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et opposant en vain une digue de fer an torrent de soldats que TËurope entière vomissait contre nous l De quelle nuit affreuse nous étions enveloppés ! L'inquiétude f l'effroi, la fureur du désespoir, se lisaient dans tous les yeux. Je dînais ce jour- là chez un membre du corps-législatif; il revenait des Tuileries , où il avait vu Napoléon, celui qui naguère remplissait le monde de l'éclat de sa gloire , de la teneur de son nom, qui disposait à son gré des trônes de l'Europe, et qui, chancelant alors sur le sien près de s'écrouler, repoussait avec orgueil l'appui qu'on lui présentait. Sa réponse aux députés fut le dernier soupir de sa puissance.
CLÉKORD.
Comparez maintenant à ce tableau celui que présente aujourd'hui la France pacifiée , respirant sous un roi dont la puissance est fondée sur l'amour des peuples , sur le respect des lois qu'ail »'est imposées lui-même , sur cette liberté politique, objet de tant de travaux, de tant de ^ sacrifices, et à laquelle la nation ne renoncera jamais. A quelle autre époque les Français ontils joui, dans une sécurité plus profonde, des
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biens, des souvenirs et des espérances qui leur sont les plus chers ? J'arrive du château : j'ai vu le roi au luiiieu des pairs du royaume , des députés des départemens , de cette foule de héros, représent ans de la gloire nationale; j'ai entendu les paroles de la bouche du monarque ; j'ai lu dans tous les yeux , dans tous les cœurs , et je suis sorti convaincu que la France ne séparait plus les mots de roi, de patrie et de liberté.
DUTERRIER.
Pour se faire une idée juste d'un tableau , il ne faut pas en oublier les ombres ; or , M. de Clénord ne nous parlé pas dexette nuée de courtisans de tout âge , de toutes dimensions , de toutes couleurs , dont plusieurs n'ont pas même pris la peine de changer la livrée vert et or qu'ils portaient l'année dernière ,. et qui ne se pressent autour du trône que pour en intercepter la lumière ; il ne dit rien de ces ennemis de l'Etat que révoltent les mots de charte constitutionnelle, et qui travaillent avec tant d'ardeur à la détruire ; de cette foule active de gens médiocres, sans autres titres que leur importunité , sans autre recommandation que leur impudence, qui se glissent dans tous les emplois, et se courbent
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de manière à passer sous toutes les portes ; de ces délateurs à gages que Ton paie à tant la calomnie , et de ces écrivains infâmes qui se vendent à tant la page.
FRÉMINVILLE
Tout cela est vrai , et tout cela n'empêche pas de remarquer quMI s'est fait dans notre situation et dans nos mœurs des changemens on ne peut plus heureux; le véritable thermomètre de la prospérité publique, c'est le luxe; or, jamais il n'y a eu tant de voitures , jamais on n^a donné tant de bals , jamais on n'a fait tant de visites et vendu tant de bonbons que cette année ; donc , comme disait dernièrement le Journal des Débais , jamais la France n'a été dans un état plus florissant.
GUILLAUME. '
SI quelques personnes ne se contentaient pas des preuves de mon cousin Fréminville, on pourrait ajouter que nos finances se rétablissent, que nos relations commerciales s'accroissent , que nos manufactures prospèrent, et, ce qui vaut mieux encore, que l'esprit public, sans lequel il n'y a ni patrie ni véritable grandeur , fait chaque jour d'incontestables progrès.
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CLÉNORD.
Le Franc-Parlèur ne dit rien des sciences et des lettres ?
GUILLAUME
C'est quMl n'y a malheureusement rien de beau à en dire, et que Tiniluence du nouvel ordre de choses ne s'y est pas encore fait sentir.
BUTERRIER.
Il est de fait qu'à l'exception de la Fie de Bossuet par M. de Beausset , on n'a publié aucun ouvragç remarquable dans aucun genre depuis la restauration.
CLEH^ORD.
On nous a donné la monnaie en brochures , en pamphlets, en libelles, en dissertations de toute espèce ; et , si l'on y regardait bien , on verrait que nos littérateurs , en dix mois , nous ont débité, par cahiers, plus de paradoxes, de vérités , de;, mensonges et d'esprit , qu'il n'en faudrait pour remplir cent volumes in-octavo.
GUILLAUME
Pour être juste , il faut ajouter que dans cette nuée de brochures, dont plusieurs resteront
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comme matériaux historiques , il en est une qui mérite d^étre classée parmi les meilleurs livres. Les réflexions politiques àt M. de Chateaubriand ont eu sur Topinion publique Tinfluence qu'obtiendront toujours la raison présentée avec élo-'* quence et la vérité dite avec courage.
BUTEHRIER.
La muse de la poésie n'a pas été mieux ins^ pirée que î^t% sœurs. Un seul poète, d'un nom plus fameux au champ de Mars que sur le Parnasse , vient de s'y présenter une épopée à la main ; il a chanté Chartemngne en vers de grand seigneur ; et si Ton remarque dans son poëme assez de beautés pour excuser l'éloge ridicule qu'on en eût fait autrefois , on n'y trouve pas assez de défauts pour justifier la satire bassement amère qu'on en a faite aujourd'hui ; mais la chute est à l'ordre du jour dans cette famille.
FRÉMIISVILLE.
Il y a eu des années beaucoup plus mauvaiies pour les théâtres. Aux Français , la tragédie à\Ulysse n'est pas un début sans gloire , et les États de Biais ne sont pas indignes de l'auteur des Templiers, Après cela je conviendrai , si l'on veut, que la comédie de Fouqnet est la plus