‹ "Le foyer" et ses œuvresChapitre 7 sur 21 · III. La revue · texte numérisé non relu

III. La revue

A l'oeuvre qui venait d'être organisée il fallait un organe de publicité. Elle l'eut presque immédiatement. Quatre mois, en effet, après la fondation du Foyer, la revue, qui allait le faire connaître et grouper, en les unissant plus étroitement, les éléments qui le composaient, était fondée. "Elle ira trouver les gens chez eux", dit de la revue naissante un document que j'ai sous les yeux, "les mettra en rapport malgré eux, les renseignera sur toutes choses utiles. "Amie de la maison, venue de près ou de loin, marchant "vite, l'esprit chargé de souvenirs et de pensées, elle sera "une admirable et véritable école". Et ailleurs; "Elle doit "devenir pour toutes celles qui savent écrire, ou qui veulent "apprendre à écrire, le sanctuaire où elles feront chanter "leur âme, le cadre où elles enfermeront leurs gracieux tableaux, la chaire d'où elles donneront leurs leçons".

Présomption ridicule? Peut-être. Mais à l'aurore des enl reprises, alors que tout sourit aux premiers efforts et fait escompter l'avenir, la présomption est bien excusable. N'est-elle pas légitime et naturelle? La revue parut donc. Elle publia son premier numéro au ier juillet 1903. Elle eut le nom même qui devait devenir celui de l'oeuvre, avec, en sous-titre, ces mots; Bulletin mensuel de l'Assistance Chrétienne. Plus tard, le sous-titre devint : Bulletin mensuel des Intérêts féminins. Pour justifier le nom adopté, la rédaction écrivait : "A toutes celles qui n'ont plus de foyer, "il voudrait faire retrouver de temps en temps les heures "trop tôt écoulées de la vie de famille. A toutes celles qui, "par la bonté de Dieu, sont encore chez elles, auprès de leurs "parents, de leurs frères et soeurs, il voudrait fournir les "moyens d'utiliser cette existence tranquille et sure. A

"toutes celles qui veulent le règne de Jésus-Christ, la sanctification des âmes, le relèvement du travail, la protection de "l'ouvrière et radoucissement de ses peines, il apporte une "force et un secours. Par lui, espérons-le, l'oeuvre qui nous "est déjà bien chère continuera de prospérer. Semence obs- "cure aujourd'hui elle sera demain l'arbre à l'ombre épaisse "où nous viendrons ensemble chercher repos et protection."

Programme magnifique mais lourd et difficile ! On se mit joyeux toutefois à la tâche. Voici le premier numéro: 16 pages, pas de couverture, pas de gravure, un seul article original. Au deuxième numéro, il y a une collaboratrice : Maria-Régina a composé pour la Vierge Marie, des vers pieux et charmants. Elle ouvre la voie, d'autre vont y entrer, voilées la plupart sous des pseudonymes où se tranquîlise leur humilité. Puis viendront sous les rubriques: reseignemefits, calendrier, éphémérides, choses utiles, tout ce qui intéressera plus directement nos abonnées.

La revue a alors une jolie couverture: dessins de Delfausse, de Bisson, de Lagacé; elle publie de la musique, des gravures, des articles d'histoire et de littérature, des jeux d'esprit. Elle cause philosophie, économie politique, liturgie; elle renseigne, instruit, égaie, fait du bien. Elle a douze pages de couleur, pour y loger les annonces et les détails concernant l'oeuvre, vingt pages de texte; elle va partout, à Montréal, au Canada, aux Etats-Unis, en Europe, entretenir le feu sacré du 2:èle chrétien et du dévouement géné-

reux.

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