DEUXIEME LEÇON PRATIQUE
Préparation des condiments gras : graisse de porc, graisse de friture, beurre fondu.
OrALITÉ>i FONDAMENTALES DE LA MÉNAGÈRE. 1*.'
TKOISIKME LEÇON
1" DE L ORDRE xMATÉRIEL (Suite) l'ordre dans la dépense — LE BUDGET
Sommaire. — L'ordre dans la dépense de l'argent : le budget. — L'épargne et l'économie. — Etablissement de quelques budgets. — Part de la charité. — Le vieux pauvre (J. Aicard).
Nous avons parlé dans notre dernièi^e leçon des deux premiers points qui font l'ordre matériel : une place à chaque chose, chaque chose en son temps, il nous reste à parler du troisième et ce n'est pas le moins délicat : V ordre dans la dépense.
De Vordre
dans
la dépense
de Vargent
Le budget.
Je vous ai interrogées les unes et les autres pour savoir quelles sont, dans des familles connues de vous et vivant actuellement, les ressources et les charges. Voici les réponses que j'ai obtenues.
Le père gagne
e o Ir.
par jour,
la mère
1 fr.50,
u y a 5 enfant».
la fille 2 fr.
5 enfants.
l'enfant 1 fr.
5 enfants.
100 fr.
par mois,
Je ne m'arrêterai pas au couple qui gagne en tout
2 francs par jour, c'est l'exception, de môme que celui qui gagne 12 francs par jour. En somme les chiffres qui sont revenus le plus souvent sont ^ ou
3 fr. 33 par jour, 5 francs et 7 francs par jour. C'est pour ces gains-là que nous tâcherons d'établir des budgets.
Naturellement ces budgets varieront suivant les ménages : lorsque la femme reste à la maison, elle économise par sa seule présence des frais de toutes sortes; lorsqu'elle sort et qu'elle gagne de l'argent, une partie de son gain compense le déficit apporté par son absence : tout n'est pas bénéfice dans le travail de la femme et ce serait une erreur de s'imaginer que l'humble ménagère qui reste chez elle et s'occupe sérieusement de son intérieur et de ses enfants ne fait pas œuvre utile, ne participe pas pour sa part et dans une large mesure au bien-être des siens. Encore faut-il pour cela que la besogne du mari soit assez lucrative et je ne crains pas de dire (jue si le mari ai*i*ive seulement à gagner 3 francs })ar joui', la Icninie doit s'ingénier de son mieux i)Our arrondir la somme |)ar un travail quelconque.
, , Même en supposant que les efforts du
L'épargne , • i i i /.
^ mail ou que ceux du mari et de la femme
et
arrivent à donner un revenu de 5 francs
réconomie. . i, i i .,
par jour, songez quelle somme de travail
il a fallu pour atteindre à ce chiffre et combien par
conséquent la femme qui gaspille cet argent, péni-
lilement gagné par un rude travail de 10 heures, est
blâmable. Combien celles surtout qui n'ont d'autre
occupation que de garder le foyer et de l'entretenir en
bon état sont peu honnêtes, si elles ne cherchent pas à
employer le mieux possible le gain du mari.
Ce gain doit servir à payer le loyer, le chauffage, l'éclairage, la nourriture et les vêtements pour le mari, pour les enfants. Mais la femme la plus ordonnée, la meilleure ménagère ne mériterait plus cette qualification si elle ne sacrifiait à l'autel de Vimprévu. 11 peut arriver une maladie, un chômage, un incendie, tel accident qui réduit à néant les prévisions les mieux établies; il faut donc prendre la précaution de compter avec l'imprévu. Si rien ne survient, ce sera là la première épargne sans laquelle nulle famille, pauvre ou riche, ne saurait prospérer. Et quand bien même le revenu ne serait que de 5 fr. 55 par jour il faudrait encore s'obliger à cette épargne, indispensable à qui veut faire honneur à ses affaires.
Pour les risques que nous fait courir le feu il y a les assurances, 2 francs par exemple seront consacrés chaque année à prendre cette garantie contre les incendies. Dans certains pays il existe aussi des sortes de sociétés de prévoyance pour pallier aux chômages qu'entraîne la maladie, ces associations mutuelles soutenues par le patron et par l'ouvrier sont très bien comprises, en France elles ne fonctionnent pas encore partout et surtout elles ne sont pas obligatoires, c'est donc la prévoyance de la ménagère qui devra réunir peu à peu une petite somme, qui, déposée à la Caisse d'Épargne, ou transformée en un titre de rente, pourra, aux jours mauvais, être d'un secours inappréciable ; à moins, ce qui vaut mieux, qu'elle n'obtienne que son mari fasse partie d'une de ces associations.
^ ,,. Voyons maintenant comment on pour-
^ , rait établir les budgets avec un revenu
ment de . ,no r. /. rrr. •
- de ^ = o Ir. 5o par lour, avec un revenu
quelques , ^ . , , n p
, , . de 5 francs et avec un revenu de 7 francs
budgets. .
[)ar jour de ti*avail.