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II. LES MONUMENTS DU FORUM

C'est habituellement du Capitole que le visiteur de Rome découvre le Forum pour la j^remière fois. Et vraiment l'on ne saurait mieux en saisir les lignes générales que du haut de cette espèce de balcon, dernier vestige de la rue démolie en 1882 (cf. supra p. 50), qui dans la via del Campidoglio, à droite du Tabularium, domine le portique des Douze Dieux {Porticus Deoruvi Consentmni): d'un seul regard on embrasse toute l'étendue du Forum, ses temples, ses basiliques, ses arcs de triomphe et la Voie Sacrée, qui, partant du Forum proprement dit, gravissait la pente de la Velia (arc de Titus) pour aboutir à l'entrée de la vieille cité Palatine, Porta Veitis Palatii ou Porta Mugonia (cf. la vue du Forum, prise d'un point voisin mais un peu plus haut, et la restauration ci-jointe).

Au premier abord il est assez difficile de s'orienter. La place proprement dite, reconnaissable à son pavé de travertin blanc, jadis libre et dégagée, est en grande partie occupée par des monuments de basse époque (v*-vii* s. ap. J.-C); elle sert de dépôt pour les colonnes et les fragments d'architecture; enfin elle est souvent coupée par les fouilles. En revanche, les édifices qui l'entouraient sont détruits jusqu'au fondations, et les lignes des substructions ne permettent pas de distinguer tout de suite si elles ap-

partenaient à des espaces couverts ou découverts. Les édifices les plus faciles à reconnaître sont les temples. Immédiatement à gauche du spectateur, le temple de Saturne avec ses huit colonnes lisses en granit; à côté et séparé de lui par la rue moderne, le temple de Vespasien avec trois belles colonnes corinthiennes qufîofmënt un angle; plus loin, le temple de la Concorde détruit jusqu'aux fondements de sa cella. A l'extrémité opposée du Forum, au pied du Palatin, se dressent, sur un rang, les trois colonnes du temple de Castor et Pollux. En face du temple de Castor, au commencement de la Voie Sacrée, le rnieux conservé de tous les temples, celui d'Antonin et Faustine. Des grandes basiliques qui bordaient la place en longueur, il ne subsiste, au contraire, que les fondements: au sud, la basilique Julia, dont les nombreux p'iliers de briques, œuvre malencontreuse de la restauration moderne, indiquent tant bien que mal le plan antique; en face^ au nord, la basilique Aemilia dont les fouilles récentes ont rendu à la lumière le pavé et quelques parties des murs. Elle allait du temple d'Antonia et Faustine, aujourd'hui église S. Lorenzo, à l'ancienne Curie; car cette église, à la façade de briques et sans aucun autre ornement, dédiée à S. Adriano, c'était jadis la Curie, salle des séances du Sénat. En avant se dresse l'arc imposant de Septime Sévère; plus près du spectateur, cachée en partie par le temple de Saturne, la colonne solitaire de Focas. Le long de la rue, devant la basilique Julia, on aperçoit sept bases carrées de briques; des colonnes colossales qu'elles soutenaient, deux seulement ont été relevées dans ces derniers temps. A l'est de la place est le temple de Jules César, lui aussi détruit jusqu'aux fondements.

Derrière le temple de César commence la Voie Sacrée {sacra via); elle passe d'abord devant le temple de Faustine; presque en face se trouve la maison des Vestales

^atrium Vcstae^, dont les murs de briques se sont con- .->ervés à une notable hauteur. Le temple même de \'esta ne se voit pas, parce qu'il est dissimulé derrière celui de Castor. Plus loin, sur la Voie Sacrée, on aperçoit le temple du Divus Romulus (actuellement église Ss. Cosma e Damiano). Derrière le temple de Castor, sur une hauteur et à gauche, l'arc de Titus, sous lequel monte la Voie Sacrée. La construction géante du Colisée forme le fond. Dans l'antiquité, le Colisée était séparé du Forum par le temple grandiose de Vénus et de Rome, sur les fondations "duquel s'élèvent aujourd'hui l'église et le couvent de S. Francesca Romana.

L'axe longitudinal du Forum suit presque exactement la direction nord- ouest sud-est. Mais nous avons adopté la terminologie habituelle et appelé côté nord celui qui est compris entre les églises S. Adriano et S. Lorenzo, et côté sud celui qui s'étend de la basilique Julia au temple de Castor.

Autrefois quelques rues importantes, outre la Voie Sacrée, débouchaient dans le Forum: au sud, longeant les petits côtés de la basilique Julia, le vicus piçi^arius (rue des fabricants de jougs;, au pied du Capitole, et le vicus Tusciis (rue Etrusque) parallèle à la précédente, sous le Palatin. L'une et l'autre voie faisaient communiquer le Forum Romain avec le Cirque Maxime et le Forum Boarium, Au nord, entre la basilique Aemilia et la Curie était tracée la rue importante de VAr^iletiim, qui plus tard fut utilisée par Nerva pour la construction du Forum transitoriitm. Sur la pente nord du Capitole, sous l'église Aracoeli, courait vers le Champ de Mars une rue également fréquentée. Correspondant à peu près à la moderne via di Marforio, elle portait au temps de la République le nom de Lautiuniae, et s'appela dans les derniers temps de l' Empire le Clivus argentarius .

I. Basilica Julia. L'entrée du Forum est sur le côté sud, dans la via délie Grazie; on descend par un sentier bordé de fragments de colonnes et de sculptures romaines et médiévales. Le premier monument qu'on rencontre est la Basilique Julia.

La construction fut commencée en 54 av. J.-C. (cf. p. 16); pour l'élever on dut abattre, entre autres édifices, la basilique Sempronia et les tabernae veteres. Jules César la dédia, encore qu'inachevée, le 2^ septembre 46 av. J.-C, jour où l'on fêtait la victoire de Thaj)sus. La basilique primitive fut achevée par Auguste; peu après elle était détruite par un incendie. Auguste la fit aussitôt reconstruire sur un plan plus vaste et la dédia en son nom et en celui de ses fils adoptifs Gains et Lucius César morts prématurément. Elle conserva néanmoins le nom de basilica JiUia (les mentions de la basilica Gai et Luci '&o\\\. rares)» De l'histoire de la basilique pendant les premiers siècles après J.-C, nous ne connaissons pas grand' chose. Elle fut très détériorée par l'incendie qui éclata sous Carin (cf. supra p. 23) et par celui qui éclata sous Dfoclétien. Elle eut aussi à souffrir, sous Honorius, du pillage des Goths d'Alaric. Peu après, le préfet de la ville, G^binius Vettius Probianus, la restaura et la décora d' œuvres d'art (416). Au ix'' siècle, une petite église, S. Maria Jji-Cannapara, s'y logea sur le côté ouest. Dans les siècles suivants ses ruines, recouvertes de terre, servaient de carrière. L'hôpital delà Consolation, à qui appartenait le terrain, en retira un revenu respectable en le louant « pour en extraire marbres et travertins ». C'est pourquoi les fouilles modernes de 17S8, 1849 et 1870 n'ont rendu à la lumière que quelques vestiges échappés au brigandage des fouilles de la Renaissance.

La basilique se compose de trois parties : le portique qui borde la Voie Sacrée, la salle principale entourée de galeries, et les chambres isolées {tabernae) situées derrière la grande salle, vers la Consolation. Traversons d'abord la basilique dans le sens de sa largeur, jusqu'au Portique, en face des deux grandes colonnes isolées de la Voie Sacrée (PI. I a). C'est de là que nous partons.

pour visiter, dans leur ordre normal, les trois parties de l'édifice.

De la Voie Sacrée on monte au portique par un escalier (sept marches ;\ l'angle est, une marche seulement à l'angle ouest). Le portique, à deux étages, était supporté

^4iimmiiMMimmm^m^i^^

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Fii;. iS. F.iv.idc de l.i Rasilitjuc Juli.i.

r de puissants piliers dans lesquels étaient engagées des ;rji-colonnes d'ordre dorique. La façade, tournée vers 1^'orum, est presque entièrement détruite; l'unique pilier e l'on voie intact est une construction moderne: il est : travertin tandis que la façade antique était toute en marbre. Sur les tronçons des autres piliers (également de construction moderne) on a placé les fragments d'inscriptions et d'architecture trouvés çà et là dans la basilique. Au milieu de la façade, près du pilier moderne, deux grandes bases honorifiques au nom du préfet de la

Ville Probianus (416 ap. J.-C, cf. sup.), sur lesquelles sont placés deux petits socles pour statues avec les inscriptions: opus Polycliti et op2is Timarchi. Les socles

Fig. 19. Basilique Jiilia, état actuel.

qui portent des noms d'artistes, et d'artistes célèbres, sont très fréquents à l'époque post-Constantinienne; on cherchait alors à protéger les vieilles images des dieux contre le zèle iconoclaste des chrétiens (l'exemple le plus

connu est celui des Dioscures du Quirinal, avec les mention: opus Fidiae, opus Praxitelis).

Le pavé du porticjue est en marbre blanc. On y voit incisés, en bien des places des espèces de damiers, tabïilae lusoriae. La plupart sont en forme de cercle ; ils

Fig. 20. B.isi1iquc Julin, rcstauriition.

ient destinés à un jeu où deux partenaires, ayant en in chacun trois cailloux, les posaient et les poussaient ..• les lignes de la tabula . Gagnait celui qui avait pu porter ses trois jetons sur la même ligne, à peu près comme dans notre jeu de marelle. D'autres damiers étaient rectangulaires, avec des lettres et des symboles

îjroupés le plus souvent par six. Ils semblent avoir prcsenté quelque analogie avec notre trictrac. Le portique d'ailleurs, et aussi les nefs latérales de la basilique, avaient des toits plats, formant terrasses, et Caligula aimait à jeter de là-haut des pièces de monnaie à la plèbe romaine qui se pressait sur le Forum.

Deux marches conduisaient du portique dans la salle principale, qui, y compris les galeries, mesurait loo mètres de long sur 36 mètres de large (nef centrale seule

Noir pose sur ABC Blanc » » A' B' C

Noir joue et gagne en sept coups.

Fig. 21. Tabula lusoria.

82 X 18 mètres). Trente-six piliers de briques recouverts de marbre, entouraient la nef centrale sur laquelle des galeries s'ouvraient aussi à l'étage supérieur. Elle recevait sa lumière principalement des ouvertures latérales et des fenêtres du haut; celles-ci étaient placées au-dessous de l'énorme toiture dont les matériaux de construction devaient fournir un aliment aux incendies dont la basilique eut à souffrir si souvent. Les galeries latérales avaient des voûtes en berceau avec de riches ornements en stuc (des restes en furent découverts en 1789 et 1849; ils ont aujourd'hui disparu).

La nef centrale.. était pavé e de grandes dalles de marbres précieux (giallo, africano, pavonazzetto). Le car-

relage de petits morceaux de marbre qui en occupe aujourd'hui la plus grande partie est moderne. Les nefs latérales étaient pavées de marbre blanc. Les plaques de marbre sont couvertes de Q;raffiti; de nombreux damiers et aussi des représentations figurées, parmi lesquelles il faut noter des tentatives grossières pour reproduire les statues d'alentour (cf. PI. I b, une statua loricata; c, une statue équestre).

Dans la grande salle du milieu se tenaient les assises romaines {centumviri). Cette cour judiciaire était divisée en quatre sections, formant quatre tribunaux {tribunalia). Toutefois dans les cas particulièrement graves, les quatre sections pouvaient aussi se trouver réunies {quadruplex hidiciu?n). Q^jntilien raconte qu'il arrivait parfois à Galerius Trachalus, consul en 68 ap. J.-C, et avocat doué non seulement d'une grande éloquence mais encore d'une voix exceptionnellement puissante, lorsqu'il plaidait devant le premier tribunal de la basilique Julia, d'être applaudi aussi par le public des trois autres sections. Il se peut donc que les quatre tribunaux n' aient pas été séparés les uns des autres par des murs pleins, mais seulement par des tentures ou par des cloisons provisoires en bois. Pline le Jeune raconte qu'un jour qu'il plaidait dans une cause célèbre, la foule ne s'était pas seulement entassée dans la grande salle du bas, mais encore dans les galeries supérieures «d'où l'on voit très bien, mais d'où l'en entend mal». La basilique, comme bien d'autres salles modernes du même genre, avait donc une acoustique défectueuse.

Derrière la seconde galerie latérale se trouve une série de chambres rectangulaires avec des murs de tut et de travertin, lesquels, bien que d'apparence archaïque, ne sont pas antérieurs à Auguste. Généralement on les appelle tabernae et peut-être servaient-elles de bureaux et de locaux pour les réunions des corporations, etc.

Probablement aussi les changeurs et les banquiers, 7iummularii de basilica Iulia, mentionnés dans plusieurs inscriptions, avaient ici leurs boutiques. Jusqu'ici ces tabernae n'ont été que peu explorées.

Dans la nef de gauche, celle qui confine au vicus Jugarius, se voient les restes de la petite église S. Maria in Cannapara (« dans la corderie »; le nom indique que la nef centrale a dû servir de corderie dans les siècles

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Fig, 22. Clôture du chœur de S. Maria in Ca

nnapar

de décadence): une colonne avec son chapiteau, des fragments de la clôture du chœur, etc.

La construction de cette église nous a conservé certains débris du portique extérieur: d'un pilier restent trois blocs de marbre taillés, d'un second (à l'angle nord-ouest, PI, I d) l'empreinte laissée dans le mortier du pilier de briques construit ultérieurement. Ce pilier d'opus latericmm appartenait à un arc sous lequel passait le vicus Jugarius, mais dont on ignore et le nom et la date précise. A l'angle nord-ouest de la basilique de nouvelles fouilles ont révélé des vestiges de murs en tuf et

en appareil réticulé, qui, peut-être, remontent aux plus anciennes constructions de César et d'Auguste.

Cf. Cic. ad Ait. IV, i6; Mon. Ancyr. IV, 13; Martial. VI, T,S, 6; Sueton. Aiig. 29, Cal. 37; Pline le jeune, ep. V, 9; VI, 2,7,; Quint. XI, 5, 6; Dion Cass. LVI, 27. LXVIII, 10; Schol. Juven. 4, 81; Notitia leji;. VIII; Chronogr. a. 354, p. 145 éd. Mornnisen; FUR. fr. 20. 23; CIL. VI, 1658. 31883-31887 (r-. Dessau 5537). 9709. 971 1 (- Henzen 5082). 9712. 10040. 10042.

Jordan I, 2, 3S5-391; Dutert, le Foritm, p. 38 sq.; Lanciani 275-279; Huelsen R. M. 1902, 60; 1905, 75.

II. Arc de Tibère. Au delà de la Voie Sacrée, à environ i m. 50 au-dessous du niveau du pavé, on aperçoit les restes de grandes fondations en blocage ; elles appartiennent à l'arc de Tibère.

En 15 et i6ap. J^::Cy^ Germanicus avait repris les aigles perdues par Varus ; pour célébrer cette victoire remportée, suivant les paroles de Tacite - le seul auteur qui mentionne le monument - dîictti Germanici, auspiciis Tiàerii, on érigea un arc de triomphe « au-dessous du temple de Saturne». Des fragments d'architecture avaient été trouvés, partie en 1835 et partie en 1848 lors de la construction du viaduc {poîite délia Consolazione); mais ce n'est qu'en 1900 qu'on découvrit les fondations. Le monument quf n'était qu'à une seule arcade (il est représenté sur un bas-relief de l'arc de Constantin; cf. infr. p. 71) n'était pas situé sur la Voie Sacrée, mais à côté. Des morceaux de son attique (avec le commencement de l'inscription SENATVS POPVLVS^?^*? romatms) gisent entassés près de la dernière base en briques (celle de l'ouest).

Cf. Tacit. Afin. II, 41; CIL. VI, 906. 31422. 32575, Montiroli, Osse>~'azioni snl Foro Romano (Rome 1849), 12; Jordan I, 2, 212; Mommsen, Res e;eslae Divi Aiigusti - 126; Lanciani 284; Huelsen A'. J/". 1902, 12; Vaglieri 163,

III. Schola Xantha, A droite des fondations de l'arc de Tibère (au nord) on voit un pavé de marbre ayant appartenu à une petite chambre: les dalles portent encore la trace d'un banc qui en suivait les garois latérales et le mur de fond. De la structure supérieure de la chambre il ne subsiste rien aujourd'hui; mais à la même place, des fouilles, faites aux environs de l'année 1540, avaient mis au jour les ruines d'une petite construction très élégante remontant au début de l'Empire. Sur l'architrave de l'entrée (qui était à triple accès) on lisait une double inscription : aux termes de la première, un affranchi de la maison impériale, contemporain du règne de Tibère, Bebryx, avait reconstruit, avec l'aide de A. Fabius Xanthus « la schola (bureau) deis scribes et hérauts des édiles curules», et tous deux y avaient établi des bancs de bronze, des ornements de marbre, des statues en argent des sept planètes (les divinités de la semaine). La seconde inscription ajoutée plus tard rappelait que sous le règne de Caracalla, vers 224 ap. J.-C, un certain C. Avillius Liciiiiiis Trosius avait restauré la schola. Mais ces fragments d'architecture et d'inscriptions furent vite détruits et l'emplacement même de la fouille tomba dans un si profond oubli qu'au dix-neuvième siècle on attribua longtemps par erreur le nom de schola Xantha aux sept chambres situées sous le Porticus deorwn Consenthim. Il est, au contraire, tout naturel que le bureau des employés des édiles curules s'î soit trouvé à côté dés Rostres et dans le voisinage de V aerarium (cf. infr. p. 77).

Cf. CIL. VI, 103 (=Orelli 2502). 30692.

Jordan I, 2, 367; Huelsen R. M. 1888, 208-232. 1902, 12; Vaglieri 164.

IV. Les prétendus " Rostri Caesarei". Derrière la schola Xantha on voit une rangée de (huit) arcades

basses, construites en excellent cpiis reiicu/atuin, et qui forment autant de petites chambres voûtées. La partie

Fir. 23. Substructirns du Clivus Capitolinus. (Au tond les tenipîes Je Saturne et de Vespasien).

nord, vers l'arc de Septinie Sévère, s'est conservée jusqu'à nos jours; mais à l'autre extrémité, lors de l'érection de l'arc de Tibère, deux arcades (au moins) ont été détruites. Des chambres qui subsistent, les quatre qui sont

au nord (derrière les Rostres) ont une plus grande profondeur que celles du sud (derrière l'arc de Tibère); toutes ont un pavé fait de petits morceaux de tuiles qui se prolonge en dehors des arcades elles-mêmes, dans la direction du Forum. L'ensemble de la construction s'élève de deux mètres à peine au-dessus du niveau du

ïî '•::.'*'

Fig. 24. Viaduc romain prés de Salcna

Forum (la couche supérieure en blocs de tuf brun est une addition moderne). C'est tout simplement une muraille de soutènement pour le Clivus Capiiolifiiis, qui dut être déplacé de deux mètres environ vers r est, à la suite de la reconstruction, en 42 av, J--C., du temple de Saturne (cf. infra, p. 77). Au lieu d'élever avec de la terre rapportée un puissant talus, l'architecte a fait passer sur de courtes arcades un petit viaduc.

Fig. 25. Monnaie avec H y a UU CXCmplc d'unC COUStrUCtioU reprèsentaticn des Ro- ^ ^ k r • . i i i i j i • •

stres avant Auguste, tout à tait Semblable dans le voismage de Salone (cf. la fig. 24). A cause d'une certaine ressemblance avec la représentation, sur les monnaies de LoUius Palikanus (45 av. J.-C), de la tribune des orateurs telle qu'elle existait avant l'époque d' Auguste, on a voulu voir récemment dans ces arcades les Rostres placés par César à l'extrémité ouest du Forum. Mais cette supposition est inadmissible, autant par

le peu d'élévation et l'étroitcsse de notre édifice, que par l'impossibilité d'y placer les éperons de navire qui les ornaient et qui sont très nettement visibles sur la monnaie.

Cf. Nol. d. scavi 1899, 627-634; Huelsen R. M. 1902, 15; Vaglieri 154 sq.; Boni Alli 554-563. — Monnaie de Palikanus: ' ohen-Babelon, Monnaies de la République, LoUia n. 2.

\'. Les Rostres. Les Rostres se présentent à nous sous la torme qui leur fut donnée par la reconstruction des premiers temps de l'Empire. Déjà César avait eu l'idée de déplacer les Rostres, alors situés sur la limite du Forum et du Comitium. C'est seulement Auguste qui réalisa ce projet; et c'est vraisemblablement à l'époque d'Auguste que remonte cette grande muraille en blocs de tuf brun, qui soutient la plate-forme de la tribune. Il n'y a du reste que les blocs des couches inférieures (abstraction faite de l'angle nord où nous pouvons compter jusqu'à quatre rangées de blocs superposées) qui se soient conservés jusqu'à nous. Le reste de la façade a été complété récemment (1904). Les blocs de tuf étaient, à l'extérieur, re\'êtusde marbre; la façade était décorée sur toute sa longueur (80 pieds romains= 23 m. 80) des éperons de navire en bronze doré {rostrà) provenant du butin fait par les Romains sur les flottes ennemies. On aperçoit encore les trous, disposés deux par deux, l'un au-dessus de l'autre, qui ont servi à fixer les trophées. La façade était couronnée d'une frise de marbre dont le plan supérieur entaillé à dessein supportait une grille de marbre et de bronze.

Cette façade des Rostres est figurée (en même temps que l'arc de Tibère à gauche) sur un bas-relief de l'arc de Constantin (il est placé au-dessus de l'arcade latérale gauche). Cette représentation permet de reconnaître que la grille de marbre était interrompue au milieu, peut-être

afin de permettre, à certains jours de grandes cérémonies publiques, l'installation d'un escalier mettant les Rostres en communication avec le niveau du Forum

(cf. plus bas, p. 74). Le même bas-relief nous montre aux coins de la façade des statues honorifiques: deux bases ayant appartenu h des statues de ce genre érigées en l'honneur de Stilicon, au commencement du v° siècle

ap. J.-C, ont été en effet découvertes à cet endroit en 1539. Ll's colonnes, surmontées de statues, également visibles sur notre bas-relief, se dressaient soit sur la plate-forme

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Fig. 27. Façade de.' Rostres.

elle-même, soit en arrière, le long du Clivus Capitolinus. Au milieu des balustrades latérales, étaient placées, de-

2S. B.is-relief de l'arc de Constantin.

puis le règne de Trajan, les clôtures de marbre, ornées de bas-reliefs, que nous décrivons plus bas (n° XVI).

Du Clivus Capitolinus h la plate-forme de la tribune on accédait par une rampe, doucement inclinée, de quelques degrés (il faut s'imaginer ces degrés légèrement

incurvés, comme sur les plans fig. 30 et 32, et non en ligne droite comme sur la reconstruction fig. 29).

Les dimensions de la tribune en longueur et en largeur semblent exagérées: c'est qu'elle n'était pas toujours destinée à un orateur unique; elle servait souvent aussi,

Fia;. 29. L.\ tribune tics orateurs, vue du Clivus Cnpitolinus.

dans les grandes occasions, à l'Empereur et à sa suite (cf. le bas-relief de Trajan de la fig. 43). Il faut mentionner spécialement deux cérémonies publiques très importantes, dont les Rostres furent le théâtre, et dont l'antiquité nous a laissé une description détaillée: laj;é-^ ception de.Tiridate pajt^ Néron, et les obsèques de Pertinax.

En 66 ap. J.-C, Tiridate, roi des Parthes, se soumettant aux conditions qui lui avaient été dictées par le général de Néron, Corbulon, se rendit à Rome pour recevoir à nouveau, mais cette fois des mains de l'Empereur, la couronne royale. Néron lui fit une magnifique réception, et si l'on en croit Suétone, les fêtes qu'il

lui donna coûtèrent 800 000 sesterces = 200 000 francs par jour. La cérémonie du couronnement nous est ainsi dépeinte: « Dès avant l'aube, la place du Forum était occupée par les représentants du peuple romain, vêtus de blanc, la tête couronnée de lauriers. Aux entrées et sur les côtés de la place étaient postés les soldats dont les armes et les enseignes reluisaient. Au lever du soleil, Néron apparut sur la place; il portait le costume des triomphateurs; les sénateurs et les prétoriens lui faisaient cortège. Il prit place sur les Rostres, sur une chaise curule. Puis Tiridate et sa suite furent conduits à travers une double rangée de soldats jusqu'aux pieds des Rostres, où ils s'inclinèrent devant l'Empereur, à la manière orientale. Alors le public éclata en acclamations si bruj^antes qu'elles épouvantèrent Tiridate, parce qu'il croyait qu'elles donnaient le signal de sa mort. Mais Néron le fit rassurer, écouta avec bienveillance son discours d'hommage, qu'un préteur, versé dans la pratique des langues orientales, traduisait au peuple, et après lui avoir fait une réponse gracieuse, l'invita à prendre place sur la tribune. Tiridate y monta

^.'g- 3 ' • /^lo':'"''"^'''^ ^"'; par un escalier construit pour la circonstance picius Platonnus (vers 18 «^

av. J.-C): Auguste et A- sur la façade des Rostres, s'agenouilla devant grippa sur les Rostres. i> E^^pereur et reçut de ses mains le diadème au milieu d'une nouvelle et retentissante acclamation ».

Les obsèques de Pertina.x (193 ap. J.-C) nous sont décrites par un témoin oculaire, l'historien Dion Çassius: « Sur le Forum Romain on avait construit une tribune de bois voisine de celle de pierre (= les Rostres); sur cette tribune on plaça un petit édifice à claire-voie érigé sur colonnes d'or et d'ivoire. A l'intérieur on mit un lit fait des mêmes matériaux précieux et recouvert d'un manteau de pourpre tissu d'or. Sur le lit était couchée la statue en cire de Pertinax, en costume de triomphateur; un esclave jeune et beau, avec un éventail en plumes de paon, en écartait les mouches, comme pour protéger son sommeil. Pour la cérémonie, l'Empereur (Septime Sévère) vint au Forum suivi de nous autres, sénateurs, et de nos femmes; nous étions tous vêtus de deuil. Les femmes prirent place sur les galeries (des basiliques); nous autres en plein air. Alors commença le cortège funèbre: d'abord les statues de tous les Romains illustres de l'ancien temps, puis des

chœurs d'enfants et d'hommes qui chantaient un hymne funèbre en l'honneur de Pertinax; ensuite les statues en bronze de toutes les provinces soumises à l'Empire Romain, chacune d'elles dans son costume national. Suivaient les corporations des licteurs, des scribes, des hérauts et autres fonctionnaires subalternes; puis vinrent d'autres statues d'hommes qui s'étaient illustrés soit par leurs exploits, soit par leurs découvertes; derrière, des soldats à pied et à cheval et des chevaux de course; derrière encore, les offrandes funéraires faites par l'Empereur, par nous sénateurs conjointement avec nos femmes, par l'ordre équestre, le corps des citoyens, les corporations et les sociétés. Enfin, fermant le cortège, un autel doré, incrusté d'ivoire et de pierres précieuses de l'Inde. Quand le défilé fut terminé. Sévère monta sur les Rostres et prononça l'éloge funèbre du défunt, të discours de l'Empereur fut fréquemment interrompu par les marques de notre approbation et de notre deuil. A la fin les applaudissements redoublèrent de force. Puis, quand le moment vint d'enlever le lit mortuaire, nous nous répandîmes tous en larmes et en lamentations. Il fut accompagné jusqu'au pied du catafalque par les pontifes et par les magis trats, non seulement par ceux en charge, mais encore par ceux qui étaient désignés pour l'année suivante. Nous autres sénateurs nous marchions devant le corps, les uns se frappant la poitrine, les autres sanglotant. Derrière nous, l'Empereur. Et ainsi le cortège s'achemina vers le Champ de Mars» où eut lieu (près Montecitorio) la cérémonie de l'incinération et de l'apothéose.

L'érection de l'arc de Septiine Sévère changea notablement l'aspect des Rostres. Pour ménager un accès direct à la plate-forme du côté de l'arc, on ouvrit au centre même de l'édifice, une espèce de cour triangulaire {Hof, fig. 32). Un côté de ce triangle était formé par un mur légèrement arqué, l'hémicycle {hemicyliicm), décoré de plaques de marbre rouge (portasanta) et de pilastres de marbre africano. Quelques-unes de ces plaques (presque toutes consolidées récemment sur la masse du mur) ont encore les trous forés par les clous qui y fixaient les ornements de bronze.

Du côté de l'arc de Septime Sévère la cour semble n'avoir été fermée, après la démolition du mur primitif, que par une simple grille.

A une époque très tardive, la façade des Rostres fut •prolongée vers le nord par une mauvaise construction en briques, où on a relevé également les trous faits par les attaches des éperons de navires. On croit qu'il faut y rapporter une inscription très longue et d'une seule ligne

Fig. 32. La tribune des orateurs à partir du régne de Scptimc Sévère.

gravée sur des blocs de marbre rectangulaires, dont la partie supérieure portait, elle aussi, une clôture. Elle nous apprend qu'un préfet de la Vû\s.XL^^P-î\^^i Jl^2iÙ'-^ Valentimis, sous les empereurs Léon et Anthémius, vers 470 ap. J.-C, a restauré les Rostres, vraisemblablement à la suite d' une victoire navale sur les Vandales ; aussi a-t-on donné à cette addition le nom de Rostra ]^andalica.

Cf. Varro /. /. V, 155; Liv. IV, 17, 6, VIII, 14, 12; Diod, XII, 26; Den. Hal. I, ^t\ Pline A'. H. VII, 212. XXXIV, 20. 25; Suet. Aug. 100; Pomponius, Dig. I, 2, 2; Dion Cass. XLIII, 49.

LVI, 34. LXIII, 4. LXXIV, 4. Ascon. in Milon. 12; CIL. VI, -'005.

Jordan I, 2, 233 sq. ; Richter Rom. Rednerbiihne 8-39, Jahrb. U<rs Insl. 1889, 1-17, Beitrdge zur rôm. Topographie II (1903); Lanciani 280; Huelsen R. M. 1899, 238. 1902, 13-21. 1905, 15-26; Vaglieri, 152 sq.; Petersen Comitium, Rosira, Grab des Rminhis (Rome 1904); Boni Atti 554-563, Mau, R. M. 1905,

On se rend mieux compte des divers aspects que prirent les Rostres au cours des temps, quand on les voit d'en haut. On revient après sur ses pas en suivant la schola Xantha et l'arc de Tibère. On gravit le Clivus Capitolinus. et on arri\e devant le

VI. Temple de Saturne, auquel appartiennent les huit colonnes de granit sans cannelures qui se dressent au-dessus d'un haut podium en travertin.

.\près le temple de Jupiter Capitolin le temple de Saturne était le plus ancien^ sanctuaire de la Rome républicaine. Il fut dédié par le consul T. Larcins le 17 décembre 498 av. J.-C; mais on croyait que sur le même erapfacement avait existé un autel plus ancien dédié à Saturne par Hercule. La fête de la dédicace, les Saturnales, devint une des fêtes les plus importantes et les plus populaires de l'ancienne Rome, dont une bonne part de la succession a été recueillie, à l'époque chrétienne, par la fête de Noël. Le temple fut restauré en42^av. J.-C. par L.-AIunatius Plancus avec le j>utin fai t^siir~Iësrpéuples des Alpes (Rauraci etc.). Depuis les premiers temps de la Répubirque, le temple servait à garder le trésor de l'État [aerarium Saturnt). Il survécut, avec cette destination pratique, à la chute du paganisme. Au commencement du xv' siècle, ^iJLfaut croire le Pogge (cf. supr. p. 34), une grande partie de la cella était encore debout. Les Romains commencèrent Rlu^tard à la démolir pour en employer les pierres à des constructions nouvelles. Au xvi" siècle^ le temple était profondément enseveli (cf. fig. II, p. 39). Il le resta jusqu'aux fouilles ^ Valadier (iSiit et .aux fouilles plus complètes de Fea (1S34-1837).

C'est à la construction de Plancus, probablement, que remontent les grandes substructions de travertin qui recelaient dans leurs flancs les caves du trésor public. Lorsque Jules César, au début de la guerre civile, mit la main sur l'aerarium, il y trouva 15 000 lingots d'or, 30000 lingots d'argent, et 30 millions de sesterces (7 millions et demi de francs) en pièces de monnaie. La partie supérieure du temple fut refaite encore une fois dans la suite, et, comme nous l'apprend l'inscription de l'architrave: SENATVS POPVLVSOVE ROMANVS INCENDIO CONSVMPTVM RESTITVIT, après un incendie. Si l'on s'en rapporte à la forme des lettres, l'inscription, et par suite la restauration qu'elle mentionne, ne peuvent que difficilement être antérieures au IV® siècle de notre ère. Les colonnes du portique sont en granit gris; les colonnes latérales en granit rouge. Elles mesurent 11 m. de haut et i m. 30 de diamètre. Leurs bases sont inégales. Le tout dénote un travail hâtif de basse époque. L'entrée de l'aerarium se trouvait vraisemblablement au sud, du côté de la via délia Consolazione, là où s'élevait au moyen âge la petite église 6". Salvator de statera dont les Mirabilia nous signalent le curieux bas-relief du payement de la,sglile.. (cf. supr. p. 32). Devant la façade, sous l'escalier, il y a les restes de vieilles constructions en tuf (canaux de décharge, etc.). C'est à tort qu'on a voulu y voir le primitif autel de Saturne, celui qu'Hercule aurait consacré.

Cf. Van-o l. l. V, 41; Liv. Il, 21, i. XXII, i, 19. XLI, 21, 12; Denys Hal. i, 34. VI, i; Festus 322; Suétone Aug. 29; Tacite Ann. II, 41; Macrob. Sat. I, 8; Servius ad Aen. II, 2x6. VIII, 319; FUR. fr. 22. 23. 30; CIL. VI, 937. 1316 (= Dessau 41) X, 6087 (= Dessau 886).

Jordan I, 2, 360-363; Lanciani 293; Huelsen R. M. 1902,9. 1905» 7; Vaglieri 162.

VII. Milliarium aureum. Près des Rostres, audessous du temple de Saturne, était placé le « milliaire d'or » {milliarium aureum) élevé par Auguste en 20 av. J.-C. C'était un cylindre de marbre, recouvert de bronze doré, sur lequel étaient gravées les distances de Rome aux grandes villes de l'Italie et des provinces. Même au temps de l'Empire les grandes voies militaires romaines étaient mesurées à partir des portes de l'enceinte de Servius Tullius : ainsi la voie Appienne commençait à la porte Capène, la voie Salaria et la voie Nomentane à la porte Colline; et ces portes étaient elles-mêmes éloignées du Forum d'environ un mille romain. Dans les fouilles de 1835 on trouva deux fragments d'un grand cylindre de marbre (d'i m. 25 de diamètre); leur surface, qui n'avait pas été polie, présentait encore les traces des chevilles qui avaient maintenu le revêtement de bronze. Il est très vraisemblable que ces fragments, situés aujourd'hui devant le temple de Saturne, ont appartenu au milliaire. Leurs dimensions concordent avec les morceaux d'un entablement richement sculpté qui furent découverts en même temps. Mais il est impossible de préciser l'emplacement du milliaire, parce que les fondations en ont été détruites lors de la construction, en 1835, de la rue moderne.

Cf. Pline ^V. H. III, 66; Tacite Hist. I, 27; Suétone Othon 6; Plutarque Galba 24; Dion Cass. LIV, 8; Notitia reg. VIII.

Jordan I, 2, 245; Richter rom. Rednerbiihne 35-37; Lanciani 281.

\'III. Umbilicus Urbis Romae. La construction de briques, en forme de tronc de cône, qui est à l'extrémité nord de l' hémicycle, désigne le centre idéal de la ville de Rome. Des monuments de ce genre, destinés aussi à marquer le centre de la cité, voir même du monde, n'étaient point rares chez les Grecs ou dans les royaumes

hellénistiques. On en cite^^des exemples à Delphes, à Athènes, à Antioche; on leur""flonnait le nom d'oniphalos (nombril). Le « nombril » de ^ome, 1' Umbiliacs Urbis Romae, est signalé par les P:'égionnaires de l'époque de Constantin immédiatemei^f après le temple de la Concorde; l'anonyme d' Ejirîsiedeln le place à côté de l'église des Ss. Sergio e BaTcco. Les deux témoignages s'accordent très bien avep les restes que nous possédons. Le tronc de cône en briques, avec ses trois plans superposés, était surmonté d'un entablement de marbre blanc; et sa surface était probablement plaquée de marbre blanc et aussi de marbres de couleur. Il supportait peut-être une colonne, peut-êtrejune statue? Nous n'avons à cet égard aucune certitude'.

Cf. Notitia reg. VIII; Anonymus Einsidlensis dans Jordan

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