X. Je ae fais que cela
Le coNNAissEtrn. Observe un peu les ouvriers, et tu verras qu'il y en a qui ne veulent rien faire.
X. Parbleu! voui^ leur présentez le travail d'une façon si attrayante dans vos bagnes agricoles ou manufacturiers! On dit aussi des sauvages qu'ils ne veulent rien faire, ll^
Auraient bien tort, ma foi ! de renoncer, pour votre travail répugnant, à leur indépendance , à leurs droits naturels, et surtout à cette précieuse insouciance inconnue en Civilisation.
Le connaisseur. Où diable vas-tu me parler des sauvages? II ne s'agit pas de cela ; il s'agit de savoir et de constater qu'il y a de mauvaises têtes , de mauvaises natures que vous ne façonnerez jamais au travail.
X. Et moi je te dis que ces mauvaises natures, comme tu les appelles, sont souvent les meilleures, les plus riches, les plus fortes de toutes. Et la preuve, c'est que vos sottes institutions de convention n'ont pu les faire ployer ; ces natures-là sont plus fortes que votre société et vos mœurs. Et j'ajoute qu'il est déplorable de tourner au détriment de la société des forces qui pourraient lui être si profitables.
Le connaisseur. En voilà, de drôles déraisons... Et si je veux être paresseux, moi? si je veux rester inoccupé ?•..
X. Tu ne veux rester inoccupé que parce que le travail est répugnant, et le travail n'est répugnant que parce qu'il n'est pas convenablement or^ant^é... Que diable I toi qui es un esprit-fort, tu devrais comprendre cela.
Le connaisseur. Tu es un insolent.