L ENFANT D UN AN
SOMMAIRE. — PiiY^ioLOGii: dk l'knfant. — Les poumons. — Les oreilles, les yeux, la ijeau. — Les bains. — La tèle <le l'enfant. — La promenade. — La voilure d'enfant. — La marche. — Le sommeil. — L'enfant d un an. — Règles de vie. — Développement moral de l'enfant.
, . , . Je VOUS ai dit quo lo nouvoau-iK» est a
Physiologie . -i ^ l i • i .
peine une ébauche, et eonihien eela est de reniant. ... ^ ...
vrai ! >e.s o.s sont mous, .<on crœnc n est
pas solidifié (vous savez toutes ce (jnOii .ippelle les fontanelles), il Ci^t sourd et aveurjlel
Les /jountons qui ne sont pas encore habitués à fonetionner ont besoin de sélargir, de se dilater complètement : de là ses cris qui ne sont pas toujours des cris de douleur mais ce qu'on pourrait appeler des cris de développement, des cris nécessaires : sa peau elleméiue ne fonctionne pas comme elle fonctionnera plus tard et à cause de cela il est incapable de réagir rapidement contre les impressions de chaud et de froid. En voyant à quel être incomplet vous avez à faire vous vous rendez compte, nest-il pas vrai? des précautions lentes et douces qui lui son! iudisjx'iisables : il i'aut lui éviter toutes les transitions brusques, les chocs, les bruits stridents. Nous disons qu'il est mauvais de le bercer, à plus forte raison est-il mauvais de le secouer sous le prétexte de l'amuser ou de calmer ses cris.
Dans les i)reniiors jours (jiii siiiv(Mit la nnis^jincc, ce qu'il lui faut avant tout c'est du câline ; (juil tette, (|u'on le soii^ne et qu'il doj-nie; voici l(*s h'ois rxcupations qui doivent reniplii' la vie du nouveau-né.
J'ai dit qu'il était aveugle et sourd, c'est là luie exagération l'aile à dessein: la vérité, c'est qu'il ne distingue l'ien encoi-e, mais le fond de son œil est impressionné ])ai' la lumière; il ne se rend pas compte des bruits qui r(Mivironnent, mais le tapage, les portes fi'appées viol(Mnment ébranlent son cerveau. Agissons donc lentement, progressivement, avec ces organes rudimentaires.
Sans doute nous mettrons le berceau dans une chambre bien éclairée, ensoleillée même, mais nous protégerons les faibles regards du nouveau-né au moyen des rideaux qui entourent sa coucliette, afin que la trop vive lumière ne les fatigue pas. Aux attentions délicates il faut joindre des soins intelligents : se rendre bien compte de l'état des yeux, les laver tous les jours, avec un tampon de coton hydrophile trempé dans de l'eau boriquée tiède; et si la moindre rougeur-, le moindre écoulement se produit, en aviser immédiatement le médecin, car F ophtalmie purulente guette les pauvres petits et l'on ne saurait croire combien d'enfants perdent la vue pour avoir été négligés, or, connaissez-vous une condition plus malheureuse que celle d'aveugle? De même pour les oreilles, voyez bien si elles ne coulent pas, si les petits bonnets ou les oreillers ne sont pas tachés; un petit ^enfant qui devient sourd, devient sourd-muet.
Je vous disais que la peau de l'enfant ne fonctionne pas encore normalement, c'est là une des raisons qui nous obligent à éviter les brusques changements de température au nouveau-né; de plus, comme sa surface de refroidissement est proportionnellement bien plus grande que celle d'un adulte et qu'il ne peut encore
172 LE FOYER DOMESTIOUE.
faire de mouvements il faut le tenir ehaudement: on a vu des enfants mourir de froid : leur^ jambes durcissent et se raidissent le premici* jour, le lendemain c'est le ventre: puis ce sont les ln'as: enfin le troisième jour les muscles des joues sont ])1ms, Icnfanl ne peut plus téler (sclérème). Couvi*ez donc suffisamment les bébés dans les premiers temps qui suivent la naissance: et pendant tout l'hiver, si l'enfant est né en automne, placez des bouillottes d'eau chaude dans la bercelonnette: mais ai^'issez avec pi-udence. ne i*ajjprochez pas trop ces bouillottes des incnd)j-es délicats du jjelit être, vous pourriez le brûler, le mieux cesl de les mettre entre les deux paillasses. C'est pour cette raison aussi, et pour d'autres encore qu'il faut changer les enfants lorsqu'ils se sont mouillés. Vous savez par pi'opre expérience combien il est désagréable d'avoir du linge mouillé sur la peau et quel i*efroidissemeid énorme il en résulte ; bien souvent les cris de Teidant n'ont pas d'autre raison: dès qu'il est bien séché, il se lait. D'ailleurs la peau de l'enfant csl si fine que le contact des langes mouillés suffit à l'irriter; j)arfois même à j)rovoquer de véritables plaies appelées eacarre^^. il IhuI donc la soigner beaucoup. Après chaque excrétion il faut laver à l'eau tiède les parties qui ont été mouillées puis les saupoudrer avec de la poudre de talc ou de la poudre d'amidon : ne jamais employer un lange qui ait (^iéjà s(M*vi sîins l'îixoii' \\\\ j)i-é;dnble j>assé à l'eau chaude.
. Pour la toilette de 1 enlnnt. le nioven
Les bains. , , ^ . i i • i • i >
le plus sur et le ]>lus raj)Hle consiste a
lui donner un bain. Pendant qu'il s'agite tout heureux
et tout aise, on lui lave rapidement la tête, la figure,
tous les plis cutanés du corps; mais là encore il faut
prendre bien garde à ne pas le refroidir; ne le laisser
que trois ou quatre minutes dans son bain: en hiver,
ne le baigner que dans une chambre chaude et en
tout temps lo sécher dans des langes ou dans un peignoir chaulTé.
Je viens de vous dire qu'il faut laver la tête du nourrisson, et cela peut vous étonner. N'avez-vous pas entendu des leinmes ayant eu trois, quatre enfants ou davantage vous atïirnier (pie les croûtes sont la santé des enlants? Avez-vous cru ce que disaient ces commères? Je i)ense que non! Les croûtes qu'on voit sur la tête des enfants sont des indices de mali)ropreté; voilà tout. Vous en auriez sans doute de semblables sur la figure si vous ne vous laviez pas; elles prouvent simplement que l'on a devant soi des enfants mal tenus, et les on-dit des mères de famille ne sont que de mauvaises excuses inventées pour cacher une négligence blâmable. N'ai-je pas entendu un jour une femme qui soutenait fort et ferme que si sa petite fille avait des poux, c'est parce que la glande des poux s"était ouverte sur sa tète! que c'est de là qu'ils sortaient! Après une affirmation pareille on peut s'attendre à tout.
L'enfant tout entier doit être lavé proprement et je ne saurais trop répéter que sa santé dépend de trois facteurs principaux : une bonne alinientcdion^ beaucoup d'air et de luinière. une parfaite propreté.
Dans les premiers jours qui suivent la
naissance, l'enfant, à moins qu'il ne fasse promenade. . , , , ,. ,1- .
très chaud, ne sortira pas de 1 appartement; au bout de huit ou dix jours cependant et au moment le plus chaud de la journée, il doit prendre l'air pendant quelques instants; ce temps de la promenade devra s'étendre de plus en plus, car l'idéal, ce serait de voir toujours les enfants au grand air. Ainsi les crèches et toutes les créations hospitalières faites pour les enfants devraient diriger leur installation de telle manière que les enfants pussent en quelque sorte
rivre au grand air. et plus le nombre des enfants réunis devient important, plus cela devient une nécessité véritable.
Dans les premiers temps il est bon de porter l'enfant sur les bras parce que, la chaleur de la mère entretient sa propre chaleur: mais au bout de quelque temps, lorsque l'enfant devient lourd, il est mieux dans une