II. Le restaurant
Cette oeuvre est née presqu'en même temps que la précédente. Dès l'origine, en effet, le Foyer voulut attirer à lui les travailleuses que l'éloignement de leur famille obligent de dîner en ville; dîner froid très souvent, pris à la course à l'atelier; ou dîner mieux préparé, mais coûteux ou même dangereux, à cause de la promiscuité inévitable des salles à manger publiques. Le dîner chaud, à prix modique, serait servi par lui dans le réfectoire de sa maison de pension. Le nombre des pensionnaires de table, c'est-àdire qui venaient seulement pour le repas du midi, ou pour les trois repas, mais sans prendre la chambre, augmenta d'année en année. En 1909, à l'époque du premier déménagement, il dépassait cent, de midi à deux heures. Aujourd'hui, au moment où un autre déménagement va s'ef-
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fectuer il dépasse deux cents pour le même repas. Les habituées de ces restaurants se déclarent satisfaites, heureuses : elles dînent ensemble, causent, se rencontrent et se lient d'amitié; elles n'ont pas à payer cher; le repas qu'on leur sert est abondant et bien préparé; une salle d'attente leur permet de se reposer avant ou après le repas.