‹ Le franc-parleurChapitre 8 sur 38 · LA MATINÉE D'UN COMMISSAIRE · texte numérisé non relu

LA MATINÉE D'UN COMMISSAIRE

vaux , qu'il n'est pas sur la place , et qu'il ne marchera pas ; je me fâche , il jure ; vingt personnes s'attroupent et prennent parti pour ou contre le cocher : j'aurais probablement cédé si nous eussions été tête-à-tête; mdixsontnçaut mieux ou moins lorsqiHon est regardé ; et cette fois je croîs mon amour - propre intéresse à montrer du ca- .ractère : j'invoque le règlement, et j'exige que le cocher me conduise à l'Observatoire ou chez le commissaire de police ; le drôle descend de son siège, me rit au nez et entre dans un cabaret voisin. La colère s'empare de moi : je veux sortir de la voiture avec trop de précipitation ; mon pied glisse sur le marche-pied , et, pour éviter dé tomber , je saute dans le ruisseau , où je m'éclabousse de manière à ce qu'on ne puisse deviner de quelle couleur ont été mes bas. La foule , qui s'était grossie pendant la dispute , riait aux

éclats de ma déconvenue ; qu'avais-je encore à ménager ? Je prends un parti héroïque , je monte sur le siège , je fouette les chevaux, et , sans égard aux cris du cocher , je le force à me suivre à pied chez le commissaire du quartier , oi^ nous arrivons presque en même tems. Je consigne sa voiture à la porte , et nous entrons tous deux '

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