‹ Le franc-parleurChapitre 4 sur 38 · REVUE BE L*AN M. DCCC. XÏV · texte numérisé non relu

REVUE BE L*AN M. DCCC. XÏV

maayaise pièce en cinq actes qui ait été donnée sur aucun théâtre du monde.

L'Opéra nous a* donné , à quelques mois d'intervalle , deux ouvrages de circonstance bien opposés. L'un a été interrompu par le bruit du canon, et l'autre par le bruit de l'orchestre.

Je ne citerai à Feydeau que l'opéra de Joconde ; mais aussi vous avouerez que cette pièce est un des chefs-d'œuvre du genre.

Il faut savoir gré à l'Odéon d'une jolie co* médie en trois actes , et faire des vœux pour que ce théâtre , si utile aux progrès de l'art , obtienne du gouvernement et du public les encouragemens auxquels il a droit de prétendre. Je ne dis rien des petit^théâtres , sinon qu'on ne rit plus au Vaudeville , et qu'on a honte de rire aux- Variétés.

J0^ BUfiUISSON. r

Parlons un peu 4e journaux.

CLEI^ORD.

C'est J^M. Guillaume à traiter cette question : il a le secret du corps.

GUILLAUME

Je ne vous dirai pas, comme certain rédacteur

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du Journal des Débats , que le meilleur est incontestablement et sous tous les rapports celui dans lequel y écris (car il faut, autant que l'on peut, ne pas se donner Tair d'un charlatan qui vante son baume ) ; mais j'avancerai , comme une proposition générale dont je vous laisserai le soin de faire l'application , que le meilleur journal est celui qui est fait dans un bon esprit avec le plus d'esprit et d'indépendance ; celui dont les rédacteurs ne mentent pas à leur conscience , ne trafiquent pas de leurs opinions , et n'écrivent que dans l'intérôt de la patrie , de la justice et de la vérité.

FRÉMINVILLE

D'après cette définition d'un bon journal , je ne sais pas encore bien auquel je dois donner là préférence ; mais je sais déjà celui que jç ne dois pas choîSir.

BUTERRIER.

Je remarque avec peine que cette année, si peu productive pour les lettres , les à frappées d'une double perte dont- elles auront long-tems à gémir. Le chantre de Virginie et l'amant d^Eléottore^ enlevés à quelques mois l'un de l'autre, res-

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teront tous deux, le premier ( malgré ses erreurs en physique ), un de nos plus grands prosateurs , et l'autre ( malgré quelques écarts d'une autre espèce ), le modèle de nos poètes erotiques.

Moussinot , qui n'avait pas encore ouvert la bouche , 4)rit en ce moment la parole , et du ton d'un homme sûr de l'eflet qu'il va produire : <* Je vous ai bien écoutés , nous dit -il ; vous croyez avoir passé l'année en revue dans votre conversation ; le fait est que . vous avez oublié les deux seuls événemens qui lui assignent dans rhistoiredu monde aine physionomie toute particulière : la sortie de Bonaparte et rentrée de Louis XyiII. Je n'ajouterai à cette réflexion que deux mots qui en valent bien d'autres : à la santé du Roi. » Chacun applaudit à cette proposition. « A la santé du Roi , et à la conservation de la charte , de la gloire et de la liberté nationales , continua M. de Clénord en se levant. » Nous imitâmes son action ; tous les verres furent aussitôt remplis , et nous bûmes avec enthousiasme à ces objets de l'amour et de la vénération du peuple français..

i4 l'hotel d*angleterre.

NO xxviii. — il^janvïer i8i5.

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