DIX-HUITIEME LEÇON PRATIQUE
Emmaillotement de quelques grosses poupées. — Arrangement d'une bercelonnette.
SOINS AUX TOUT PUTITS. lOl
])IX-.\F:1 VIKMK LEÇOX
SOINS PIIVSIorES - DE LA XL'TRITIOX
SOMMAIRE. — Soins physiques. — Di: la m hîhion. — Il ne l.uit (jiie (lu lait, rien que «lu lait au iiouriissoii. — Le incilleur lait est le lait maternel. — Comment on stérilise le lait. — Des biberons : propreté absolue. — Ré<iulai-ité des tétées. — Impf)rlance des !:arderobes de reniant. — De l'utilité de la nALANci:. — Les soupes.
„ . Loi'S((u'oii s(^ ti'ouvc en pi-rsonce (riiii
Soins et 11 i ' 1 r X
enlaiit iiouvelloiiiont in\ il ne laiit ])as physiques. .. . . <r • , ^. i •
s miaginer avoir aliau-e a iiii être ])ieii
complet ; il est à peine une ébauche, cest de nos soins (|ue déi)endra son complet développement et voilà pourquoi il faut cpie nous nous rendions bien compte de ce qui lui est nécessaire. Si je vous })arle déjà, à vous qui êtes presque encore des enfants, de ce sujet si sérieux, c'est que bien souvent on vous confie xos petits frères, vos i)etites sonirs : (pie plus tard vous aurez sans doute vous-mêmes des enfants et (pie vous seriez désolées. j"en suis certaine, de soigner mal les uns ou les aulres. Et cela arrive uK^'iiu^ à de i^randes personnes désireuses de l)ien faire, parce ({u'elles ne savent pas ; loi'scpi'un petit enfant arrive, foules sont prêtes à le servir, à rhabiller, à le soigner, ce nest pas la l)onne volonté qui leur manque, mais cela ne suffil pas nuilheureusemeid. Ainsi toutes ces fennues si empressées que font-elles lorsque le nouveau xcnu crie ou quil ouvre la bouche comme s'il cherchait cfuelque chose? Vite, vite elles lui font boire un peu deau sucrée parfumée deau de fleur d'oranger. Et savez-vous à quel beau résultat elles arrivent? elles donnent au bébé sa première indigestion !
102 LE FOYER DOMESTIOUE.
^ , Ce Qu'il faut au nouveau -né ce n'est
IJ6 Id.
. . ni de l'eau sucrée, ni du sirop de fleurs
nutrition. , . , , j
de pécher, ni quelque drogue que ce
soit, il lui faut le sein de sa mère. Par une coïncidence admirable, ce sein renferme précisément au moment de la naissance non pas du vrai lait, mais un liquide moins blanc et moins épais qui a des propriétés purgatives.
Ces propriétés agissent sur l'intestin de l'enfant, dont les premières selles sont loin d'avoir l'aspect jaune qu'elles auront plus tard : elles sont plutôt noirâtres. Ce qu'il faut donc au i)etit enfant, c'est le lait de sa mère; rien ne saurait le lemplacer avantageusement.
Il ne faut que du lait, rien que du lait au nour risson !
Cepentlant bn-srpie pour iiiic i-aison rpiclrourpic la mère ne peut suffire à le iK>uriii\ soit j^arce quelle n'a pas assez de lait, soit parce qu'elle ne peut rester auprès de lui truite la journée, alors elle doit lemplncer le Irïit matei iicl par* le liquide (pii s'en rappioclir le plus. \)iw le lait d'un mammifère. 11 est rertain (pie nul animal ne sécrétera un lait absolument identirpie au sien, cei)endant tous s'en rapprorheront plus que les soupes et les i)anades que les bonnes femmes i)réconisent tant. Avant que l'enfant ait six mois ne lui donnez que du lait, rieii (pie du laitK
1. On a analysé les difTércnls hiilr* et l'on a reconnu (|ue le lait d ànesse est celui qui se rapproche le p!us du lait de femme, tout en étant un peu moins nourrissant: malheureusement il est difficile de se le procurer. Le lait de vache que nous avons à noire disf»osition e>t plus diflicile à di;L^érer et il e>t moin> sucié. Pour le corriger, on l'a pendant longtemps coupé d'eau bouillie à laquelle on ajoutait du sucre : de 1 jour à 6 i-emaines on ajoutait les 2/5 d'eau, de 6 semaines à 3 mois la inoilié. de 3 mois à 6 mois le quart, aujourd'hui on donne le lail pur.
Liiilri-ioi-ili'' (les laits étrangers ur vicut pas seiile- 1 lient lie leur composition mais suilout de ce qu'ils ne sont pas l)us immédiatement au sortir du pis de l'animal. En effet le lait lorsqu'il reste à l'air libre, aigrit rapidement, il devient alors un véritable poison pour les jeunes enfants.
N'y a-t-il aucun moyen de modifier la composition du lail? aucun moyen d'éviter qu'il aigrisse?
On peut dire aujourd'hui qu'à moins de le faire ex- IJi'ès. on n'a plus de lait aigi-e. Tout d'abord on ne saurait trop répéter aux fermières d'agir avec la plus grande prudence : de ne traire la vache qu'avec des mains propres, après avoir lavé ses trayons, et de recevoir le lait dans des récipients qu'on aura au préalable rincés avec de l'eau renfermant des cristaux de carbonate de soude 5 ceci fait on stérilii^e le lait.
., .,. Pour stériliser le lait destine aux en-
Pour sterih- ., , .
iants on se sert d appareils spéciaux de ser le iBit. , ., i t-» t • • •
(jrentil ou de Budin. qui n ont qu un
inconvénient, c'est de coûter assez cher. Souvent les mères, pai'ce qu'elles ne peuvent acheter un de ces appareils, se désolent et ne stérilisent pas le lait destiné à leurs enfants. Elles ont tort ! Sans doute il arrivera un moment où on ne vendra plus d'autre lait, même pourlesjjesoins journaliers, que du lait pasteurisé ou stérilisé; en attendant, l'ingéniosité des mères doit chercher à suppléer aux ustensiles qui leur manquent.
Voi(M un appareil de Gentil, en voici un autre de Budin. en quoi consistent-ils surtout? En une sorte de marmite dans laquelle se trouvent des flacons de verre recouverts légèrement d'une capsule ou d'un obturateur de caoutchouc : on met le lait dans les flacons à peu près jusqu'aux '2 0 de la hauteiir. on les place dans
la marmite qu'on remplit d'eau salée* et l'on fait bouillir durant trente à quarante minutes au bainmarie. Voyons s'il ne nous sera pas facile d'obtenir à peu de frais un résultat analogue.
Des marmites, nous en avons toutes; des flacons de verre à peu près analogues à ceux de Budin et Gentil aussi : il suffit de prendre des flacons pour médicaments, ou même dacheter des flacons de Budin et de Gentil qui coûtent 0 fr. 10 la pièce ; restent les obturateurs : ceux de Gentil sont mal commodes, ceux de Budin vous semblent trop chers ; couvrez donc durant l'ébullition vos flacons d'un flocon de coton hydrophile sur lequel vous poserez légèrement le bouchon destiné à fermer le flacon. Lorsque rébullition sera terminée, vous enfoncerez le bouchon tout en laissant la mince couche de coton qui débordera tout autour et empêchera l'intrusion de germes quelconques. Les flacons pourraient ainsi se conserver même plusieurs jours sans que le lait aigrisse, mais on doit, lorsqu'on les destine à un enfant, les préparer chaque matin. Quand on veut donnei* le biberon à l'enfant on fait chauffer un flacon au bain-marie. Un flacon ne pourra jamais servir que i)Our une seule tétée; en effet, dès qu'il est débouché il aigrit rai)idement. Prépai/ez donc des flacons qui contiennent à peu près une ration; le lait ainsi stérilisé est digestible même pour les enfants nouveau-nés sans qu'on Fait additionné ni d'eau bouillie ni de sucre ^.
APl'AUElL COMPLET DE BUDIN
1. En salant l'eau de la marmite, on élève son point d'ébullition. .2. Ce lait est aussi excellent pour les malades, les convalescent
La noui-riluro oxclusivo do reMil'aiil (\c un joui* à six mois 00 sora doiio du la il : lait i\c la mèro, lorsqu'ollo on a surfisaïunionl ol poni s"()ccii|)or ooiilimiolioni(Mit (io son onfant : lail (\r la niôro ol lail slôrilisi'* loi'squo la nioi'o osl li*0|) l'aiblo on qn'à oorlains monionts ollo se ti'onvo dans l'ohligal ion i\r laissoi* son ])onpon ; c'est ce qu'on appelle de IViUaiternent mixte. A\Wi[emeni qui ne présontoi'a aucun inconvénient si le lait (lonné est de boiuK^ qualité, et si on le donne dans de bonnes conditions de stérilisation et de pi"oi)reté.
„ Dès qu'un l)iberon est vidé, noltovez-le
Dgs
et mettez-le à trempei* dans de l'eau bien biberons. . , . . . -.
propre contenant quelques cristaux de
carbonate de soude ; faites de mémo pour tous les ustensiles qui toucheront le lait et ne craignez jamais d'être trop méticuleuses. Si vous saviez quelles conséquences funestes peut enti'aîner un biberon préparé avec négligence! Vous éviterez, en étant bien soigneuses, plus d'une maladie à vos petits frères, muguet, entérite, convulsions, etc., et de plus, vous en ferez de robustes gaillards pour Tavonir.
Il ne faut que du lait à l'enfant, voilà qui est bien entendu ; ce lait doit être très bien préparé ; voyons maintenant à quels moments nous devons le donner au jeune nouiM'isson.
Bien des mères s'imaginent, dès qu'un
, ^,,, bébé crie, qu'il faut lui donner le sein; il
des tetees. } .... ...... i
y en a qui nuit et jour lont teter leur
enfant : c'est une grave erreur. Parfois l'enfant crie simplement pour développer ses poumons, mais en supposant mémo qu'il crie parce qu'il a mal à l'estomac, le faire téter à tort et à travers aggrave son mal, puisqu'il se double d'une indigestion. Souvent j'ai vu des
I6() LE FOYKH DOMESTIOUE.
Olifants qui rejetaient le lait (ce qu"on appelle rc(jur(jitatlon) en criant; et les mères, devant cette marque infaillible d'un trop-plein véritable, donnant encor(% donnant toujours le sein! Si une puce ou une épingle génerenfant, à quoi peut cependant lui servir un l'epas supplémentaii-e ?
L'estomac de l'enfant est comparal^le au nôtre ; il a besoin d'un intervalle, d'un ]'e})os entre deux repas consécutifs. Quelles sont les familles qui se })ortent le mieux? celles où l'on mange à des heures régulières et dans des proportions normales, ou celles qui dînent et cpii déjeunent à des heures quelconques, mangeant beaucoup aujourd'hui et jeûnant demain? ^'()ns ni(^ répondrez toutes : ce sont h^s familles bien disciplinées cpii jouissent d'une santé meilleure. De même les jeunes enfants qui sont réglés par leur mère n'aurontils ni les embar-ras gasti'iques, ni les malaises de toutes soi'tes cpii caractérisent ceux élevés à la diable, d'après des inspirations peu rationnelles. Un nouveauné doit en l'ègle générale icter toutes les deux heures^ cependant, lors(pie l'on se trouve en i)résence d'enfants très chétifs, on ()eiit l'npprocher les tétéc^s et hnw donner le sein toutes les heures (^t demie.
Donc, le jour, de 1 mois à ô mois une tét(''e tontes les deux heures ;
de 5 mois à i\ mois, mu^ tétée toutes les denx heures et demie ;
de () mois à 1 nn nnc t(''t(''e on une sonpe tontes les o heures.
La nuit : jusqu'à o mois, deux tétées ;
de 7) mois à 0 mois, une tétée ;
a})rès () mois le bébé sevré de nuit (toi'mira et laissera dormir sa nourrice.
SOINS AUX T(nT PETITS. 1(')7
Vcis làge de <» mois les quatre incisives iiioyciiiies apparaissent, c'est à re iiioniont-là qu'on p<Mit remplacer Tune des tétées par imc prlilc soupe: peu à jjeu en se l'approchant des douze mois, on ajoute une autre -()U|)e; puis une autre et on sèvre ainsi l'enrant sans (piil s'en apeiroivc.
D'ailleurs si à ITioe de douze mois l'enfant j)eut être ^('\ !'(''. cela ne \-r\\\ pas dire r[u'il ne doive ]>lus jjoire de l;iil ; peii(l;iiii loiig-lenips eiicor-e le lait sera la jjase de son alimentation : en effet sevré ne veut pas dire ne l)uvant plus de lait, mais seulement ne tétant plus sa mère. 11 e^t é\i(lent (]uil faut agir avec prudence lors- (jn'on comjnence à donner de petites soupes à l'enfant: il faut à la moindre apparition de diarrhée supprimer les soupes et appuyer davantage sur les tétées et cela jusqu'au moment où tout est rentré dans l'ordre. De même aussi ne faut-il pas sevrer l'enfant immédiatement avant l'apparition d'un groupe dentaire.
L'indice le jjIus sûr jjoui* la mère sérieuse ce sont les (jardc^i'fjbes de l'eid'ant. L'alimentation de l'enfant estelle bien comprise, et l'appareil digestif fonctionne-t-il bien, ses selles sont jaunes, lisses, assez consistantes; sont-elles au contraire grumeleuses, verdàtres, tirant de longs fds glaireux, c'est que l'intestin de l'enfant est malade et alors il faut remonter à la cause de la maladie et changer l'alimentation s'il y a lieu : l'enfant estil exclusivement nourri au sein, le mettre à la diète en lui faisant seulement boire de l'eau bouillie ; est-il élevé par l'allaitement nnxte, supprimer le biberon ; mange-t-il des soupes, les su})})rimer et les remj)lacer pai- du lait jusqu'à ce rjue tout soit de nouveau bien.
^^,.,.,, La loi (Mil préside a 1 alimentation de
Utilité ,....•., , , . , . ,. .
, , ^ , 1 enlaui e e>l la rcquUintc. et 1 ustensile
de la balance. , , , . " . . " ,
le plus nécessaire pour constater son de-
veloppeuKMit. c'est la hnln/if» .
l()8 LE FOYER DOMESTIQUE.
Presque tons les pharmaciens ont maintenant des pèse-bé])és ; il suffit de leur ap])orter lenlant tous les huit jours pour se rendi'e rom])te des iji-oi^rès réalisés, à condition bien entendu que la pesée soit bien Taite. Pour cela on pèse d'abord Tentant avec ses vêtements, puis on le change et on pèse tous les vétemenis (pii le recouvraient, la dilTéi'ence donne le poids m^l.
Le poids de renl'anl — le /).'jfils (Irx rcfcHiciifx r^ le j)oi(ls réel de l'eid'aid.
L'n (Md'ant l)i(Mi nouri'i <ioil aui>ni(Milej* de [)()ids Ions les jours.
Danslel'
' inoi ■.
dor»'ià 4.")i>i'.
pn r j on r — ^2");) à .") 1 o gr.
, j^ar^onininc
— let>-
(Ic."()'l/.()t>l'.
-- r-^IOà^35£^r.
— ier.'^
(le'2r)à.')0gr.
— :::=i75à^lO<^r.
(lei>r)iir. ^
- ^^210 op.
Nous avons \\\ (Mie reslomac de
Les soupes. ,. , ,, , , , , • ', - i r i i
I adulle réclame de la \ariele. I(^ lad est
exacl aussi j)()ur l'eslomac des bébés. Les léi>(M's
j)olages (piils peuveid j)rendre ne sei'onl donc pas lou-
joui's conq)osés de manière id(Mili(pie, on changera la
farine qui eidre dans leur com])osil ion. On ])eut, i)ar
exemi)le, leur donn(M* d(^s soujjes au tapioca, ou à la
farine de froment * : s'ils sont constij)és. renq)iacer le
ta[)ioca par la farine Poupon - ou une faiine d'avoine
bien préparée (^t. au contraii'(\ lorscpiils ont un i)eu de
diarrhée leur donner un ])olage à la crème de riz. ('elle
oljservation est surtout importante j)Our l'enfant
sevi'é. cai'. je le répète, loi'sque le tube digestif du tout
j)etit est iiialade on le soigne par la dièb* el l'eau
bouillie.
1. Bien (les mères se désoleiil pcirce((ii(' l(s liuiiies poiii- les eDlaiils que vendent les phurmaclens coûtent très cher; chacune d'elles peut préparer une excellente farine alimentaire, simplement en stérilisant, cest-à-dire en faisant chauffer au four de la honnefai-ine de froment: tous les houlanijeis rendront avec plaisir ce lé'<ier service.
"2. Se trou\ e chez Roudel. fahricant de produits j)haini.'iceiili(jncs, à Bordeaux.
SOÏN^ -T....- . LT PETITS. 160
Pour préparer ces différentes sou|>es on prend une
petite casserole en porcelaine à feu ou en nickel, on y
^f^rse le lait que Ton sucre et que Ton fait bouillir, ridant ce temps on délaie une cuillerée d'une de ces
larines avec du lait froid, et lorsque le
lait bout on y verse ce mélange en
tournant rapidement pour éviter les
grumeaux : laisser cuire doucement 15
à 20 minutes: car en
L'^nérsl j'ai remarié que les enfant-
préfèrent une. soupe
ayant bouilli longtemps et sous d'au
très rapports cela
vaut mieux aussi. casserole en p rcelalve
Tout ce qui concerne l'alimentation de l'enfant a une importance extrême, non seulement pour le moment
tuel. mais pour l'avenir; en lui faisant un bon estomac capable de bien remplir ses fonctions vous jetez les bases solides sur lesquelles s'élèvera un homme robuste. Même moralement un homme qui digère bien est supérieur à un individu qui diçr^^re mal î
Résume.
Il ne faut que du lait au nourrisson : le meilleur lait est celui de sa mère. — On peut cependant au besoin y suppléer par des biberons de lait slériUsé. — Il n'est pas besoin d'appareils spéciaux pour les préparer : la condition principale (le leur préparation, c'est une propreté méticuleuse. Il faut réglementer très exactement la nutrition de l'enfant et le sevrer doucement aux environs d'un an en substituant lieu à peu les soupes aux tétées. — Xe pas négliger d'inspecter les selles de l'enfant et se rendre compte, en le ]»esanl régalièrement tous les huit joui*s, s'il augmente d'une façon rationnelle.
DIX-NEUVIÈME LEÇON PRATIQUE Slérilisation du loi t. — Pré p'i rot ion des petites iKiuUfies.
17(1 LE FOYER DUMEr^TlOLE-