MADAMZ LA MA&QUISE DE ***À H. LI CH^ITALIER DE
(( Quejesnisheureuse, mon cousin, des événemens qui ramènent sur le trône nos illustres princes ! Quel bonheur ! Vous n'avez pas d'idée du crédit que les événemens et votre séjour à
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Paris me donnent ici. Le préfet a penr de moi ; et sa femme , qui ne m'e saluait jamais , m'a priée deux fois à dîner.
j» Mab il ne faut pas perdre de tems , et nous comptons sur vous. Croiriez-yous que mon mari n^a pas encore £adt la moindre démarche pour se faire réintégrer dans sa place , sous prétexte qu'elle n'existe plus, et que sa charge lui a été remboursée en assignats ? C'est l'homme le plus apathique qu'il y ait en France.
» Mon beau-frère a pris la croix de Saint-* Louis; ii ne lui manquait plus que neuf ans pour l'avoir lorsque la révolution a éclaté : il ne ser rait pas juste qu'on refusât de compter au nombre de ses services les vingt ans de troubles et de malheurs qu'il a passés dans ses terres ; il compte sur vous pour lui faire expédier promptement son brevet.
» Je joins à ma lettre un mémoire en faveur de S. F*** , mpnfils aine ; il avait droit à la sur* vivance de son oncle ; il vous sera facile de la lui faire obtenir. Je désirerais que son frère le chevalier entrât dans la marine , mais avec un grade digne de son nom et des anciens services de sa famille. Quant à mon petit fils G***, il est d'âge
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à entrer dans les pages , et vous n^auriez qu^un mot à dire pour qu^il soit placé.
» Nous partirons pour Paris dans les premiers jours du mois prochain , et j'emmènerai ma fille avec moi. J'ai le désir de la placer à la cour : c^est une faveur qu'on ne refusera pas à yos sollicitations 9 si vous y mettez un peu de suite et de bonne volonté.
» Pensez au pauvre F*** : à la vérité il a marqué dans le tems de la révolution ; mais je vous avoue que depuis un mois il en est bien revenu. Vous savez qu'il n'a rien , et qu'il est prêt à tout sacrifier pour nos maîtres : son dévouement le porte à les servir dans une place de préfet; il est très- capable de la remplir. Vous vous rappelez la jolie chanson qu'il a faite pour moi.
» M. de 6*^^, fils de l'ancien intendant de la province , ira vous voir ; faites en sorte de lui être utile : c'est un ami de la famille. Si Ton ne rétablit pas les intendances , il se contenterait d'une place de receveur-général ; c'est bien le moins que l'on puisse faire pour un homme dévoué à son prince , et qui a été enfermé six mois pendant la terreur.
» Je ne veux pas oublier de vous reconn&ander B***. On lui reproche d^avoir servi tous les partis, parce qu'il a été employé par tous les gouvernemens qui se sont succédé en France depuis vingt ans ; mais c'est un brave garçon , vous pouvez m'en croire ; il est le premier ici qui ait arboré la cocarde blanche. D'ailleurs , il ne demande qu'à être conservé dans sa place de directeur des postes : ayez soin de m'écrire sous son couvert.
» Je vous adresse ci-joint les papiers de mon beau-père : il lui était dû par les états de Languedoc une somme de quarante -cinq mille francs qui ne lui a jamais été payée ; j'espère qu'onne vous en fera pas attendre le remboursement, et que vous ne refuserez pas de faire usage de ces fonds si vous éprouvez un moment de gêne ; ce qui n'est guère probabbe dans la position où vous devez être.
» Adieu, mon cher cousin, je vous embrasse pour toute la £amille , en attendant le plaisir de vous v^nir voir bientât à Paris. »
J. de V***.
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