‹ Le four electriqueChapitre 15 sur 47 · C. — Molybdène · texte numérisé non relu

C. — Molybdène

Le molybdène s'obtient, à l'état pulvérulent, en réduisant au rouge sombre le bioxyde' par l'hydrogène pur, puis en chauffant le métal obtenu dans un courant de gaz acide chlorhydrique.

Le molybdène a été regardé jusqu'ici comme infusible. Henri Debray (i) a pu fondre avec difficulté, au chalumeau oxhydrique, une fonte de molybdène renfermant de 4 à 5 p. 100 de carbone.

Préparation du molybdène. — Pour préparer le molybdène, nous sommes parti du molybdate d'ammoniaque pur, qui a été réduit en poudre et introduit dans un creuset en terre réfrac-

(1) Debray. Recherches sur le molybdène. Comptes rendus, t. XLVI, p. 1098 ; 1858.

laire n" 12, qui peut en contenir i'''^. Le creuset, muni de son couvercle, est chauffé au four Perrot pendant une heure et demie. Après refroidissement, l'oxyde se présente sous forme d'une poudre dense, d'un gris violacé, répondant à la formule MoO* (i). Une chauffe fournit de 760*"" à 77o'"" d'oxyde.

Cet oxyde mélanig-é de charbon est chauffé dans le creuset de notre four électrique. Dans des essais préliminaires, exécutés avec un excès de carbone, nous avons obtenu, en chauffant sept à huit minutes, avec un courant de 35o ampères et 70 volts, des fontes cpn* renfermaient ;

Carbone 9,77 9,88 9,90

Nous avons repris ensuite celte préparation dans les conditions suivantes. L'oxyde de molybdène, calciné ainsi que nous venons de l'indicjuer, a été additionné de charbon de sucre en poudre fine, dans la proportion de :

Oxyde 300»'

Charbon 30«'

Dans ce mélange, le bioxyde se trouve en notable excès par rapport au carbone. La poudre est tassée avec soin dans un creuset de charbon et soumise à l'action calorifique d'un arc, produit par un courant de 800 ampères et 60 volts, pendant six minutes. On doit éviter de fondre complètement le métal afin de laisser une couche solide du mélange au contact du creuset, qui serait vivement alta(|ué par le molybdène licpiide.

Dans ces conditions, on obtient un métal complètement exempt de carbone, et il est facile, en une heure, d'en obtenir plus de 2''^'.

(1) Méthode de Bucholz pour la préparation du bioxyde.

Si celte préparation dure au delà de six minutes, le molybdène se liquéfie, ronge le creuset, se carbure, et l'on obtient une fonte de couleur grise, très dure et cassante.

Dans un autre essai, en employant un four électrique possédant une cavité de 5 à 6'", nous avons produit, en une fois, gkgs (jg fonte de molybdène que l'on a pu couler avec facilité. La même expérience a été répétée et a donné un lingot de io''8,2oo.

Enfin, depuis la publication de mes recherches aux Comptes rendus de l'Académie des Sciences (i), un de mes élèves, M. Guichard, a obtenu la fonte de molybdène en notable quantité, par réduction, au four électrique, de la molybdénite naturelle par le charbon (2). La fonte, ainsi préparée, ne renfermait pas de soufre.

Elle donnait à l'analyse :

Molybdène 91 ,80

Fer 2,10

Carbone total 6,64

Cette nouvelle réduction me paraît importante, car elle permettra d'obtenir le molybdène, plus ou moins carburé, par un simple traitement du minerai au four électrique.

Fonte de molybdène. — Cette fonte possède une densité de 8,6 à 8,9 suivant sa teneur en carbone. Quand elle est saturée de charbon, elle est beaucoup plus fusible que le molybdène. Riche en carbone, elle est grise et cassante ; à 2, 5o p. 100 de charbon, elle devient blanche et ne peut que très difficilement être brisée sur l'enclume. Elle présente tous les caractères du molybdène étudié par Debray. Elle dissout rapidement le car- Ci) H. MoissAN. Préparation au four électrique de quelques métaux réfractaires : tungstène, molybdène, vanadium. Coviptes rendus, t. CXVI, p. 1225, 29 mai 1893; et préparation du molybdène pur fondu. Comptes rendus, t. OXX, p. 1320, 17 juin 1895. (2) GuiCHABD. Comptes rendus, t. CXXII, p. 1270.

bone et, lorsqu'elle se refroidit, elle abandonne ce dernier sous forme de graphite, exactement comme la fonte de fer ; cependant, lorsqu'elle est saturée de carbone, elle fournit un carbure cristallisé en fines aiguilles.

La fonte grise de molybdène est très dure ; elle raye l'acier et le quartz. En fusion, elle fournit un liquide très mobile qui peut se couler, tout en donnant à l'air de vives étincelles et d'abondantes fumées d'acide molybdique. Ces fontes nous ont donné, à l'analyse, les chiffres suivants :

FoSXœ BIAXCHIBI PONTffi ORISI8

Molybdène 95,83 » » » 92,46

Carbone combiné.. 3,04 3,19 2,53 4,90 5,50

Graphite 0,00 0,00 0,00 0,00 1,71

Scories 0,74 0,53 0,62 » »

Carbure de molybdène. — On prépare ce composé en chauffant, au four électrique, le bioxyde de molybdène avec un excès de charbon. Les meilleures proportions à prendre sont : bioxyde 25o"', charbon .^o"'. Durée de la chauffe : huit à dix minutes, avec un courant de 8oo ampères et 5o volts. Lorsque l'on emploie un excès de charbon, on le retrouve dans la masse sous forme de graphite.

Le culot obtenu a une cassure cristalline d'un blanc brillant. Il se clive avec facilité. Il s'écrase rapidement sur l'enclume, et l'on peut en séparer de petits prismes allongés à cristallisation nette. Sa densité est de 8,9 et sa composition répond à la formule Mo^G.

Ana.hjse. — Dans les différents échantillons étudiés dans ce chapitre, le molybdène, après attaque par l'acide azotique, a été précipité sous forme de molybdate mercureux, et finalement dosé à l'état de bioxyde. Lorsque le carbure ne contenait pas de graphite, le carbone était séparé

par le chlore pur et sec, puis dosé, par combustion dans l'oxygène, d'après le poids d'acide carbonique recueilli. Par cette méthode, les teneurs en carbone sont toujours un peu faibles. Nous avons obtenu les chiffres suivants :

Théorik 6. 7. 8, pour Mo»C.

Molybdène 93,82 » » 94,12

Carbone combiné 5,62 5,53 5,48 5,88

Graphite » » » »

Scories 0, 17 » » »

Si le carbure renferme du graphite, son attaque est faite par l'acide azotique dans une fiole à fond plat traversée par un courant d'oxygène. Les gaz dégagés passent ensuite dans un tube rempli d'oxyde de cuivre ; la vapeur d'eau est retenue par un tube à ponce sulfurique et l'acide carbonique fixé sur la potasse. De l'augmentation de poids des tubes à potasse, on déduit l'acide carbonique et le carbone. Le liquide acide du matras fournit, après filtration et lavage, le graphite, et le molybdène est dosé ensuite par l'azotate mercureux.

Cette nouvelle méthode nous a donné comme résujtats :

Molybdène 92,60 91,90

Carbone combiné : 5,15 5,43

Graphite 1,61 1,98

En tenant compte du graphite et en faisant le rapport du molybdène au carbone, on obtient les chiffres suivants :

THÉORIE

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