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devait être une distinction spéciale accordée par l'Empereur. Parmi les statues de la cour il faut encore noter celle d'un homme (empereur?) dont la barbe pouvait s'enlever et se mettre à volonté. D'autres statues, parmi lesquelles les statues de Vestales les plus importantes au point de vue artistique (cf. fig. 1 16), ont été transportées au Musée des Thermes.
L'aile du nord est en trop mauvais état pour qu'on puisse se prononcer sûrement sur l'affectation de chacune des pièces qui la composent. Dans la chambre située à l'extrémité est (en/") on a trouvé, au-dessous du niveau de l'époque impériale, les ruines d'un autel quadrangulaire, fait de cendres et de restes de sacrifices, dont l'orientation coïncide avec celle des constructions antérieures mentionnées plus haut, La pièce à côté (en g), avec ses niches dans les murailles, ne paraît pas avoir été couverte (un triclinium d'été?). Devant l'entrée, du côté de l'atrium, on lit, sur une base en marbre, l'inscription suivante: Flaviae L(îici) f(iliae) Publiciae, religiosae sanctitatis v(irgini) V(estali) ■m(aximae) , cujus egregiaiu vioruni disciplhiam et in sacris peritissiniain operationevi merito respublica iîi dies féliciter sentit, Ulpius J 'erns et Aur(eli2is) Titns (centia'iones) deputati ob eximiam eius erga se benivolentiam g(rati) pfosîiernnt) . La statue était donc dédiée à la grande Vestale Publicia « dont la chasteté immaculée et la profonde connaissance de toutes les pratiques religieuses ont pour l'Etat une heureuse influence dont il ressent les bienfaits tous les jours ».(Une autre inscription célèbre la même Vestale pa'xe que « en passant par tous les degrés du sacerdoce, en servant aux autels de toutes les divinités et en veillant pieusement nuit et jour sur le feu sacré, c'est en toute justice qu'elle est parvenue à sa haute dignité »). Les dédicants sont deux centurioyies deputati c'est-à-dire de ces messagers qui assuraient les communications entre le pouvoir cen-
tral et les gouverneurs de provinces, et que l'on pourrait comparer à nos courriers d'ambassade. La protection de la Vestale leur avait valu une distinction ou de l'avancement: « petito eiiis ornatus » , comme dit une autre inscription, consacrée aux louanges de la vestale Campia Severina par un tribun de la première cohorte Aquitanica.
L'aile orientale est peut-être antérieure à l'incendie de Néron: on n'a trouvé dans ses murs aucune marque de brique. On monte par quatre marches à une salle (dite tablinurri) qui était originairement voûtée en berceau. Le pavé en marbre de couleur a été restauré grossièrement à une basse époque. De chaque côté de la salle s' ouvrent trois cellules (fig. 1 1 7 en i; elles servent aujourd'hui de magasin pour des sculptures etc.). On y a voulu voir sans raison les chambres à coucher des six prêtresses. Mais puisqu'il est difficile d'admettre que le nombre six soit purement fortuit, on peut supposer que ces cellules formaient comme autant de sacristies et que chacune des Vestales en avait une pour y garder les objets sacrés qui lui appartenaient. Près de ces chambres, à droite, se trouve une cour avec une fontaine ornée de niches pour statues (en k\ aujourd'hui fermée au public). Dans l'espèce de cave voûtée qui s'appuie au mur de fond des cellules, on a déterré un certain nombre de vases de terre cuite, en partie de forme archaïque.
Sur le côté sud, un corridor passe en avant des chambres. La physionomie des premières chambres est fortement modifiée par des additions d'une époque tardive. On suppose que la première de toutes était une boulangerie (en /) ; la seconde (en ni) renferme un moulin en lave bien conservé. Dans l'une et l'autre, le pavé est exhaussé d'environ 70 cm. au-dessus du niveau du corridor. On peut constater une disposition semblable dans la quatrième pièce: au pavé primitif s'est superposé un pavé plus récent, construit sur de petits piliers
de brique pour écarter l'humidité. Il y a eu dans la cinquième chambre (en o), jusqu'en 1899, un pavé du même genre et à la même hauteur. En l'enlevant alors on rendit à la lumière un pavement en mosaïque de marbre, beaucoup plus beau, et qui date sans doute du second siècle ap. J.-C,
A côté de cette dernière chambre un escalier (le plus souvent fermé) conduit aux étages supérieurs de la maison. Les appartements des prêtresses se trouvaient là. On entre dans un corridor flanqué, à droite, de plusieurs salles de bain; elles sont dotées d'appareils de chauffage très nettement reconnaissables, et on aperçoit les bouches de chaleur dans un couloir étroit, derrière ks vasques. Ensuite on tourne à gauche et on passe près d'une fontaine dont le bassin est de marbre et on arrive aux chambres situées sur et derrière le tablinum; on a de là une belle vue non seulement sur toute la maison, mais sur la Voie Sacrée jusqu'à la basilique de Constantin. On y voit aussi l'amorce d'un escalier conduisant à un étage plus haut encore. Et puisque nous nous trouvons déjà au troisième étage (y compris l'entresol au-dessus du rez-dechaussée), nous devons conclure que la maison avait au moins quatre étages, et peut-être cinq du côté du Palatin; et qu'elle avait de la place non seulement pour les six prêtresses, mais encore pour leur nombreuse domesticité. — Nous retournons à l'escalier (à gauche, près />, une petite porte mène à la Nova Via) et nous redescendons au rez-de-chaussée.
Continuons la yisite de l'aile du sud; nous passons par la porte q, et nous rentrons dans le corridor où subsistent les restes d'un beau pa\é de marbre. A gauche (en r), une chambre dont le sol a été également exhaussé, et où on a construit après coup un mur parallèle au mur de fond, toujours pour tenir la pièce à l'abri de l'humidité. En face de l'entrée, une base hexagonale, en marbre, avec une inscription en l'honneur de Flavia Piiblicia. Plus loin, encore une chambre où l'on a retrouvé, au-dessous d'un mauvais pavé en brique, un beau jîa-
vement de marbres précieux (giallo, portasanta, pavonazzetto etc.). Au fond de la pièce, dans l'angle de droite, une porte (en s) donne accès à un couloir étroit sous le pavé duquel on découvrit en 1899, cachées dans un canal de drainage, 397 pièces d'or de la dernière période de l'empire d'Occident. La majeure partie d'entre elles appartient au règne de l'Empereur Anthemius (467-472): 345 pièces sont à son effigie, 10 à l'effigie de sa femme Euphemia. Il est donc permis de supposer, que ce trésor fut enfoui en 472, lors de la prise et du pillage de Rome par les hordes de Ricimer, par un fonctionnaire de la cour impériale qui demeurait dans la maison des Vestales. Les monnaies sont aujourd'hui au Musée des Thermes.
A l'extrémité de l'aile méridionale, deux escaliers conduisent à l'étage supérieur. Dans la muraille du vestibule qui est au pied de l'escalier se trouve une petite niche pour statue de divinité, à laquelle s'adosse une salle avec abside (en u) dont le pavement a été restauré grossièrement au début du moyen âge.
A l'angle N. O. de la cour (en v) on aperçoit trois grandes bases de marbre, déterrées précisément à cet endroit en 1883. Elles avaient servi de matériaux de construction dans une maisonnette du moyen âge. Sous le pavé de briques d'une des chambres, on découvrit un vase en terre cuite contenant 835 pièces de monnaie, dont 830 étaient de frappe anglaise et portaient les noms des rois Alfred le Grand (876-904) Edouard L' (900-924) Athelstan (924-940)- c'est ce nom qui revient le plus souvent -et Edmond \" (940-946); et aussi les noms de quelques archevêques de Canterbury: c'était un des deniers de Saint-Pierre, que les chrétiens de Grande Bretagne, surtout à partir du viii* siècle, envoyaient souvent à Rome. Il y avait, dans le vase, avec les monnaies, une fibule d'argent qui portait l'inscription: Domno Ma-
rino papa. Ces fibules servaient d'insigne aux fonctionnaires de la cour pontificale. N'est-il pas permis de croire que, par exemple, à la nouvelle d'une incursion des Sarrasins, le pape Marin II (942-946) confia le trésor à l'un de ses subordonnés et que ce dernier creusa une cachette dans sa propre maison ? Ce trésor est aujourd'hui également au Musée des Thermes.
La basf d«.- marbre la plus rapprochée de la sortie a porté, nous apprend l'inscription, une statue que le collège des pontifes, réuni sous la présidence du Pontifex Maximus, avait fait élever à une grande Vestale « pour sa chasteté et sa vertu, non moins que fMJur son admirable expérience des sacrifices et des rites sacrés ». Or le nom de la prétresse a été soigneusement gratté et on ne peut plus en lire aujourd'hui que la première lettre, un C. On se demande quelle peut bien avoir été la raison de cette damnatio memoriae. La date gravée sur le côté droit du piédestal, le 9 juin 364 ap. J.-C, sous le consulat du Divus Jovianus (le successeur de Julien l'Apostat, qui n'a régné que huit mois) et de Varronianus. nous reporte à une époque où les partisans du paganisme entreprenaient avec une grande énergie de ranimer la foi dans les anciens dieux (cf. supra p. 24) et où leur lutte contre les chrétiens était particulièrement vive et passionnée. Il est presque certain que si une Vestale avait été condamnée, dans des temps comme ceux-là, pour un grave manquement à ses vœux, nous trouverions mention du fait dans les sources contemporaines, qui sont très nombreuses. Leur silence rend plus vraisemblable la supposition que la Vestale a quitté le collège volontairement. Or nous lisons dans Prudence (poète qui écrivait sous Théodose) cet hymne au Christianisme triomphant: « Le pontife dépose la bandelette sacrée pour prendre la croix, et la vestale Claudia entre dans ton sanctuaire, ô Laurent! {viltatus olim pontifex adscilur in signiini crucis aedemque Laurenti luain Veslalis iniral Claudia) ». Ce qui nous conduit à supposer que la Vestile, dont le nom sur la base commence précisément par un C, est la même que celle dont parle Prudence. Après avoir abandonné le culte de Vesta. elle entra peut être dans un des couvents près de S. Lorenzo fuori le mura: et c'est alors que les pontifes voulurent effacer sur la base qu'ils lui avaient dédiée le nom de la prétresse apostate.
Nous repassons la porte c (à droite près de l'escalier, les restes d'une chambre avec un système de chauffage sous le pavé); nous tournons à gauche pour nous rendre, derrière le temple (en xv), à la cuisine et à l'office de la Maison des Vestales: ces pièces ne sont plus aujourd'hui directement accessibles de la cour. On arrive, en traversant une antichambre, dans la cuisine; à droite, un grand foyer. Derrière la cuisine, en y, la dépense, aujourd'hui fermée et dans laquelle on a trouvé un grand nombre d'amphores, de plats, de bassins et d'autres ustensiles de cuisine, et aussi un grand réservoir d'eau, en plomb. Dans un des pots était encore un morceau de galette à moitié carbonisé.
Les chambres adossées à l'aile du nord {zzz), par leur plan et par leur construction, appartiennent aussi à la Maison des Vestales, dont elles sont pourtant complètement séparées. Peut-être y avait-il là, du moins au rez-de-chaussée, des boutiques à louer {tabernae) comme il y en avait sur tout le prolongement de la Voie Sacrée? Sous les murs de brique de l'époque impériale on a découvert de nombreux restes de constructions plus anciennes en tuf et en travertin (murailles avec des débris de fresques, pavement fait de petits morceaux de marbre blanc, demi-colonnes avec bases, et un grand canal de tuf pour l'écoulement des eaux etc.). Leur orientation correspond à celle de la Regia et à celle des restes de constructions antérieures dont on a constaté l'existence sous la cour de la Maison des Vestales.
Cf. Ovid. Fasti VI, 263; Festus 333; Aulu Gelle I, 12, 9; Pline ep. VII, 19; Servius ad Aen. VII, 153; Prudence peristeph. II, 528; CIL. VI, 32409-32428 (= Dessau 4924-4938).
Jordan I, 2, 259. 427; Auer Denkschrijten der M'iener Akademie 1888, II, 209-228; Lanciani Not. d. scain 1883, 468-476, R. and E. 228-234; Huelsen R. M. 1902,90-92. 1905, 94; Vai^lieri 19-30.
La Voie Sacrée.
De toutes les rues qu'eufermait l'enceinte de la Rome antique, deux seulement s'appelaient viae, comme les grandes routes extra-urbaines: la Sacra Via et la Nova Via. Les autres rues de la ville se nommaient vici, ou. si elles étaient en pente, clivi. Les deux viae, auxquelles ce nom assure déjà une place exceptionnelle parmi les rues de la Capitale, partent de la « vieille porte du Palatium », la Porta Mugonia. La plus récente des deux, la Nova Via, passait à mi-côte du Palatin, probablement sur le glacis de ses anciennes fortifications, et entourait la colline à l'est et au nord pour finir au Vélabre, audessous de la Porta Romana (du côté de S. Teodoro). Les grandes constructions de l'époque impériale, notamment le templum Divi Augusti avec ses dépendances, ont rendu tout ;\ fait méconnaissable la fin du trajet {injima nova via). Au contraire, tout le commencement de la rue entre la maison des Vestales et le palais de Tibère est parfaitement conservé.
Mais en antiquité comme en importance la rue neuve (Nova Via) était surpassée par la rue sainte, la Sacra Via. A en croire la légende romaine, elle devait son nom à ce fait que Romulus et le roi des Sabins, Titus Tatius, y avaient confirmé par un sacrifice leur réconciliation après la guerre cjue l'enlèvement des Sabines avait provoquée. Assez tard, on montrait encore sur la Voie Sa-
crée les statues des deux rois, « celle de Romulus du •côté du Palatin, celle de Tatius en avant des Rostres ». En réalité, il est probable que la Voie Sacrée s'appelait ainsi parce qu'elle conduisait de la maison du rex sacrifi-cuhis (près de l'arc de Titus) à la Regia, et qu'elle était bordée de nombreux sanctuaires: il convient de rappeler, outre celui de Vesta, ceux des Lares et des Pénates, disparus sans laisser de traces. Enfin les processions solennelles, les cortèges des triomphes, pour se rendre au temple de Jupiter Capitolin, la suivaient sur tout son parcours; et c'est pourquoi, dès l'antiquité, le nom fut étendu à la pente de la Vélia depuis l'arc de Titus jusqu'au Colisée. Au contraire, la rue qui longe le côté sud du Forum, devant la basilique Julia, et que les auteurs modernes appellent aussi la Voie Sacrée (nous avons fait comme eux pour plus de brièveté) ne porte jamais ce nom dans les textes anciens.
La tradition romaine rapportait qu'à l'époque primitive plusieurs rois avaient habité sur la Voie Sacrée ; après Numa, Ancus Marcius et Tarquin le Superbe. Sous la République bien des familles nobles y avaient leurs maisons; ainsi les Valerii demeuraient au bout de la rue, sur la Vélia; plus loin les Scipions, les Domitii, les Octavii. Sous l'Empire la Voie Sacrée est devenue une des rues les plus commerçantes de Rome. Les inscriptions nomment fréquemment les joailliers, les orfèvres, les marchands de perles, les graveurs en pierres fines, les ciseleurs, les fleuristes, les marchands de couronnes et les droguistes « de sacra via ». Quand l'empereur Hadrien érigea sur la Vélia le tem])le de Vénus et de Rome, il semble que la Voie Sacrée ait été à nouveau régularisée; et les constructions en briques du côté sud. élevées suivant un plan unique, doivent appartenir à cette époque. Plus tard les boutiques du nord durent céder la place à des édifices monumentaux (temple de Faustine, temple
du Divus Roniulus, basilique de Constantin). Mais le nom se maintint longtemps encore à l'époque chrétienne ; l'église des Ss. Cosma e Damiano, au vi^ siècle, celle, aujourd'hui disparue, des Ss. Pierre et Paul, au viii*, portaient le surnom de in Sacra Via; ce n'est que plus tard qu'elles le changèrent pour le titre incolore de « in milice *, « sur le chemin pierre».
Cf. Cic. de divin. I, loi. II, 32; Varron L. L. V, 43. 47. 164. VI, 59; Ovide Fast. VI, 390; Liv. I, 41, 4. V, 32, 6: Solin. I, 24; Plutarch. de fort. Roman. 5; Aulu Gelle XVI, 17; Ftstus 290; Notit. reg. IV; Lib. Font. LVI Vita Fel. IV, c. 2, XC Vita Constantini c. 10.
Jordan I, i, 514. I, 2, 274-291. 415-420; I, 3, 1-23; Richter Hermès XX, 428: Lanciani 190-192. Vaglicri 19-30.
XXXIV. Templum Antonini et Faustinae. Lorsque r Empereur Antonin le Pieux, dans la troisième année de son règne, en i4iap.J.-C., perdit sa femme Faustine (l'aînée), le Sénat s'empressa d'admettre la défunte parmi les divinités et de lui décréter l'érection d'un temple, qui fut probablement commencé aussitôt. \J\\e monnaie, frappée sous le règne d' Antonin le Pieux, nous montre la façade. L'empereur étant mort à son tour, '^'^ le temple lui fut également dédié. La première ligne de l'inscription divo antonino et a été ajoutée plus tard. La quantité des I longs n'y est pas indiquée comme dans la seconde ligne (dIvae favstInae ex. s. c). Le portique du temple a six colonnes en cipolin {inarmor (arystiiini), non cannelées (hauteur, 17m.; diamètre, I m. 45). En avant du portique, sur l'escalier, et au
iiS. Monnaie J'Antonin le Pieux.
milieu des marches, était dressé l'autel pour les sacrifices. Les fûts des colonnes portent de nombreux graffiti, dessins et inscriptions. Parmi les dessins, Hercule, combattant avec le lion, Vénus, la Victoire, un Lare sont
Hig. 119. Gr.iTiti sur les colonnes du temple Je Fnustinc,
vraisemblablement autant de reproductions des statues qui se trouvaient sur la Voie Sacrée.
Parmi les inscriptions de basse époque, un CO ■>^ A. qui par sa forme remonte à la deuxième moitié du iv^ siècle, est le plus ancien monument chrétien du Fo-
ruiu. Les murs de lu cella sont en pépérin. Us avaient un revêtement de marbre. Nous n'avons conservé que la frise où des griffons alternent deux à deux avec des candélabres. Une église, S. Lorenzo in Miranda - ce
Jig. 120. Le temple ùi; laustine en i;
titre lui vint peut-être de sa pieuse fondatrice qui st: serait appelée Miranda, d'un nom que les dames de l'aristocratie affectionnaient aux environs de l'an mil - était déjà installée dans le temple au xi' siècle. Sous Urbain \' (1362- 1370) les murs de la cella furent détruits en partie pour fournir des matériaux de construction au nouveau palais de Latran. L'église a reçu la forme que nous lui vovons aujourd'hui et son fronton de style ba-
roque lors d'une restauration effectuée sous Paul V
Cf. Hist. Aug. vila PU 6. 13, vita Salonin. i; Notit. reg. IV; CIL. VI, 1005 (= Dessau 348). 2001. - Monnaies Cohen^ Fauslme 101-104.
Valadier Fabbriche di Rovia I (i8io); Rebt-r Ruinen Rouis 139-652; Lacour-Gayet Mélanges de l' Éc. Française I, 226 sq. ; Lanciani 218-221; Brodcrick Ntiovo Bull, di Arch. Cristiana IV, 1898,45-51; Vaglieri32; Huelsen-Jordan Topographie \, 3, 8 sq.
Fig. 121. Tombe A incincration C.
XXXV. La Nécropole archaïque {Scpulcretiivi). Au sud-est du temple de Faustine, on a déblayé, à partir du mois d'avril 1902, à une profondeur de 5 a 6 mè-
très au-dessous du niveau de l'cj^oque impériale, une nécropole archaïque. Les tombes sont aujourd'luii au nombre de 40 environ (on les désigne habituellement l)ar des lettres de l'alphabet), mais nous n'avons une description détaillée que de 24 il' entre elles. Parmi ces 24^
Fi^'. 122. V.1SCS trouvés dans la tombe C.
on compte 11 tombes à incinération, 2 tombes à inhumation pour adultes, 9 tombes à inhumation pour enfants. Puisque c'est un fait acquis que l'inhumation a continué d'être employée pour les enfants à des époques où prédominait l'incinération, il est permis de penser que la nécropole du Forum appartenait surtout h la période de l'incinération. Ce qui démontre clairement l'antériorité des tombes à incinération sur les tombes à inhumation ce sont les cas où, comme sur la fig. 127,.
une tombe de la première catégorie (ronde) est coupée par une tombe de la seconde (oblongue).
Les tombes à incinération, qui sont les plus anciennes, consistent le plus souvent dans un trou circulaire creusé dans le tuf, au fond duquel on a placé un grand vase de terre cuite recouvert de petites pierres de tuf. Ce grand vase sphérique ou oblong contient l'urne
Fig. 12^. Tombe A inhumation B.
cinéraire qui, le plus souvent, a la forme d'une cabane italique, et d'autres vases plus petits qui renferment souvent eux-mêmes des restes des sacrifices ou du banquet funèbre (fig. 121). Quant aux cadavres inhumés, ils étaient simplement placés dans des fosses oblongues pratiquées dans le tuf ou dans des sarcophages de tuf (fig, 122), ou de bois. Les sarcophages en bois sont creusés d'une manière tout à fait primitive dans des troncs d'arbre (fig. 124). Les offrandes funéraires sont très simples. Les vases, façonnés à la main, n'ont été soumis qu'à une cuisson très imparfaite. Il n'y a pas trace d'importations grecques en dehors de quel-
ques vases protOTCorinthiens dans les tombes les plus récentes. Ce qui domine, c'est la fabrication indiy^ène (vasellame lazialé) avec les vases d'argile noire dits de hucchero, ornés au trait de spirales ou de zigzags. On a retrouvé en assez grand nombre des fragments d'armes et des bijoux, surtout des agrafes {ftbulae) avec des morceaux d'ambre jaune fi.xés sur l'épingle. L'or fait complètement défaut, ce qui concorde avec cette loi ro-
Fig. 124. Sarcophage en bois trouve dans la tombe |.
inaine (codifiée plus tard dans les douze tables) qui interdisait de laisser sur les cadavres la moindre parcelle d'or, exception faite pour l'or des dentiers. D'argent on n'a qu'une paire de fibules trouvée dans la tombe d'un enfant. Ailleurs on a trouvé des perles artificielles, des boucles d'oreille en ambre jaune, des objets en os, etc. Les tombeaux les plus récents ne descendent pas plus bas que le vi' siècle av. J.-C. Les plus vieux remontent jusqu'au viii*^. peut-être jusqu'au ix' siècles, au delà par conséquent de la date traditionnelle de la fondation de Rome en 733 av. J.-C. Cette nécropole appartientelle aux premiers colons du Palatin ou à la Cité élargie du Septimontium? C'est une question que l'on ne sau-
Fig. 125, l'iaii Je la Kècropoli