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vait comme débiteur envers lui du double de cette somme. Dans un moment de gêne du trésor public, il accommoda cette afïaire au moyen d'un prêt de quelques millions qu'il fit au gouvernement , et pour la garantie desquels il yyu* lut bien se contenter de quelques milliers d'ap* pens de^ bois qu'il reyendit avec bénéfice. J'i* gnore le chemin qu'il a lait depuis ; mais on peut en juger par ses premiers pas.
. M Tant de routes mènent à la richesse , qu^on peut supposer qu'un aveugle même y arrive ; aussi la fortune de Gerneyal m'étonne-t-elle beaucoup moins que celle de cq Favigny , qui s'enorgueillit si plaisamment des honneurs auxquels il est par- Venu , en exploitant une branche d'industrie qui s'est singulièrement perfectionnée de nos jours sous le nom d'intrigue littéraire : c'est elk qui fait les réputations , distribue les places et as- ^gne les rangs ^ On ne pense plus à produire , on pense à se faire pr éner ; on ne cherche plus à se faire des titres , mais à se procurer des snf^ frages ; on mendie , on achète des élcfgeâ dans les journaux : d'une chute on y fait un succès y d'un succès un triomphe s un onvrage croule-t-il sous les siOktSy le lendemain on journaliste
âmi , pour consoler Fauteur , lui cite l'exemple de Phèdre et du Misantrope On se présente à TAcadëmie avec un vaudeville , un feuilleton ou un discours; on élabore pendant vingt-quatre heures une brochure de circonstance où des feuilles vénales découvrent le germé d'un grand talent ; les réputations se font par entreprise : c'est ainsi que Favigny a obtenu la sienne. Si, du moins , cet homme eût imité de Conrad le silence prudent , on pourrait lui supposer un mérite modeste qui ne s'est point encore trahi ^ mais on a lu sa prose , mais on a entendu ses vers , et l'on est en droit de se demander par quel49iiracle d'intrigue, en partant de si bas y on parvient àVélevet si haut at^ec des ailes attachées à rebours ?
» L'intrigue , à la cour , est datls son élément naturel ; mais comme on réussit difficilement sous un nom vulgaire , elle s'y fait appeler l'ambition. La foule des intrigans de cotir est si nombreuse , qu'elle ressemble à une atmée où les soldats sont si pressée qu'ils n'ont pas l'espace nécessaire pour manier leurs armes. On y dis-* tingue cependant, depuis une cinquantaine d^années , l'imperturbable d'Azeroles. En vain les
révolations se sont succédé ; en vain le palais a changé de maître ; il est constamment resté
fidèle aux Tuileries : toujours à son poste ,
répée au càté , Tœil au guet , Toreille aux écou* tes , personne n'entre qu'il ne le suive , personne ne sort qu'il ne le pousse. Il a toujours 5a poche pleine de chausse-trapes qu'il sème s^jcie chemin de ses rivaux , chez lesquels il a grand soin de se Caire écrire quand il les a blessés. Il y a des paris ouverts que d'AzeroIes mourra en montant ou en descendant le grand escalier.
M Les intrigans politiques sont de création moderne ; ils ont pris naissance avec le gouvernement représentatif , dont la lumière vivifiante, comme celle du soleil, fait malheureusement éclore une foule d'insectes qui l'obscurcissent. J'ai assisté, depuis 1 789, à toutes les assemblées électorales de mon département, et je viens de participer Slvl% dernières élections du collège dont je suis membre. Quel foyer d'intrigues ! Que de lourdes menées ! Que de promesses sans garanties ! Que de mauvaise foi , de préjugés ou d'insouciance, dans l'exercice du plus importigtnt , du plus noble des droits de citoyen ! Une