‹ Le franc-parleurChapitre 22 sur 38 · NUIT DE PAR · texte numérisé non relu

NUIT DE PAR

core ouverte : assis sur un sac d^avoine , celui* ci écouta la plainte , évalua le dommage et les intérêts , prononça très-sagement sur les in-demnités auxquelles les plaignans avaient droit , et se fit allouer un poisson d'eau-de-vie pour les frais d'arbitrage. Fort bien jugé , me disaisje à moi-même , en continuant ma promenade ; si cette affaire de foin eût été portée devant un tribunal , les procureurs et les huissiers en an-* raient mangé bien des bottes.

Au détour de la rue de T Arbre-Sec , à quel-» ques pas de la fontaine , je vis une patrouille qui réveillait un homme étendu sous une porte cochère , oà il était établi de manière à faire croire qu'il avait ThabituSe d'un pareil domicile. Celui-ci trouva très- mauvais qu'on troublât son sommeil ; on lui demanda son nom :

« Je m'appelle la Rifiardière , répondit-il avec fierté en se mettant sur son séant ; je suis artiste , et , qui plus est , poète ; je loge ici , parce que cela me convient , et qu'il n'y a point de loi qui défende à un citoyen de coucher dans la rue ; or donc , et en vertu de l'article 5 de l'acte additionnel , qui garantit à tout Français sa li^ berté individuelle , j'sû le droit de continuer

Page 1