieu de comi^rendre, comme â l'origine, quatorze grandes arcades, s' ou-
vrait, à la basse époque, sur 2^ entre-colonnements beaucoup moins larges (cf. fig. 63 et 64).
Il y a devant les colonnes de granit un grand tas de débris de marbre provenant de la basilique et aussi d'édifices voisins. On y distingue avant tout les fragments d'une inscription monumentale en très beaux caractères L't admirablement conservés:
L . CAESARI . AVGwSTI F • UIVI • N PRIXCIPI 1VVENTV//S COS . DESIG CVM <?SSET ANN • NaT • XIIII • AVG SEXATVS
Ces morceaux de marbre appartenaient donc à un monument que le Sénat avait élevé en l'an 2 av. J.-C. au fils adoptif d'Auguste, Lucius César, alors qu'âgé de quatorze ans et revêtu déjà de la double dignité d'augure et de princeps juventutis, il venait d'être désigné pour le consulat. Il faut rapprocher de cette inscription celle qui fut dédiée à Auguste par la plebs (urlmna). Les fragments en ont été retrouvés devant le temple de César, dans cet édifice que l'on a jugé une mauvaise construction moyenâgeuse (cf. infra p. 15 2). Ils sont maintenant placés non loin des autres, devant la façade de la basilique, vers le temple de César.
Derrière ce monceau de débris, presque à l'extrémité de la façade de la basilique, un grand nombre de puissants blocs de marbre, encore en place, sont tout ce que nous avons conservé du rez-de-chaussée du portique. Ils appartenaient à cette saillie en forme de pavillon que nous avons mentionnée plus haut (cf. p. 130). Dans l'angle, à l'intérieur, on voit un tiers de colonne avec cannelures. Les côtés extérieurs avaient des pilastres également cannelés.
Cf. Cicero ad Atl. IV, 16, i4;Varro /. /. V'I, 4; Liv. XL, 51: Pline .V. H. XXXV, i^v XXXVI, 102; Slace Silv. 1. i. 22;
Tac. Hist. III. 72; App. B. C. II, 26; Plut. César 29; Dion Cass. XLIX, 42. LIV, 24; Notitia reg. IV. Monnaie de Lepidus: Cohen- Babelon Aemilia n° 25.
Jordan I, 2, 392; Huelsen R. M. 1902, 41-57. 1905, 53-59: Vaglieri S3-98; Boni Atli, 566-570.
Revenons sur nos pas dans la direction de l'angle ouest de la façade. Nous suivons une rue qui a été pavée au moyen âge de grandes dalles de basalte. Plus bas il nous faut noter un grand monceau de débris provenant de constructions privées d'une époque très tardive, pavées en marbres de couleur, et plus loin quelques morceaux du grand entablement dorique. Enfin nous arrivons au
XXII. Sacellum Cloacinae. Il n'en reste aujourd'hui qu'un soubassement circulaire couronné de marbre, avec ramoixfi d'un escalier sur le côté ouest. Le terrain en dissimule mal les substructions en tuf qui descendent jusqu'à trois mètres au-dessous du niveau de l'époque impériale. Le petit édifice s' élève au-dessus du canal qui longe la basilique et dont nous avons déjà parlé ,^l' ^^•. ^'"""••''^ (cf. supra p. l'^o), non loin de l'endroit
Je MiissiJius I.ongus. ^ ^ r ^ /^ ^ ^
OÙ la Cloaca Maxmia pénètre dans le Forum. Les deniers de Mussidius Longus (43 av. J.-C.) représentent un petit monument circulaire tout à fait semblable, qui, selon l'inscription, était consacré à Cloacina. La « parabase » du Curciûio (cf. supra p. 1 3) mentionne le C/oaci?iae sacrum entre le Comitium et la basilique Aemilia. En outre, nous avons d'importants indices dtsa situation dans le récit de la mort de Virginie (44 .' av. J.-C).
Le ddcemvir .\ppius Claudius désireux de s'emparer de la belle \'irginie (^Verginia), fille du centurion Virginius, avait induit
un de ses clients à jurer qu'elle était son esclave. \'ir.;iiue, accompagnée de son père qui était accouru du camp à Rome, comparut sur le Korum devant le tribunal de Claudius, mais en vain. Le déccinvir resta sourd à ses raisonnements comme à ses prières, et ordonna au licteur de remettre la jeune fille en possession de son maître. .Alors Verginius, ayant perdu tout espoir, pria .\ppius de lui permettre de dire adieu à sa fille. Cette demande
lui ayant été accordée, il l'emmena, elle et sa nourrice, vers le sanctuaire de Cloacina près des boutiques plus tard appelées les boutiques neuves (tabentae noz'ae); et là, ayant arr.iché à un boucher son couteau, il en frappa sa fille en plein cœur, en s' écriant: «C'est ainsi que je te rends la liberté, ma fille, je ne le puis pas autrement; mais que ce sang retombe sur toi, Appius, et sur
. tête ». Le peuple, enllammé de colère, prit les armes et chassa
!audius et ses compagnons.
D'après les représentations des monnaies, nous de- \ons nous imaginer sur cette construction circulaire deu.x
— I.-vS
statues de femmes; l'une - celle de gauche - tient une fleur à la main; à côté de chacune d'elles s'élève un petit pilier sur lequel on voit un oiseau, les ailes repliées: fleur et colombe étaient deux symboles de Vénus, la déesse que les Romains ont identifiée plus tard avec Cloaçina.
Fig, 68. Sacellum Cioacinac.
Cf. Plaute Curculio IV, i, lo; Liv. III, 48, 5; Pline .V. B. XV, 119. Monnaie: Cohen-Babelon Mussidia n. 6. 7.
Jordan I, 2, 398; Huelsen R. M. 1902, 45. 1905, 62-63; Dressel Wiener- Sludien 1902, 418 sq.; Vaglieri 97-99.
XXIII. Milieu du Forum. L'espace libre du Forum est couvert de grandes dalles de travertin blanc: le pavé que nous foulons sous nos pieds est vraisemblablement d'une époque tardive. Engagés dans ce pavé, ou simplement posés dessus, émergent les soubassements de toutes sortes de monuments: la signification de la pluj:)art reste indécise. Ainsi à la base presque carrée, en briques, découverte non loin du sacelhim de Cloaçina, devant le centre de la basilique Acmilia (Pi. en g), on a voulu attribuer, et cela sans raison aucune, le nom de Jaxus.
Janus, la vieille divinité Romaine du commencement et de la (in, n'avait pas de temple sur le Forum (les sacrifices qu'on lui faisait avaient lieu dans la Regia) mais un sanctuaire d'une forme particulière, et qui consistait en deu.\ portes à arc (/a;//), reliées entre elles par des murs ou des grilles. Ce sanctuaire était situé au bas de l'Argiletum, et il existait encore au vi^ siècle de notre ère, époque où un témoin oculaire - Procope - nous en
donne la description suivante: « Janus a son sanctuaire sur le Forum, devant la Curie, un peu au delà des tria fata (cf. supra p. 26). Ce sanctuaire est tout en bronze [il faut entendre: tout incrusté de bronze], de forme quadrangulaire, et juste assez grand pour contenir la statue du dieu. Cette statue de bronze, haute de cinq coudées (2 m. 20), a une forme humaine mais avec deux visages. L'un regarde vers le lever et l'autre vers le coucher du soleil. Des deux côtés sont des portes de bronze». Le sanctuaire est représenté sur des monnaies de Néron, qui ferma le Janus en 66 ap. J.-C, parce que « la pai.v régnait sur terre et sur mer ».
La base précitée, qui ne se trouve ni placée devant la Curie, ni orientée est-ouest, n'a rien à voir avec le Janus. On n'a point jusqu'ici retrouvé de traces de l'antique Janus; l'existence d'autres yaw/ sur le Forum (l'arcade à l'entrée du vicus j'ugai ius, p. ex., est tout autre chose; cf. supra p. 64) est problématique.
Fig. 69. .Monnaie de Néror .1VCC le s.inctii.iirc de J.inii?.
Cf. Liv. I, 49; Ovid. Fasl. \, 57; Dion Cass. LXXIII, 13; Procop. bcll. Gotli. \, 25: Servius ad Aen. \'1I. 607; Monnaies: Cohen 2 .Yt'ro/i 15,^. 161. 17S. 183.
EgLT'S Constantin I. Plus loin, vers la X'oic Sacrée, on voit sur le pavé de la place, et presque au centre, les restes d'un piédestal qui peut bien avoir porté, à cause de sa forme allongée, une statue équestre. Le bas est en briques; les briques posent directement sur le pavé; au-dessus des briques, il y a des blocs de travertin; plus haut encore étaient des fûts de colonne en giallo antfco employés ici comme simples matériaux de construction (ils gisent maintenant près de la base). La construction est si mauvaise qu'on peut à peine attribuer l'érection du monument à l'époque de Constantin
(dont l'anonyme d'Einsiedeln vit la statue encore debout au milieu du Forum).
Cf. CIL. VI, 1141 (= Dessau 698); Notitia reg. VIII. Jordan I, 2, 18S; Lanciani 260.
Equus D0MITI.4NI. Entre ce piédestal et les hautes bases en briques qui bordent la Voie Sacrée, les fouilles de 1903 ont révélé la présence, sous le pavé, d'un grand soubassement de blocage. Il remonte probablement à l'époque impériale et même au i^'' siècle ap. J.-C. C'est du moins l'hypothèse que suggèrent l'aspect de sa construction et ce fait qu'il a interrompu et en partie obstrué les conduits souterrains {cunicidi) dont nous parlerons plus bas. De sa partie supérieure qui, sans aucun doute, devait consister en grands blocs de travertin et de marbre, nous n'avons pas le plus petit vestige; d'où il est permis d'inférer qu'il fut détruit volontairement dès l'antiquité. Or nous connaissons, au premier siècle, un empereur contre lequel, après sa mort, fut prononcé par le Sénat le jugement de damnatio niemoriae, mais auquel, de son vivant, on avait érigé un grandiose monument, au milieu du Forum, auprès du lacus Cîcriiiis: c'est Domitien. L'emplacement et l'époque des restes nouvellement découverts s'accordent bien avec une identification de V equus Domitiani.
C'est en 91 ap. J.-C. qu'un monument fut élevé à l'empereur Domitien pour ses campagnes victorieuses en Germanie. C'était une statue équestre de dimensions colossales. Sous celui de ses pieds de devant que le cheval levait en l'air, un dieu-tleuve gisait: le Rhin personnifié dans sa défaite. Le poète courtisan Stace a célébré cette œuvre d'art en un poème, où nous relevons des détails importants pour la topographie du Forum. Il s'adresse à l'Empereur: « Le site est digne de l'œuvre. En face de toi s'ouvre le sanctuaire du héros qui, fatigué de vaincre, fut le premier, par la piété de son fils adoptif, à montrer à nos empereurs divi-
niséà les voies éthérées de l'Olympe. Ta droite est protégée par la basilique Julia. A ta gauche s'élève la superbe basilique du belliqueux Paul (Emile). Derrière toi, ton père te regarde et la
Fig. 71. L'Equus Domitiani<
Concorde te sourit doucement. Mais toi, dressant dans le ciel pur ta tête sublime, tu resplendis plus haut que les temples, et tu semblés surveiller si ton palais renaît plus beau des flammes impuissantes, si le feu rapporté d'Ilion brûle et veille en silence, et
si \'esta peut enfin se déclarer satisfaite des vierges, ses servant* s ».
Par operi sedes : liinc obi'ia lintina pandit 21
Oui fessiis bellis adser/ae munere prolis
Primiis iter noslris ostendit in aelhera divis...
At laterum passns hinc htlia tecta iuenlnr 29
Illinc belligeri sublimis regia Pattli;
Terga paler blandoque videt Concordia Z'iillu.
Ipse aillent puro celsitm capiit aère saeplus
Templa superfulges et prospectare videris
An nova contemptis siirgant Palatia flamntis
Piilchritts, an tacita vigilet face Troicns ignis 35
Atqtie fxploratas iam Jaudet l'esta minislras.
Le V. 22 se rapporte à l'apothéose de César sous Auguste: le vers 3c désigne les temples de Vespasien et de la Concorde; les vers 35 et 36 font allusion au procès retentissant intenté contre les Vestales au commencement du règne de Domitien.
Au haut et à l'intérieur du blocage étaient engagés plusieurs grands cubes de travertin. L' lui d'eux est évidé, comme la certitude en fut acquise en mars 1904; il contenait cinq vases en terre cuite identiques au.x poteries trouvées dans la nécropole (cf. infra n. XXXV). Peutêtre faisaient ils partie du mobilier d'une tombe archaïque, découverte quand on jeta les fondations de V cqiacs Doviitiani, et furent-ils, à cette époque, et pour observer certains rites, replacés à l'endroit même où on les avait trouvés? Les vases ne renfermaient ni fragments d'os ni offrandes funéraires. Mais dans le plus grand d'entre eux il y avait un morceau de quartz auquel adhéraient une minuscule pépite d'or et deux fragments d'une carapace de tortue.
Cf. Stace, Silv. I, i, 21 sq.
Jordan I, 2, 187 sq.; Gatti, Pull, coniun. 1904, 75-82. 174-1 78; Huelsen Xeue Jahrbiicher fin Pliil. 1904, 37. R. M. 1905, 71-73; Boni AtU 574-577.
Entre V eqims Domitiani et le troisième piédestal de brique en comptant à partir de l'est, on a trouvé, au mois de novembre 1905, les ruines d'une construction qui était déjà détruite à l'époque du Bas-Empire. Sur un soubassement de blocag^e s'élèvent des murs de brique, qui enfermaient dans leur enceinte une ou plusieurs petites chambres richement décorées. Des restes d'un
plafond recouvert de jolis stucs et d'un pavement en fine mosaïque de marbre ont été mis au jour. La destination de l'édifice, jusqu'à présent, reste obscure. C'est à tort qu'on a cru y reconnaître un tribunal impériale ou un tribicnal Traiani dont aucun témoignage antique ne nous mentionne l'existence.
Lacus Curtiljs. D'après la description de Stace (v. 66 sq.), il y avait dans le voisinage immédiat de la statue de Domitien un monument qui remontait à une très haute antiquité: le Lacus Curiius.
Dans la croyance populaire des Romains, le Lacus Ciirlhis était considéré comme le reste d'nn niaréçage ou d'un goujQDre qui,
en des temps lointains, aurait existé dans la partie la plus basse de la vallée du Forum. Les érudits romains faisaient dériver son nom d'un chef sabin, Mettus Curtius, qui, lors de la guerre contre Romulus, serait tombé dans le marais et aurait eu toutes les peines du monde à s'en tirer. La légende est représentée sur un remarquable bas-relief archaïque, trouvé en 1553 dans un jardin qui
L NAEVIVS LF SVRDÎNVS
PR INTER ' CiViS- ET- x-E?vEGRlNCS
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Fig.
Le relief de Curtius et l'inscriptio : de Naevius Surdinus.
s'étendait entre la colonne de Focas et le temple de Castor, et visible aujourd'hui au Palais des Conservateurs. Plus populaire était la version suivant laquelle un noble romain, Marcus Curtius, s'était précipité, pour sauver la cité, dans le terrible abîme qui s'était ouvert au milieu du Forum. Enfin Tite-Live nous raconte il empruntait peut-être le fait aux annales de Rome - que le consul G. Curtius (445 av. J.-C.) avait, sur l'ordre du Sénat, fait entourer d'une clôture un endroit frappé par la foudre. Le même auteur
rapporte qu'un autel, qui avait été érigé en ce lieu, fut supprimé lors des jeux de gladiateurs qui furent donnés sur le Forum à l'occasion des funérailles de César. Cependant l'autel paraît avoir été relevé par Auguste, puisque Ovide nous dit (Fastes VI, 403):
Fig. 74. Plan du Lacus Curtius.
«Le lac Curtius! maintenant ses autels reposent à sec; c'est de la terre ferme aujourd'hui; mais jadis c'était un lac ».
Curtius ille lacus, siccas qui sustinet aras, Nunc solida est iellus, sed lacus aiite fuit.
Au temps d'Auguste, le lacus Curtius existait donc encore, mais ce n'était plus qu'un puteal érigé sur un terrain solide et dans lequel tous les ans on venait jeter des ofiVandes en l'honneur de r Empereur. Peut-être fut-il restauré au commencement du iv*" siècle ; et il se peut aussi qu'on y ait placé à ce moment le bas-relief mentionné plus haut, et qui serait alors la copie d'une œuvre archaïque du III* siècle av. J.-C.
En avril 1904, des fouilles pratiquées entre V cquiis Domitiani et les piédestaux en briques du temps de Dioclétien ont mis au jour des restes de l'enceinte sacrée du Lacus Curtius. On y distingue deux couches de matériaux. La couche supérieure, à 60 centimètres environ au-dessous du niveau du pavé de l'époque impériale, consiste en un espace horizontal pavé de grandes dalles de travertin et fermé par une bordure également en travertin; le dessin est celui d'un trapèze irrégulier,
Fig. 75. l.c L.icus Curtius.
avec un côté légèrement recourbé et un angle émoussé (cf. fig. 74). La longueur est de 10 m. 16, la largeur de 8 m. 95. La couche inférieure, qui coïncide en dimensions et en forme avec la couche supérieure, se compose de blocs de tuf gris ou brun. A son extrémité F^st le pavé de travertin est interrompu par un dodécagone en tuf gris de 3 m. 50 de diamètre {a fig. 74), qui repose directement sur la couche de tuf, et qui supporte à son tour le socle d'un autel rond ou putéal de cm. 71 de diamètre. A l'extrémité Ouest on aperçoit les traces d'autels ou de bases quadrangulaires {b) qui font songer aux arae siccae dont parle Ovide. Sur le côté le plus rapproché de la Voie Sacrée on a poussé les recherches à une plus grande profondeur, et on a trouvé les restes
d'un tombeau avec un squelette humain et aussi une roue en bois de chêne, qui peut-être faisait partie d'une machine élévatoire.
Cf. Plaute Curcidio IV, 16; Varro L. L. V, 148; Liv. I, 12, 9. 13, 5. VII, 6, 5; OVxAç. Fasl. VI, 403; Den. Hal. II, 42; Pline ^V. H. XV, 77; Suét. Aug. 57. Galba 20; Tacite Hist. I, 41; Plut. Galba 27.
Jordan I, 2, 399; Huelsen R. ^1/. 1902, 322-329. 1905, 68-71: Gatti Biill. comuji. 1904, 179; Boni Atti 580-582; Tomassetti, Bull, comiui. 1904, 181- 187.
Tribunal Praetorium. Entre le Lacus Curtius et la colonne de Focas on a découvert, en février 1906, une inscription gravée sur le pavement de travertin, et jadis recouverte en grande partie par le soubassement de la colonne (cf. plan s). Les lettres, hautes de 30 cm., étaient primitivement rempHes de bronze. Elles donnent
le nom de L. NAEVIVS . L. F NVS C'est
sans doute le même personnage, qu'on retrouve sur la grande plaque de marbre, au revers de laquelle a été sculpté (peut-être au quatrième siècle) le bas-relief de Curtius (voir fig. 73). Selon cette inscription, ce Naevius Surdinus était praetor iyiter cives et percgrinos, vraisemblablement sous le règne d'Auguste. Une autre inscription dédiée par un autre préteur, M. Cispius, et remontant à peu près à la même époque, fut trouvée en 181 1 sur les marches du soubassement de la colonne de Focas (elle est aujourd'hui dans la Basilique Julia). Il est très probable (jue ces inscriptioHS sont en relation avec le tribunal praetorium, lieu des séances judiciaires pendant la République et jusqu'au commencement de l'Empire, situé, comme les textes anciens nous l'apprennent, siib veteribtis et près du Lacus Curtius. Le tribunal avait un soubassement de pierre, mais il était construit pour la plus grande partie en bois; ce qui explique qu'il n'ait point laissé de traces. A côté du tribunal était le groupe si curieux
que formaient avec la statue du satyre Marsyas (cf. supra p. 102), trois arbres sacrés: un figuier, un olivier et un cep de vigne. Le fontlement d'une enceinte qu'on voit entre les anaglyphes et l'inscription de Naevius (plan /), en indique peut-être l'emplacement.