X. Comment cela, ^'il vous plaît
L'architecte. En reconstituant les grandes propriétés.
Le peintre. £h! non, monsieur; c'est au contraire en donnant à chacun une part dans la propriété du sol.
X. Messieurs, messieurs, tâchez de vous entendre ; nous ne sommes pas ici à la Chambre des Députés.
Le peintre. Ces messieurs mobilisent le sol; ils divisent en actions la valeur de ce sol, et donnent à chacun de ceux qui le possédaient un nombre d'actions proportionnel à la propriété par lui apportée dans la société... n'est-ce pas cela?
L'architecte. Oui, mais enfin ils fondent la grande Propriété, afin de pouvoir exploiter en grand une lieue car-^ rée environ.
X. Mes amis, vous avez raison tous les deux, et celte discussion détermine assez bien les modifications que la Théo-, rie sociétaire apporte à la constitution actuelle de la Propriété; modifications que tous les propriétaires adopteront à l'envi quand ils en connaîtront bien les conditions et les ,
avantages. Fourier a parfaitement démontré que « la Propriété foncière ne peut être à la fois mobile et garantie qu'avec le Régime harmonien», et si vons voulez savoir pourquoi les Économistes ont sans cesse échoué sor ce double problème, ^ c'est qu'ils ont spéculé sur le Régime civilisé. L'Association seule peut concilier l'esprit de propriété avec les avantages de la grande culture ; à la Propriété simple, créée par le Morcellement, l'Association substitue Impropriété composée voulue par la Nature, qui en tout est composée et non pas simpie. Oui, messieurs, oui, monsieur l'Architecte, nous reconstituons la grande Propriété foncière, parce que c'est le seul moyen de culiiver le sol économiquement, scientifiquement, de disposer convenablement les voies et moyens d'exploitation, et parce que c'est aussi , monsieur le Peintre, le seul moyen de rendre tout le monde propriétaire; — oui, tout le monde propriétaire; — résultat que la division tant vantée des propriétés est loin d'obtenir. Mais ne vous y trompez pas, ce n'est point la Propriété féodale , c'est la Propriété actionnaire qu'organisera TAssociation. — Voilà ce que j'entends par ces mots : Propriété simple et Propriété composée, qui vous ont choqués tout à l'heure, je Tai bien vu, et souvenez-vous de cette explication toutes les fois que j'op-poserai le mot simple au mot composé.
Le peintre. Mais si je ne veux pas, moi possesseur, faire
passer ma propriété du simple au composé ?