‹ Le franc-parleurChapitre 9 sur 38 · LA MATINÉE D'UN COMMISSAIRS · texte numérisé non relu

LA MATINÉE D'UN COMMISSAIRS

dans une salle où vingt personnes , arrivées avant moi, continuaient à se disputer, et criaient toutes à-la- fois en attendant le commissaire, qui était allé dresser un procès-verbal d'efiraction dans une maison voisine. Quelques soldats sans armes maintenaieut Tordre dans l'assemblée , tandis qu'un petit clerc , d'un air négligent et capable , enregistrait les plaintes en lisant un journal.

* Xe commissaire arrive , traverse la foule qui se presse autour de lui , et va se placer grave* ment à la table boiteuse qui lui sert de bureau^ Après avoir promené sur les assistans un regard scrutateur, il prend des mains de son clerc la liste des plaignans , et rédige quelques notes en* marge avant d'appeler les causes.

J'aurais beaucoup regretté le tems que j'avais perdu et celui qui me restait à perdre, si je ne me fusse avisé de tirer parti de ma position , et d'examiner assez attentivement les objets que j'avais sous les yeux, pour y trouver le texte et les détails de mon prochain Discours.

Le commissaire de police chez lequel je me trouvais est un gros hwnme d'une assez belle figure y sur la tête duquel une couche épaisse de

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poudre dessine avec beaucoup d'art la place des cheveux qui n'y sont plus; il a l'œil vif, Toreille fine , et tout annonce en lui un homme dont Texpérience s'est formée dans les emplois subordonnes à la place qu'il occupe aujourd'hui. Une grande habitude lui tient lieu d'une grande sagacité ; il a l'air d'écouter ce qu'il regarde , et d'entendre ce qu'il voit : son jugement ne parait être que de l'instinct.

Le premier quidam amené devant lui avait été arrêté par la patrouille à trois heures du matin , dans la rue Vivienne , à la porte d'un bijoutier dont il examinait de trop près la serrure; son aliaire fut expédiée en un moment :! lexonunissaire v4ili le reconnut , donna aux soldats qm l'avaienA sénevé Tordre de le conduire à la préfecture de? police:, d'où il devait partir mne heure après. pour être réintégré à Bicêtre , son domicile habituel .j

iiUn portier et 'une jeune femme se pressentent tnàuite :. la dame se piaitit que le portier a rc-* fasé , pendant la noit V de lui ouvrir la porte de la maison où elle loge ^ le f>ortiér déetarê que la maison est hamtétâ j\elt[vt*il al ordre du propriétaire de ne pas tirer le cordon après minuit.^

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La jeune dame rit aux ëclats : « Autant vaudrait , dit-elle , aller se loger au Marais : elle veut pouvoir sortir de chez «elle et y rentrer quand il lui plaît ; et , comme elle n'habite cette maison que depuis deux jours, elle demande qu'on l'autorise à déménager au demi-terme. »

^ Le commissaire n'y voit pas de difficulté ; mais il exige que jusque-là cette dame se conforme à l'usage établi dans la maison. « Soit , reprit-eile en sortant, je rentrerai à minuit comme une religieuse , et nous verrons ce que cette vieille^ tête y gagnera, j»

Un homme fort bien mis , mais non pas proprement vêtu , venait de tendre plainte comme Jeannot, et pour un accident -de miéme. naturel qui lui était arrivé la veille ,. aa coin deda rue d'Aniboise. Il avait voulu coqsebver le siatuquOf pour donner plus de. poids à sa^déclaration. La femme qu'il avait citée prouva que ce jour-rlà elle étoît absente dé*Paris:, et demanda une in-

' demnité de dix francs p^tur b jimrnée qu'on lui avait fait perdre ; ellelui fat Allouée , et le plai-^. gnant soctit $l'âssez mauvailsa i humeur, coavaincu , à ses:dép.ens, f «« les battus paient sQwent V amende.

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C'était le tour d'un jeune homme très-élëgant et d'une figure fort agréable , amené par deux soldats du guet, qui l'avaient arrêté, sur la dénonciation d'une vieille servante , dans l'escalier d'une cave oii il paraissait avoir eu l'intention de se cacher. Le jeune homme ifépondait en souriant aux questions du cômmbsaire , et celui-ci l'interrogeait en .homme qui ne se méprensdt pas ^ la nature du délit.

« J'étais allé souper hier au soir, disait lejeune

accusé, chez un homnifi respectable de mes amis

qui devait partir cette nuit même pour un voyage de quelques jours:; sa femme , douée d'une sensibilité 'exquise;, s'était presque trouvée mal an moment où elle avait entendu lès chevaux de poste entrer danslacoar de l'hâtel, et jem'é-tais retiré tout ému de la scène des adieux-dont î^avais été témoin. Je- lie sais par quelle distrac-^ tion^ au lieu de descendre par le grand escalier , }'avais suivi un corridor ol^ur qui aboutit à un escalier dérobé dont jeme confoaissais pas i'is^ sué /,:^ t{VLt]t xlesceiidais à lÂtons' ; je me trou^ vais en .effet dans là cave , : lorsqu'une vieille femme qui m'aperçut'ferma la porte sur moi , en crianiau yeleur. J'ai mieux^in^é me laisser co^

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duire au corps-de -garde , où j'ai passé la nuit , que de faire une esclandre dans une maison res-^ pectable dont la maîtresse , instruite par moi ^ ne tardera pas sans douteà yenir me réclamer. »•

Le jeune homme parlait encore , qu'une daione d'une taille imposante , et d'une beauté qui ga-> gnait peutr-être quelque chose au grand voile de dentelle dont sa figure était couverte , entra suivie de deux laquais en livrA^, et vint récla^ mer le jeune homme , qu'elle appela son cousin ( circonstance que celui-ci avait oubliée dans sa narration ). Elle parla bas aii commissaire, qui répondit par cette observation pleine de sens : « Je conçois fort bien ^ madame; mÉais , à l'aveu nir, à votire place , }é; ferais reconnatlre . mon cousin par mes gens; » La dame se confondit tout haut en excuses auprès de son jeune parent, donC elle prit le bras en sortant , et qui raccompagna jusqu'à sa voiture , où il ne monta pas a>'ec elte^

..Vinrent ensuite deux écoliers de quinze ou seize ans , arrêtés pour avoir cassé des lan:*ternes en sortant dti bal. Cette espièglerie très^ e^^upable aurait eu des suites pins graves, \sr leurs parens ne se fussent' empressés de venié ^yer.le dommage causé par leurs enfans, et

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A^eussent répondu de leur conduite à Tavenir.

Le commissaire fit comparaître un cabaleur pris la veille en flagrant délit dans le parterre d^un de nos grands théâtres. Il fut prouvé que cet homme avait l'entreprise des chutes , et qu'il avait été payé , par un auteur ennemi de celui dont on jouait Touvrage , pour faire tomber sa pièce. Les mesures avaient été mal prises; les siffteurs à gages dont il était le chef, et qui se trouvaient en grande minorité , furent mis à la porte. Seul , il voulut fsiire tête à Torage. Le public le signala comme instigateur du désordre, et il fut arrêté muni d'un sifflet mécanique pour lequel il sollicite un brevet d'invention. Chacun reçut son châtiment : le nom de celui qui avait payé ces honteux services, fut livré au mépris de l'assemblée, et l'entrée des spectacles fut jn-^ terdite pendant six mois k son agent,

A l'entrepreneur des chutes dramatiques sue* céda un brillant étourdi dont le cabriolet avait renversé un homme au coin du boulevart , A qui se plaignait , en grasseyant , qu^on lui (ït manquer un rendez-vous de la plus grande im-^ portance. « A-t-il la jambe. cassée .^ disait-il ; eh bien ! qu'on l'estime , et je là lui paierai^;

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mais , pour Dieu , dépêchons. « Cette insolente fatuité révolta l'auditoire ; et il est probable qu'un jugement correctionnel en aurait fait justice , s'il n'eût pas été prouvé que l'homme renversé par le cabriolet spéculait sur ces accidens , dont il se faisait un revenu fort honnête. C'était pour la douzième fois , depuis deux ans , qu'il éprouvait le même malheur ; mais une circonstance qui ne devait pas échapper à la sagacité du commissaire , c'est que cet homme n'avait jamais été renversé qu'en plein jour, et par les voitures de maître les plus élégantes. En lui permettant d'accepter un louis du pro^ priétaire du cabriolet , le commissaire lui déclara qu'il n'aurait de recours , à l'avenir, pour de pareils accidens , que contre les voitures de pl;s^e.

Mon tour arriva. J'avais attendu deux grandes heures ; mais j'avais trouvé le moyen d'employer mon tems, et ma colère était dissipée. J'exposl^i mes raisons avec plus de calme que le commissaire ne les entendit. La voiture fut mise en fourrière , et le cocher eût été envoyé en prison , si je n'eusse intercédé en sa faveur. Il me témoigna tant de regret de sa faute , et me fit

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une peinture si triste de sa femme et de ses trois enfans , qui n'avaient pour vivre que le produit d'Une journée qu'il allait perdre , que je me crus obligé de payer le mal qu'il m'avait fait plus gé' néreusement que je n'eusse payé ses services. Je donnai pour boire à quelques ouvriers qui m'avaient suivi pour me servir de témoins , et chacun se relira convaincu , comme moi , qu'il avait coopéré à un grand acte de justice , dont l'exemple ne corrigera que celui qui le donne.

N® XXXII. — \\ février i8i5.

Le Trai ptat que'qacrois n*iirc pas ▼rai«emblable.

BoniAv, jirt Poétique.

Quelque susceptible que l'on puisse être , on est force de convenir qu'il y a des choses que la raison ne peut expliquer , et auxquelles Timagination la plus active ne peut atteindre par le secours des sens : il semble^ qu'il faille quelque chose de sur-humain pour nous en faire naître l'idée , et que cette connaissance ne puisse être acquise que par une sorte de révélation qui arrive à notre esprit sans avoir passé par l'intermédiaire d'aucun organe matériel.

Olaiis Magnus , dans sa savante histoire des peuples du nord ( hisioria de Geniibus septen-irionalibus ) , rapporte , avec toute la naïveté et toute la crédulité de Plutarque , que les La-

pons, lorsquMls veulent connaître ce qui se passe loin des lieux où ils se trouvent , envoient à la découverte le démon qui leur est familier , et qu^après s^être exalté Timagination au son des tambours et de certains instrumens de musique, ils éprouvent une sorte d'ivresse pendant laquelle des choses dont ils n^eussent jamais eu connaissance dans leur état naturel leur sont su^ bitement révélées.

Socrate et Jérôme Cardan , qui n^ont que cela de commun ensemble , avaient , ainsi que les Lapons , un démon familier à leurs ordres. Cardan nous donne sur le sien , dans son ouvrage de Farkiafe Rerum , des détails qu'il ne tient qu'à nous de croire. Il prétend qu'il tombe à volonté dans une extase qui le rend insensible à toute espèce de douleur physique , et le met en rapport avec un autre ordre de choses. « Quand je veux m*exiasier, dit-il, je sens autour de mon cœur comme une séparation de mon ame qui se communique, comme par une petite porte, à toute la machine , et principalement à la téfe et au cervelet ; alors je sens que je suis hors de moi-même.

Cette faculté dont jouissait Cardan ressemble

beaucoup au somnambulisme de l'abbë Fana, lé-^ quel n^est rien autre chose que la seconde çue des Ecossais. Je me souviens que l'année dernière , au coin d'un grand foyer de château , autour duquel nous faisions des contes à la ma-^ nière de ce bon vieux tems ( dont le ciel nous préserve ) , un professeur émérite de l'unîver-^ site d'Oxford m'expliqua fort au long en quoi consistait ceiie seconde çue, apanage particulier des montagnsirds de son pays , et partiTuIièrement des hommes de sa famille. Je n^ai pas trop compris l'explication psychologique t[u'îl m'en a donnée dans un langage d'adepte dont chaque mot aurait exigé une définition nou^ velle ; mais je me rappelle un des nombrenx exemples qu'il m'a cités à l'appui de sa merveilleuse doctrine. Je vais le rapporter ici , comme précaution oratoire.

« J'appartiens , comme vous le savez ( c'est le docteur qui parle ) , à l'une des plus-anciennes famille de la vieille Calédonie : un de mes aïeux a péri sur l'échafaud dans les troubles dont l'Ecosse a été si long-tems le théâtre , et les papiers de notre maison , sur lesquels reposaient des droits incontestables à une fortune

immense et à la pairie du royaume pour le chef de la branche aînée de notre famille y étaient perdus depuis près de deux siècles. Toutes les recherches qu'on avait pu faire de père en fils , dans i^n pareil laps de tems, avaient été infructueuses, et dès long-tems nous avions perdu Tespoir de recouvrer ces précieux titres : un soit d'hiver ; au mois de décembre 1 7 13 , mon aïeiil était seul avec mon père dans une petite maison qu'ils occupaient dans un des faubourgs de Londres ; à la suite d'un accès de goutte qui le retenait àe-* puis plusieurs mois dans son fauteuil , il fut pris d'un de ces engourdissemens par lesquels s'an- I Qonce la seconde s^ue. En sortant de cette léthargie , qui dura douane heures , mon aïeul fit appeler son fils :

« Nos titres sont retrouvés , lui dit-il , et avec eux notre état et notre fortune. Asseyez-* • vous , Arthur , et , sans m'interrompre , écrivez bs instructions que je vais vous donner et que vx))is suivrez (de point en points

» Demain , mon fils sortira d'ici à sept heures précises; lise rendra sur le pont de Westminster ; il y trouvera un très-gros homme , à per^ rii(}ue de laiuc ^ yétu d'un habit brun à boutons.

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d^ivoire ; mon fils abordera cet inconnu , après avoir relevé son chapeau que le vent aura emporté ; et, en le lui rendant avec politesse, il lui demandera une place dans sa cariole , pour se rendre avec lui au bourg dTpping. L'inconnu accueillera cette proposition. Arrivé dans ce village , la cariole s'arrêtera devant une grande maison en brique , vers le milieu de la principale rue d'Epping. Le propriétaire de cette maison, avec qui mon fils aura fait le voyage , Finvitera sans doute à dîner ; Arthur acceptera : vers la fin du dîner , quand la fermière et sesfilles auront quitté la table , mon fils priera son hôte de le conduire dans un vaste grenier , audessus d'une grange attenante à la grande étable. Le fermier paraîtra surpris de cette demande ; mais Arthur ne doit répondre pour le moment à aucune des questions qu'il pourra lui faire. Le fermier cherchera long-tems la clef du grenier ; Arthur ira la prendre sur la tablette qui se trouvera au-dessus du lit du premier garçon de ferme. Sous un énorme tas de vieux harnais , d'outils de labourage , dont ce grenier est rempli , Arthur découvrira un coffre cerclé en fer et garni de clous à tête de cuivre ; avec le con-*

LE CAUCHEMAR. 'Jl

scntement du propriétaire , il fera sauter le cadenas qui ferme ce coffre , et dans ce coffre il trouvera tous les papiers de notre maison , dont il fera dresser procès- verbal par le juge de paix du canton.

- » Mon père , continua le docteur , exécuta de point en point les ordres qu'il avait reçus du sien ; il rencontra sur le pont de Westminster le fermier d'Epping , fit route avec lui, et trouva dans sa maison , à l'heure , au lieu et de la ma-^ nière indiquée , les papiers de famille dont l'existence avait été révélée à mon grand-père dans cette vision intuitive que nous appelons seconde inie. »

Je ne cacherai pas à mes lecteurs que je me suis un peu moqué de l'histoire que je viens de leur faire sous la d\f\èe de mon noble écossais ^ et que toutes les preuves dont il essaya de l'appuyer n'avaient pu vaincre mon incrédulité ; mais s'il est facile de nier ce qu'un autre vous raconte , comment refuser de croire ce qu'on a vu soi-même ?

Depuis mon enfance je suis sujet à une espèce de cauchemar dont les résultats , souvent assez

extraordinaires , n^avaient été jasqa'ici , pour moi , Tobjet d'aucune observation. J'avais senlement remarqué que Textase pénible oà il me plonge es,t pfresque toujours la suite d'une forte contentiond'esprit , d'un travail prolongé audelà des bornes de l'attention dont je suis Susceptible , et qu'il participait de la nature des objets dont je m'étais long-tems occupé.

Un événement récent , d'assez peu d'importance en lui-même , mais qui se rattache aux grands intérêts politiques du nouvel ordre social , m'avait conduit insensiblement à l'examen de cette question : le rétablissement des ordres religieux pourrait - il s'effectuer en France ? et , supposé qu'il fût possible , n'entralnerait-il pas indispensablement la ruine de la jmonarchie constitutionnelle P Je m'échauffai sur cette idée au point de me créer des fantômes , et de croire à l'existence d'un synode mystérieux qui poursuit en France le grand œuvre de la régénéra^ tion monacale. Ma tête s'exalta; un léger accès de fièvre s'empara de mes sens; je me couchai de bonne heure; et > les yeux ouverts , dans un état qui tenait de la veille et du sommeil , je fus

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pris d'un violent cauchemar, pendant lequel î'eus une vision dont je n'ai pas oublié lé moindre détail.

Je me trouvais , ou du moins je croyais me trouver sur les hauteurs de Charonne , à la

chute du jour. En traversant la rue de ,

en face d'une vaste masure , j'entendis quelques gémissemens qui venaient à mon oreille à travers ce bruit vague et sourd que produit au loin le tumulte d'une grande ville. Je crus distinguer le lieu d'où partaient les plaintes; je frappai; on n'ouvrit pas. Le tems avait fait brèche dans un mur de clôture ; je m'aidai pour le franchir des débris amoncelés du côté de la rue , et , toujours guidé par les sons plaintifs qui avaient d'abord fixé mon attention , je traversai une cour que l'herbe avait à peu près couverte. J'arrivai , sans rencontrer personne , à l'entrée d'un vieux bâtiment en ruine , où j'entrai par un long corridor en arceaux, à peine éclairé par la faible lueur d'une lampe suspendue à l'autre extrémité.

Parvenu au bout de ce long corridor, je distinguai la voix gémissante de plusieurs jeunes filles, et, dans ces accens modulés par la,dou-

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