III
6. Cité par C. Jullian, Revue des Etudes Anciennes, 1915 p. 186.
7. Ed. Havet, p. 71. Comp.,p.42,lalettre à l'abbé Ebrard, où Belgica est opposé à Germania, comme c'est le cas dans le célèbre plaidoyer de 995 (Ibid.: p. 229 : tu scis me Germaniant et Belgicam semper honorasse). Or il s'agit ici de l'évêché de Strasbourg qui dépendait en partie de 'Allemagne, en partie de la Lotharingie.
8. Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens, p. 26. Comp. ibid., note 5.
9. Chanson de Roland, 52, 478 (ad Ais le siet), 3 706 (a Ais, al meillor sied de France).
10. Lothariensis terra (chronique de Mouzon1», Lotharingia (var. de Réginon, s. anno 842 ; le texte porte : regnum, quod hactenus ex ejus vocabulo Hlotharii nuncupatur). En latin : Lothariense. Ce n'est que par un véritable abus des termes que certains textes désignent des empereurs allemands comme rex Lotharingorum (cf. Parisot, op. cit., 735, n. 1).
11. Voyez G. Monod, Annuaire de l'Ecole des Hautes Etudes, 1896. C'est la thèse de Sismondi, Guizot, Thierry, Michelet, etc. Elle a été naturellement reprise en Allemagne par Dùmmler, Suckle, etc. Seul, Fustel de Coulanges me paraît avoir défendu la vérité moyenne dans ce conflit.
12. Gerbert, Lettres, éd. Havet, p. 9. Voyez Latiniae Barbari, p. 43. Le sens de Latinus (français) persiste eo 1152,
puisque l'auteur d'Ysengrimus, maître Nivard, écrit encore à cette date :
Vu vero Latiam nescis, domine abba, loquelam.
Or le contexte établit qu'il s'agit du français (III, 047).
13. Il ne faut jamais oublier que l'évangélisation chrétienne en Belgique fut surtout l'œuvre d'Aquitains, saint Amand, saint Hubert, saint Remacle, etc.
14. Flavius Vopiscus, 13 {Francis, quibus familiare est Hdendo fidem frangere) ; Salvien, De Gubernatione Dei, IV, 67 {gens... Francorum infidelis), etc. Cette conception a-t-elle survécu, au moins dans les livres? Il semble que oui, à en juger par des passages de la Vita Hludowici, cap. 45 {M. G. H.. II, 633 : « diffidens quidem Francis, magis se credens Germants » ; mais c'est un Germain qui écrit) ; du Waltharius (v. 555); de Sigebert de Gembloux, etc.
Dans YEcbasis Captivi, écrit dans nos contrées lotharingiennes, on lit encore, v. 284 ;
Sunt haec barbaricis mandanda legumina Francis.
Mais c'est l'accès d'humeur d'un moine qui a la dent dure. En tout cas, la tradition fut tenace.
15. Un détail caractéristique : les Francs, maîtres de la Gaule, se battent à cheval, tandis que les Saxons continuent à se battre à pied, s'il faut en croire un texte cité par M. Parisot, op. cit., p. 497, note 1. Il est certain que dans le Waltharius les combats se passent ainsi ; le texte invoqué semble se rapporter aux Francs pris « dans le sens étroit du mot », à ceux de Lotharingie. M. Parisot {ibid., p. 3, note 2) groupe des témoignages significatifs de l'orgueil franc, qui n'épargne pas plus les Alamans et les Bavarois que les anciens habitants de la Gaule. Voyez notamment les Gesta Karoli Magni du moine de Saint-Gall, I, cap. 10. Toute la Chanson de Roland est pleine de ce sentiment, et maints textes de date postérieure en confirment la survivance aux xne-xine siècles.
16. On trouvera dans la Revue Historique le développement de cette thèse, qui ne peut être qu'indiquée ici.
17. Indolis egregiœ, veniens de germine Trojcs, dit le poète du Waltharius (v. 28). Et dans les Nibelungen, on lit :
IÔO LE FRANÇAIS A LA TÊTE ÉPIQUE. Er ist geborn van Tronege... (7034.)
Ce n'est pas d'ailleurs le seul Franc auquel on assigne cette noble origine, et le troisième des guerriers qui se mesure avec le héros du Waltharius descend, lui, de Pandarus
... ex longa generatus stirpe nepotum...
18. On trouvera dans un prochain cahier de la Revue Historique (où j'ai dès 1915 amorcé ma thèse, voy. tome 120, 280) le détail d'une démonstration que je ne puis entreprendre ici. M. Flach a publié son étude dans la Revue des Etudes Historiques, juillet-août 1916.