LIMITE CHARGE
D'ÉLASTICITÉ DE UUPTUIÎE AI.LOXQEMEN'T
Aluminium carburé '. 20^3 20i'fe',703 2""",",
après laminage et recuit 71^,700 13''^,80a 26n"",r>
semaines, en ayant soin tous les jours de le porter à l'ébiillition. On le jette ensuite sur un filtre (i), on lave à l'eau bouillante et le liquide recueilli, qui présente une légère alcalinité, estévaporé à siccité dans une capsule de platine. On chauffe au rouge sombre; la masse brunit; on ajoute de l'acide chlorhydrique pur étendu d'eau, et il se produit un dég-ag-ement bien net d'acide carbonique. On évapore à sec à nouveau, on chauffe vers 3oo° pour chasser l'excès d'acide chlorhydrique et l'on obtient un résidu qui présente tous les caractères du chlorure de sodium. On reprend par Teau et l'on dose le chlore sous l'orme de chlorure d'arg-ent; duj)oids de ce dernier composé, on déduit la quantité de sodium enlevée par l'eau à la limaille d'aluminium.
En faisant l'analyse complète du métal, nous avons trouvé du sodium dans un certain nombre d'échantillons d'aluminium. La teneur variait entre o,i et o,3 pour loo. Un aluminium préparé anciennement par la maison Bernard en renfermait 0,42 pour 100 (2).
Lorsqu'un aluminium contient une petite quantité de sodium, il s'attaque par l'eau froide d'abord lentement, puis l'attaque se continue en augmentant d'intensité. En effet, si un petit volume d'eau non renouvelée se trouve en présence d'une lame d'un semblable aluminium, on voit tout d'abord une petite couche d'alumine se former sur le métal. Plusieurs jours après, le liquide fournit une réaction alcaline au papier de tournesol sensible. A partir de ce moment, la décomposition devient plus
(1) Dans cette expérience OD obtient souvent une petite quantité d'alumine soluble analogue sans doute à l'alumine colloïdale qui passe au travers du filtre et qui se précipite ensuite.
(2) La présence du sodium dans l'aluminium industriel indique que l'électrolyse du mélange de cryolite et d'alumine donne naissance à un certain nombre de réactions secondaires dans lesquelles le sodium peut jouer un rôle variable suivant la composition du bain et l'intensité du courant.
PIIÉPAKATION Au FOUR ÉLECTRIQUE DE QUELQUES CORPS SIMPLES 271
rapide. Sur tous les points où raluminium contient du sodium, il s'est produit un peu d'alcali qui réag-it sur le métal pour donner un aluminate. Cet aluminate de sodium est ensuite dissocié par l'eau avec dépôt d'alumine et formation de soude ; et, lorsque le liquide est légèrement alcalin, on comprend que la décomposition devienne beaucoup plus active.
Les alliages que l'on pourra préparer avec un aluminium auront donc des propriétés toutes différentes, suivant qu'ils contiendront ou ne contiendront pas une petite quantité de sodium ( i ) .
C'est ainsi que dans une étude sur les alliages d'aluminium et d'étain, M. Riche a indiqué que ces alliages décomposaient l'eau à la température ordinaire (2). J'ai pu faire préparer un semblable alliage à 6 pour 1 00 d'étain avec de l'aluminium bien exempt de sodium, et dans ces conditions, après un séjour de deux mois dans l'eau ordinaire, le métal s'est piqué en plusieurs endroits, a fourni de petites efflorescences d'alumine, mais il n'a produit aucun dégagement gazeux. Voici comment cette expérience a été faite : de l'aluminium exempt de sodium a été allié à 6 pour 1 00 d'étain en évitant l'action de l'azote et des gaz du foyer, car M. Franck a démontré que l'aluminium décompose au rouge l'acide carbonique et même l'oxyde de carbone. On a obtenu ainsi un alliage qui, laminé sous une forte pression, a donné :
RECUIT ÉCROUI
Résistance 17,6 Résistance 28,43
Élasticité 8,20 Élasticité ...... 22,90
Allongement 20, » Allongement 6,
Une feuille de ce métal a été divisée en deux parties : la pre-
(1) 11 est donc indispensable dans tous les essais à entreprendre sur ce sujet, d'établir d'abord la composition exacte de l'aluminium destiné aux expériences.
(2) Riche. Recherches sur les alliag'es de l'aluminium. Journal de pharmacie et de chimie j 6" série, t. I, p. 6, 1895.
272 tE FOUR ÉLECTHIQUE
mière a été placée dans l'eau de Seine qui tous les jours était aérée par ag-itation ; la deuxième a été disposée dans un verre de Bohême en présence d'eau de Seine sur laquelle se trouvait une couche d'huile de plusieurs centimètres. La température moyenne du laboratoire était voisine de 20°. L'expérience^ conunencée le 3o septembre a duré deux mois. Pendant ce temps l'aluminium s'est recouvert d'efttorescences blanches ; il s'est piqué sur presque toute sa surface, mais dans les deux cas il n'a dégagé aucune bulle d'hydrog-ène. Celui qui a séjourné dans l'eau agitée journellement s'est attaqué avec plus de rapidité.
Celte expérience n'a été faite qu'avec un alliage à faible teneur d'élain. M. Riche a démontré que pour les teneurs élevées la décomposition de l'eau devenait très active et il a établi ainsi la raison qui doit faire rejeter tout essai de soudure de l'aluminium avec un alliage à base d'étain.
L'aluminium du reste est un métal qui, recuit avec soin, se travaille très bien par l'estampage et par le laminage. Il ne faut donc lui demander que ce qu'il peut donner.
M. Riche, à qui j'ai communiqué ces expériences avant de les publier, a reconnu aussi la présence du sodium dans quelques échantillons d'aluminium.
M. Moissonnier, pharmacien principal à l'hôpital militaire Saint-Martin, qui a entrepris de longues recherches sur ce sujet, a rencontré de même un échantillon d'aluminium à o,4 pour cent de sodium.
Il est un autre point important sur lequel nous croyons devoir insister à propos des alliages d'aluminium et, en particulier, de ceux de cuivre. Tout alliage non homogène est d'une conservation très difficile.
Dans son mémoire sur l'équivalent de l'aluminium, Dumas,
a insisté déjà sur la non homog'énéité de l'aluminium préparé par le procédé de De ville (i).
Nous avons eu souvent l'occasion de constater, sur des objets en aluminium estampés, la mauvaise influence de ce manque d'homogénéité. Lorsqu'on abandonne de l'eau distillée dans un semblable vase, on voit après une quinzaine de jours se produire de petites piqûres blanches d'alumine hydratée ; la tache s'entoure d'une auréole brillante et elle continue de grandir. Si, après avoir découpé cette partie attaquée, on enlève l'alumine hydratée, on voit au microscope qu'il yalà, le plus souvent, une petite particule de carbone ou d'autre substance qui a formé un élément de pile et qui a désagrégé le métal sur une surface plus ou moins grande. Si, au lieu de laisser séjourner de l'eau sur cet aluminium non homogène, on y laisse séjourner une solution saturée de chlorure de sodium, le phénomène s'exagère et chaque particule de carbone produit une attaque de la feuille d'aluminium suffisante pour la percer.
Cette formation de petits éléments de pile sur la surface de l'aluminium est la cause de l'altération de ce métal.
Au contraire, avec un métal bien homogène, ne contenant ni azote, ni carbone, ni sodium, aucun point d'attaque ne se produit et l'eau, qui a séjourné sur le métal, a conservé toute sa limpidité et ne renferme pas d'alumine.
Le même phénomène se présente avec de l'alcool étendu d'eau, avec du rhum par exemple et, dans le cas de l'aluminium de mauvaise qualité, il explique l'attaque de certains bidons, attaque qui peut se produire parfois avec une assez grande énergie (2).
(1) Dumas. « Mais je reconnus ensuite que dans l'aluminium impur, la distribution du fer et du silicium n'est pas uniforme.» Mémoires sur les équivalents des corps simples. Annales de Chimie et de Physiqvc, 3"' série, t. LV, p. 153.
(2) MM. le D'' l'LAGE et Lebin, dans les essais qui ont été entrepris au labora-
l'OUB ÉLECTHIQUE. 18
274 LE FOUU ÉLECTRIQUE
Je ferai reinarquer aussi, en terminant, que l'aluminium qui a une grande tendance à former un couple électn([ue avec tout autre métal, ne devra jamais être employé que seul.
Une partie de fer ou de laiton au contact de l'aluminium produira toujours, en peu de temps, l'oxydation du métal et sa transformation en alumine. Tous les industriels qui ont eu à mettre en œuvre de grandes surfaces d'aluminium ont reconnu par expérience et à leurs dépens la généralité de cette décomposition.
En résumé, l'aluminium industriel, outre le fer et le silicium, contient une petite quantité de carbone, des traces d'azote (i)et parfois du sodium. Ces différents corps modifient notablement les j)ropriétés de l'aluminium, mais il esta espérer que l'électrométallurgie pourra produire bientôt un métal plus pur et de composition constante.
Nous n'avons pas à insister dans ce travail, fait ou point de vue cliimi(}ue, sur l'importance du recuit dans le laminage et i'estanqwge de l'aluminium. On sait que sans cette précaution le mêlai actuel se crique avec facilité et devient impropre à toute application.
Nouvelle méthode de préparation des alllvges d'aluminium (2). — La méthode de préparation que nous avons indiquée précédemment pour l'alliage d'aluminium-vanadium en partant
toire Frédéric-Guillauuie, de l'Institut de Berlin, attribuaiont à l'action du tannin cette attaque de certaines surfaces d'aluminium. Sur les bidons et marmites en aluviinium, Berlin, 1893.
(1) Nous ajouterons aussi que l'aluminium industriel renferme souvent une petit*- quantité d'alumine ne présentant aucune forme cristalline. Enfin, dans certains échantillons, nous avons pu reconnaître au microscope, dans le résidu provenant de l'attaque par l'acide cblorhydrique, de petits cristaux très nets de borure de carbone. Le bore de ce composé provenait de l'acide borique qui avait servi à agglomérer le charbon des électrodes.
(2) Comptes rendus,, n" 23, du 8 juin 18%, t. CXXII, p. 1302.
PRÉl'AnATION AU FOUll ÉLECTHIQUE DE QUELQUES COUPS SIMPLES 275
de l'acide vanadique peut être appliquée à un certain nombre d'oxydes. Elle est fondée sur l'affinité puissante de l'aluminium pour l'oxyg-ène. Les travaux de Winckler et d'autres savants ont établi déjà combien était facile la réduction de certains composés oxygénés par le mag-nésium. L'aluminium peut aussi être employé dans quelques cas. En utilisant cette propriété, j'ai pu obtenir avec la plupart des métaux réfractaires des alliages d'aluminium que j'ai isolés par réduction, au moyen du four électrique.
La préparation de ces alliages est facile. Elle consiste à projeter sur un bain d'aluminium liquide un mélange de l'oxyde à réduire et de limaille d'aluminium.
La combustion d'une partie de l'aluminium par l'air atmosphérique, à la surface du bain, dégage une quantité de chaleur tellement grande, que les oxydes les plus réfractaires sont réduits. Le métal passe alors d'une façon continue dans le bain d'aluminium et vient élever le point de fusion de l'alliage.
Cette préparation se fait par voie sèche et sans addition d'aucun fondant.
J'ai pu obtenir ainsi des alliages d'aluminium avec le nickel, le molybdène, le tungstène, l'uranium et le titanei'Il arrive souvent que la chaleur dégagée par la réaction est tellement grande que l'œil ne peut en supporter l'éclat. Nous avons préparé plusieurs fois des alliages à 75 p. loo de tungstène qui n'ont été maintenus liquides que grâce à ce grand dégagement de chaleur. Les alliages à lo p. loo s'obtiennent avec facilité. On ne doit pas oublier que la réaction est parfois explosive.
Ces différents alliages nous ont paru présenter quelque intérêt. Ils permettent, en effet, de faire passer ces métaux réfractaires, dont le point de fusion est plus élevé que celui de nos fourneaux ordinaires, dans un métal quelconque, même à point de fusion peu élevé.
Lorsque l'on met, par exemple, du clirouie métallique en présence du cuivre fondu, ce dernier n'en dissout qu'une très petite quantité, environ un demi pour cent, et il est impossible d'aller au delà.
Prenons un alliag-e d'aluminium-chrome, il se dissoudra en toutes proportions dans le cuivre fondu et fournira un alliage mixte : cuivre-chrome-aluminium.
Dans cet alliai^e mixte, il est facile d'éliminer l'aluminium en recouvrant le hain fondu d'une petite couche d'oxyde de cuivi'e. Ce dernier, comme on le sait, se dissout avec facilité dans le cuivre et brûle l'aluminium, (pii vient nag-er à la surface du bain sous forme d'alumine.
Ce procédé pourrait servir de même, j)Our faire passer le tung-stène ou le titane dans un bain d'acier maintenu li(|uide au four Martin-Siemens. L'excès d'aluminium serait rapidement brûlé et viendrait dans la scorie. On pourrait aussi le détruire par une addition d'oxyde de fer.
Nous estimons que cette méthode est g-énérale et permettra d'obtenir un grand nombre d'alliages nouveaux.
Analyse de l'aluminium et de ses alliages (i). — Les impuretés que nous rencontrons dans l'aluminium industriel, modifiant profondément ses propriétés, il est important d'en faire l'analyse d'une façon aussi exacte que possible. Les procédés employés justpi'ici dans l'industrie laissent, le plus souvent, beaucoup à désirer, soit que Kon regarde comme du silicium le résidu ferrugineux que l'aluminium abandonne par son attaque à l'acide chlorhydrique étendu, soit que l'on dose l'aluminium par différence.
Essais préliminaires . — On doit tout d'abord rechercher si
(1) Comjitvn rendus du 9 décembre 189j, t. CXXI, p. 85L
l'aluminium contient du cuivre. On fait dissoudre une petite quantité d'aluminium, environ 2'^% dans l'acide chlorhydrique étendu d'eau, et cette solution est traitée par un courant d'hydrog'ène sulfuré. Dans le cas où la teneur en cuivre est très faible, il est utile de chauffer lég-èrement la solution et de la maintenir tiède pendant quelques heures, après le passag-e de l'hydrog-ène sulfuré. On filtre et le cuivre est recherché qualitativement dans le résidu.
L'analyse qualitative est conduite ensuite de façon à constater la présence du silicium, du fer, du carbone, de l'azote, du titane et du soufre (i).
1° Aluminium sans cuivre. — Dosage du silicium. — On pèse S^"" environ de métal qui sont attaqués par l'acide chlorhydrique pur étendu au i/io. Quand il existe un résidu de couleur g-rise (contenant du silicium, du fer, de l'aluminium et du charbon), on sépare cette poudre et on l'attaque, par une petite quantité de carbonate de soude en fusion, dans un creuset de platine. Le contenu du creuset est repris par de l'acide chlorhydrique étendu, et cette solution est réunie à la. première. Le liquide est placé dans une capsule de porcelaine et maintenu au bain-marie jusqu'à dessiccation. La capsule est ensuite portée dans une étuve à air chaud dont la température est de 126°. Le résidu doit être alors absolument blanc, pulvérulent et ne doit plus s'attacher à l'agitateur. Pour obtenir ce résultat, il est bon de g-ratter les parois de la capsule avec une spatule et d'écraser les g-rumeaux qui se sont produits avec un pilon en ag-ate. On retire la capsule après douze heures de séjour à l' étuve à air chaud, quand on a constaté qu'un agitateur mouillé d'ammo-
(1) Nous avons indiqué précédemment comment on pouvait reconnaître la présence de l'azote dans l'aluminium. Impuretés de raluminium industriel. Comptes rendus, t. CXIX, p. 12, 1894.
Iliaque, placé au-dessus du résidu, ne donne plus de fumées blanches, ce qui indique que tout dég"ag"ement d'acide chlorhydrique a cessé.
La dessiccation étant terminée, on reprend par de l'eau distillée tiède dans laquelle on ajoute le moins possible d'acide ciilorhydrique. On porte le liquide à l'ébullition pendant quel- (jues minutes, la silice reste insoluble, puis on jette le résidu sur un filtre. Après lava£*-e et dessiccation, on calcine et l'on pèse (i).
Dosage de Valnminium et du fer. — La solution primitive de l'aluminium dans l'acide chlorhydrique au i/io, après séparation de la silice, a été étendue d'eau de façon à former un volume de 5oo'"*'. On prend. 25'"*' de cette solution correspondant à o,i5o d'aluminium, on neutralise à froid par l'ammoniaque et l'on précipite les deux oxydes par du sulfure d'ammonium récemment préparé. On laisse le mélang-e en dig^estion pendant une heure. Le précipité est ensuite jeté sur un filtre, lavé, séché, calciné et pesé.
Nous n'avons pas employé l'ammoniaque pour cette précipitation, car pour qu'elle soit complète, la solution ne doit pas être trop étendu(^ et doit renfermer une assez g-rande quantité de sels anmioniacaux et très peu d'ammoniac[ue libre. On peut, il est vrai, se débarrasser de l'excès d'ammoniaque par l'ébullition; mais, dans ce cas, on doit s'arrêter dès que la liqueur n'est plus que légèrement alcaline; si l'on dépasse ce point, l'alumine réagit lentement sur le sel ammoniacal et le liquide prend une réaction acide. A cause de ces petites difficultés, nous avons préféré la précipitation par le sulfure d'ammonium.
L'alumine précipitée est, comme on le sait, très difficile à laver.
(1) Pour s'assurer que cette silice ne renferme pas d'alumine ou d'oxyde de fer, on verse de l'acide fluorhydrique pur dans le creuset de platine qui a servi à la dernière c:ilcination. Après évaporation à sec au bain de sable, il ne doit rester aucun résidu.
PRÉPABATION AU FOUn ÉLECTRIQUE DE QUELQUES CORPS SIMPLES 279
Il est indispensable que le lavag-e se fasse par décantation dans un verre de Bohême, de forme cylindrique et avec de l'eau bouillante. Le lavage est terminé lorsque l'eau surnageante ne contient plus de chlorure. Le précipité est jeté sur un filtre, séché, calciné et pesé. On obtient ainsi le poids d'alumine et de sesquioxyde de fer contenu dans l'aluminium. Le fer, d'abord précipité à l'état de sulfure hydraté, s'oxyde rapidement par le lavag-e et la calcination.
Il est important aussi de dessécher avec soin cette- alumine avant de la porter au rouge. De plus, la calcination doit être opérée avec lenteur, parce que l'alumine desséchée décrépite parfois quand on la chauffe fortement. Enfin la calcination doit être poussée assez loin, car l'alumine ne perd complètement l'eau qu'elle renferme que sous l'action d'une température élevée.
Dosage du fer. — Pour doser le fer, on prend sSo^'' de la liqueur primitive après séparation de la silice. Cette solution est réduite par l'évaporation à un volume d'environ loo*'*'. On ajoute de la potasse caustique bien exempte de silice (i) qui précipite d'abord le fer et l'alumine, et lorsque cette potasse est en excès l'alumine disparaît.
On maintient le mélang-e pendant dix minutes à une température voisine de l'ébullilion. Le précipité est lavé cinq ou six fois à l'eau bouillante, par décantation, puis jeté sur un filtre. Ce précipité est repris par l'acide chlorhydrique étendu et l'on recommence une nouvelle précipitation par un excès de potasse. Après lavag-e et filtration, on reprend encore par l'acide chlorhydrique et cette fois on précipite le fer par l'ammoniaque.
Le précipité est jeté sur un filtre, lavé, calciné et pesé. Il fournit
(1) Il est important de s'assurer que la potasse ne renferme pas de silice.
ainsi le poids du sesqiiioxyde de fer. Proportionnellement, on retranche du poids des deux oxydes, obtenu dans les opérations précédentes, le poids du sesquioxyde ferrique et la différence fournit le poids de l'alumine.
Dosage du sodium. — Cette méthode de dosage est basée sur ce que l'azotate d'aluminium se détruit parla chaleur, en fournissant de l'alumine, à une température inférieure à celle de la décomposition de l'azotate de sodium.
On prend 5'-''' d'aluminium (renfermant ou non du cuivre) en limaille ou en lames ; on les attaque dans un vase conique de verre par l'acide azotique (i), étendu de son volumed'eauetà une douce température. L'attaque ne se fait pas à froid, mais il faut élever la tenq^érature avec précaution, car la chaleur dég-agéeparla réaction peut être assez grande pour occasionner un dégagement gazeux très violent.
La solution est concentrée dans une capsule de platine, au bain-marie, puis évaporée à sec au bain de sable ou à feu nu ; le résidu est amené à l'état pulvérulent au moyen d'un pilon d'agate.
On chauffe ensuite à une température qui est inférieure au point de fusion de l'azotate de sodium et jusqu'à ce que tout dégagement de vapeur nitreuse ait cessé. On reprend ce résidu par l'eau bouillantç, on décante le liquide et on recommence trois ou quatre fois le lavage de l'alumine (2).
La capsule et le pilon sont ensuite lavés, et toutes les eaux de lavage, additionne^es de quelques gouttes d'acide azotique sont évaporées à sec. On reprend trois fois par l'eau bouillante de
(1) Dans cette attaque, il est bon de placer un petit entonnoir sur l'ouverture du vase conique, de façon à retenir le liquide pulvérisé entraîné par le dégagement de gaz et de vapeurs.
(2) LsJ, première solution filtrée abandonne souvent, après refroidissement, une quantité variable d'alumine qui se prend en gelée.
façon à éliminer chaque fois une nouvelle quantité d'alumine qui se trouvait mélangée à l'azotate alcalin. Finalement on traite par l'eau bouillante ; après évaporation dans une capsule de porcelaine, on filtre, on additionne le liquide d'un léger excès d'acide chlorhydrique pur et l'on évapore à siccité. On ajoute une nouvelle quantité d'acide chlorhydrique et, après évaporation, on chauffe à Soo" pour chasser tout excès d'acide ; le chlorure de sodium restant est. dosé sous forme de chlorure d'argent. De la pesée de ce dernier, on déduit la quantité de chlore et l'on prend le poids de sodium qui lui correspond (i).
Dosage du carbone. — On prend deux grammes du métal sous forme de copeaux ou de limaille et on les triture au mortier avec 10*'''' à iS»'' de bichlorure de mercure-en poudre, additionné d'une petite quantité d'eau. Le mélange est évaporé au bainmarie, dans une capsule, puis placé dans une nacelle de porcelaine qui sera ensuite chauffée dans un courant d'hydrogène pur. Cette nacelle est disposée dans un tube de verre de Bohême traversé par un courant d'oxygène bien exempt d'acide carbonique et chauffé au rouge. Le courant gazeux traverse un tube de Liebig contenant une solution de potasse et deux petits tubes en U remplis de fragments de potasse fondue. L'augmentation de poids de ces différents tubes donne en acide carbonique, la quantité de carbone contenu dans l'aluminium.
2° Analyse des alliages de cuivre et d'alumimium . — Dosage du cuivre. — Lorsque l'alliage renferme jusqu'à 6 pour loo de cuivre, on dissout o^'",5oo de métal par l'acide nitrique bien exempt de chlore, on étend cette solution de façon à occuper un volume de 5o*"*^ et le dosage se fait par la méthode
(1) Il est indispensable, pendant tout le dosage, de se mettre à l'abri des poussières de verre qui peuvent se rencontrer dans l'atmosphère des laboratoires.
électroly tique due à M. Lecoq de Boisbaudran, en prenant le dispositif deM. Riche. L'intensitédu courant employé est de o,i ampère; l'opération dure six heures, si elle est maintenue à Go", ving-t-quatre heures si elle est faite à froid. Lorsque l'électroljse est terminée, le cuivre, après avoir été lavé et séché, est pesé à l'état métallique.
Dosage du silicium, de l'aluminium et du fer. — Le cuivre étant éliminé à l'état de sulfure par l'hydrog-ène sulfuré, on dose l'alumine, le fer et le silicium ainsi qu'il a été indiqué précédemment.
Conclusions. — Nous donnerons comme exemple l'analyse d'un échantillon d'aluminium provenant de Pittsburf*-.
Aluminium 98,82
Fer 0,27
Silicium 0,15
Cuivre 0,35
Sodium 0,10
Carbone 0,41
Azote traces
Titane traces
Soufre néant
L'industrie de l'aluminium a fait, dans ces dernières années, de grands prog-rès au point de vue de la pureté du métal . L'analyse précédente en est un très bon exemple puisqu'elle ne nous fournit que 0,27 de fer et o,i5 de silicium. Il y a trois ans un bidon fabriqué à Karlsruhe, avec un aluminium de Neuhausen, nous avait donné, en effet, les chiffres suivants :
Aluminium 96,12
Fer 1,08
Silicium 1,94
Carbone 0,30
La comparaison de ces deux analyses établit qu'actuellement l'industrie peut fournir un métal beaucoup plus pur. Si l'aluminium, obtenu par électrolyse, pouvait ne plus contenir ni sodium ni carbone, nous estimons que sa conservation serait beaucoup plus facile.
Nous devons faire remarquer, en terminant, que les données, fournies par l'analyse, sont insuffisantes pour établir seules la valeur du métal ; il est de toute utilité d'y-'joindre les propriétés mécaniques : aHong-ement, limite d'élasticité et charg-e de rupture.