En ce qui concerne Charlemagne, l'énumération (Du
Méril, p. 245) n'offre aucun intérêt particulier. Elle est plus digne d'attention dans le chant consacré aux peuples conquis par Henri II (p. 285), par Conrad (p. 291), par le comte de Flandre Charles le Bon, assassiné en 1 127 (2e recueil., p. 263). Pour Roland, voyez vers 2 322, suiv. , 2 920, suiv. Et la tradition, de latine devenue romane, sera longue.
6. Voyez Roland, 2 902, sv. ; 2 916, sv. Déjà, dans un latin grossier, on a dit cela de Guillaume le Conquérant (Du Méril, p. 295)-
Heu ! post tanti principis obitum Summus honor tendit ad exitum.
7. Dans Alexis, str. 92. Voyez Charlemagne s'oubliant jusqu'à dire (v. 2 929) dans Roland :
Si grant doel ai que jo ne vuldreie estre.
Sans aller jusque-là, le poète qui a rimé la chanson funèbre du duc de Frioul décrit un désespoir qui va jusqu'au paroxysme :
Maires, mariti, pueri, juvenculae
Domini, servi, sexus omnis, tener'a
Aetas, pervalde sacerdotum inclyta
Caterva, pugnis sauciata pectora,
Crinibus vulsis, ululabant pariter.
Comp. pour Charlemagne, Roland, v. 2418, sv., et surtout pour l'abbéHubert, dansune pièce dont l'accent est, il est vrai, moins populaire Du Méril, Ier recueil, 251. Je serais incomplet si je ne signalais ici un « motif » qui, de bonne heure, a pris place dans l'étrange ornementation decesdéplorations latines, puis françaises. Il consiste en une invocation à la Mort, dont les termes varient, mais dont l'idée essentielle est de reprocher à celle-ci, personnifiée par celui qui parle, de l'avoir épargné plutôt que le ou la défunte. J'ai signalé l'intérêt de ce motif dans la Romania, et montré qu'il avait dû passer d'une version de Pyrame et Thisbê dans l'œuvre de Chrétien de Troyes. Je n'avais pas vu alors qu'il se retrouvait dans les Carmina Burana, sous une forme assez différente, il est vrai (LXXV, 3), de même qu'on y retrouve un autre « motif »
que Villon illustrera de son génie, celui de la vanité de la gloire et des honneurs terrestres après la mort (LXXV)
8, Roland, vers i 907-8.