LE MILIEU — LE MALADE LE MÉDECIN — LES MÉDICAMENTS
SOMMAIRE. — Le milieu. — Le malade. — Le médecin. — Le« MÉDICAMENTS. — Fal)ricalioii des tisanes, des cataplasmes, des sina pismes. — Application des vésicatoires. — La poche de glace. - Comment on prend la températnre d'un malade.
Toutes los Icminos devraient savoir soigner les malades. Ost là pour ainsi dire une de leurs attributions naturelles. Mais pour bien la remplir il faut qu'elles sachent et qu'elles réfléchissent.
j jy^.y II faut tout d'abord placer le lit de la
ou du malade dans une chambre bien aérée et bien éclairée, éviter l'encombrement de quelque nature qu'il soit; encombrement de visites ou encombrement d'objets! Eloigner les commères bavardes et les tentures inutiles*. La propreté la plus absolue doit régner dans cette pièce, mais sans qu'on la balaie comme on ferait pour une chambre ordi-
\. Plus on a eu l'occasion de soigner des malades, plus on se rend compte de l'importance inouïe qu'ont pour eux le calme, le silence.
naire: en enlevant seulement la poussière dans tous les coins en y passant un linge humide de façon à ne pas la faire voltiger dans l'air. Il faut ne rien laisser traîner, tout bien mettre à sa place, avoir un meuble spécial, table ou commode, recouvert d'une nappe blanche sur laquelle on dépose tous les ustensiles nécessaires au malade. Rien ne donne à une pièce un air de désordre comme les objets traînant partout, les tasses, les cuillères encombrant tout, tachant les marbres des meubles ou des cheminées et attirant ainsi les mouches si désasrréables aux malades.
Lemalad ^^^tin et soir il faut faire la toilette du
malade, à moins d'une défense absolue du médecin: il se trouve bien plus à son aise lorsqu'il est propre et que sa chevelure est bien ordonnée. Il faut supporter ses caprices, prévenir ses désirs, le soutenir par un air calme, même lorsqu'on le sait très malade.
, r , . Il faut faire la ijlus 2:rande attention a
Le médecin. . . l^,^'l^r^ r
tout ce que dit le médecin. Que d erreurs
seraient ainsi évitées! Si l'on n"a pas très bien compris
ce qu'il voulait dire il faut lui demander poliment de
nouvelles explications. Surtout n'oubliez pas de lui
rendre un compte exact de ce qui s'est passé depuis sa
dernière visite. Évitez de lui donner des conseils,
comme beaucoup trop de femmes se le permettent,
cela est ridicule et indispose le médecin contre vous.
L'ordonnance du médecin doit toujours
être redemandée au pharmacien afin médicaments . , ,. ■. t •
qu on puisse la consulter en cas de besoin
et surtout qu'on puisse la montrer au médecin s'il le
désire. Les médicaments pour l'usage externe, tou-
COMMENT NOlIrf DEVONS SOIGNER NOS ^MALADES. 17)5
jours munis d'une étiquolle rougo, doivent être serrés dans une armoire fermant à ciel', loin des autres médieamenls.
A côté des |)i'é})ai'ations du phai'mac'ien les adjuvants eonl'ectionnés par la ménagère, bouillon, tisanes, cataplasmes, etc., jouent un certain rôle. Chaque femme doit savoir comment procéder lorsque le médecin ordonne quelques tasses de bouillon léger, de bouillon de volaille, de café, de thé, etc.. Nous avons vu dans la partie qui concerne notre enseignement pratique comment on confectionne et le bouillon et le café ; voyons les autres prépai'ations.
Les tisanes s'obtiennent, l*' par mam^a- Les tisanes. ,, ^^ ■ r ■ * -o /-
lion, 2" par infusion et o"* par décoction.
1° Pour préparer les premières on laisse pendant plus ou moins longtemps séjourner les substances indiquées par le médecin dans de Teau froide :
Exemple : Tisane de gentiane.
On fait macérer la racine de gentiane durant A heures dans de l'eau froide, puis on passe le liquide. On prépare de la môme façon la Tisane de réglisse si communément employée dans nos hôpitaux. On fait macérer 10 gr. de réglisse dans un litre d'eau froide durant deux heures puis on passe.
2° Pour faire une infusion on verse de l'eau bouillante sur le produit dont on veut extraire les principes solubles.
Exemple : Tisane de feuilles d'oranger.
On prend cinq grammes de feuilles d'oranger pour
l.)U LE FOYER DOMESTIOUE.
un litre d'eau, on met les feuilles dans un pot quelconque, pourvu qu'il soit très propre, et on verse Teau bouillante par-dessus.
Autre exemple : la tisane de tilleul.
Il faut prendre 4 gr. de tilleul pour un litre d'eau. En général on a toujours des tendances à exagérer les quantités et l'on a tort, car une tisane anodine peut parfois se transformer ainsi en un véi'itable poison.
5° Enfin, on procède par décoction pour le lichen, le chiendent, etc. On jette ces matières dans l'eau et on les laisse bouillir durant une demi-heui'e ou davantage.
Exemple : Préparation de la ti,<ajie de licheji d' hlande. Pour 10 gr. de lichen on prend un litre d'eau, puis on porte à ébullition, dès que Tébullition commence on jette la luemièi-e eau et on remet le lichen sur le feu avec un litre d'eau fraîche.
lieinartjue. — Pour préjjarer toutes les tisanes servez-vous toujours non seulement de récipients absolument propres mais encore de récipients inattaquables; c'est-à-dire de casseroles qui ne soient ni en étain, ni en cuivre, ni en fer. mais de casseroles émaillées ou en poterie.
Fabrication d un cataplasme. Comment Les cataplas- n , •. . , \. ■ .
laut-u s V prendre pour laue un bon calâmes. , ^ ^ plasme ?
Les cataplasmes les plus usités sont ceux de farine de graine de lin. de fécule de pommes de terre, de riz, etc.
COMMENT NOUS DEVONS SOKINER NOS MALADES. 157
Pour Taire un cataijlasmc de farine de graine de lin on délaie cette farine dans de l'eau froide de manière à en faire une bouillie très claire, puis on fait chauffer en renuiant conlinu(dlenient jusqu'à ce qu'on ait obtenu une niasse d'une consistanc(^ suffisante.
Pour faire ini cataplasme de fécule de pommer de terre ou erènie de riz on s'y prend un peu différemment. Pour 100 grammes d'eau on prend environ 10 grammes de fécule, on délaie cette fécule avec une partie de l'eau froide, on fait bouillir le reste de l'eau et lorsque l'ébuUition est bien accentuée, on y verse la farine délayée et on laisse bouillir quelques minutes toujours en remuant.
En (jénéral on applic|ue toujours les cataplasmes chauds et on les enlève lorsqu'ils se sont suffisamment refroidis ; c'est à ce moment-là qu'il s'agit surtout de bien faire attention à ne pas refroidir le malade. Il faut bien essuyer la peau avec un linge très sec pour la recouvrir d'une flanelle chauffée afin d'éviter au malade une sensation de froid qui pourrait lui être préjudiciable.
Sur un petit linge bien propre on
étend une couche de moutarde que l'on
a au préalable délavée avec un peu d'eau sinapisme. x- ^ i
Fabrication d'un
De nos jours on emploie presque toujours du papier Rigolot qui est tout préparé, seulement remarquez bien combien de temps le médecin vous dira de les laisser sur la peau (en général 10 à 15 minutes) et ne le trempez ni dans le vinaigre, ni dans l'eau chaude, mais dans de l'eau à peine tiède ou froide. En laissant trop longtemps les sinapismes on peut provoquer des
phlyctènes (ampoules pleines d'eau) et faire beaucoup souffrir le malade.
r , . C est enfin la mère de famdle qui doit
Le vesica- ,. , , . . . , ^ ,
appliquer les vesicatoires lorsque le médecin en ordonne. Combien d'entre elles qui sont bien malheureuses à ce momcMit-là ; elles nosent pas demander au médecin des explications suffisantes et cependant n'ayant jamais eu de malades elles ne savent comment s'y prendre. Alors elles vont ronsulter quelque vieille voisine, parfois encore plus ignorante qu'elles, en tous cas bien souvent imbue de préjugés et de vieilles croyances : il vaut mieux savoir soi-même à quoi s'en tenir. Lorsque vous devez poser un vésicatoire, lavez d'abord bien soigneusement à l'eau chaude et au savon l'endroit sur lequel vous devez l'appliquer : puis après avoir fixé le vésicatoire au moyen de s})aradrap et d'un tampon d'ouate, consolidez-le avec une bande de toile afin qu'il ne puisse glisser et aller où il n'a que faire. Si le malade est un enfant, veillez à ce qu'il ne se frotte pas et à ce qu'il n'arrache pas le vésicatoire. En général pour les enfants on laisse le vésicatoire de o à 4 heures, pour les adultes de h à 10 heures. Pour éviter aux malades des complications du côté de la vessie, il est bon durant les premières heures de leur donner à boire un peu de lait sucré auquel on ajoute 2 à 4 grammes de bicarbonate de soude, à moins d'ordres contraires du médecin.
Pour enlever le vésicatoire, on enlève avec précaution l'ouate, le sparadrap en prenant bien garde de ne pas déchirer l'épiderme soulevé, en enlevant aussi bien soigneusement avec un linge imbibé d'huile chaude les parcelles de pâte vésicante qui adhèrent à la surface de la peau. Puis pour faire écouler l'eau que renferme la cloche on la perce avec une aiguille flarn'
COMMENT NOUS DEVONS SOIGNER NOS MALADES. l''*'
bée ^, on recouvre la plaie d'une compresse de vaseline boriquée, on met par-dessus un gros tampon d'ouate, et enfin un bandage bien fait qui retient le tout. Ce pansement doit se l'enouveler deux ou trois fois par jour.
^ , En ras de ])entonite, de meninoite, etc.,
La bourse ,. . , • \ .
on a])i)lir[ue souvent une bourse de glace: de glace. -, • -, .^ . i^ i • i
d s agit avant tout de savoir la préparer :
après avoir cassé la glace en menus fragments au moyen d'une épingle, on en remplit à moitié la bourse de caoutchouc; puis, avant de la visser, on expulse le plus possible l'air qu'elle renferme. On visse le couvercle, on remonte sur les bords le repli de caoutchouc destiné à le clore hermétiquement, puis on l'aplatit et on la pose sur le corps du malade, en ayant soin d'interposer une flanelle entre la peau et la bourse qui renferme la glace. En cas de besoin on peut employer pour cet usage une vessie de porc, un vieux bonnet de bain, etc.
La température .
Il faut aussi s'exercer à prendre la température des malades. Après avoir fait descendre la colonne de mercure du thermomètre à maxima jusqu'à 54 degrés (ce qui se fait en secouant vivement le thermomètre et cela à différentes reprises), on le place sous le bras du malade, en contact direct avec la peau, et on l'y laisse au moins durant dix minutes. La température des malades se prend en général le soir et le matin.
1. On flambe une aiguille en la passant durant quelques secondes dans la flamme, de préférence la flamme d'une lampe à alcool.
Résumé.
Pour bien soigner les malades, la première condition c'est de les placer dans un milieu propre, clair et calme.
Il faut les tenir proprement; écouter attentivement les ordres du médecin et en tenir compte ; ne jamais laisser traîner aucun médicament et mettre à part ceux qui sont destinés à l'usage externe.
Une bonne ménagère doit savoir comment on prépare les tisanes, les cataplasmes, les sinapismes; comment on pose un vésicatoire et comment on installe une bourse de glace.
Elle doit prendre matin et soir la température du malade et la noter exactement.
SEIZIEME LEÇON PRATIQUE Cataplasmes et tisanes.
COMMENT NOUS DEVONS SOIGNER NOS MALADES