‹ Le français et le provençalChapitre 20 sur 36 · CROISEMENTS · texte numérisé non relu

CROISEMENTS

ESSE, qui a adopté la désinence des autres infinitifs, et en particulier de ceux de la troisième conjugaison latine.

Autre exemple. La désinence aris est plus rare en français que la désinence arius ; la première devient d'abord er, la seconde ier, par exemple subtalare, prov. sotlar, a. fr. soller; primarium, prov., a. fr. primier. Or on trouve quelquefois au xiii« s., et généralement au xvio, les mots en er assimilés à ceux en ier ; ainsi aux formes d'à. fr. soller, piler, sengler, bocler (qui est proprement adjectif, car escud bocler désigne un bouclier muni d'une bosse), bacheler, coler, singuler, correspondent les formes de français moderne soulieP, pilier, sanglier, bouclier, bachelier, collier, singulier.

L'agent d'un métier est ordinairement désigné par un mot en ier comme barbier, cordonnier, ferblantier; on ne trouve dans cette classe de substantifs qu'un exemple isolé d'un mot en el, c'est menes^re/ = MiNiSTERiALEM (au sens de jongleur). Dans la suite ce mot reçut lui aussi la désinence ier, et dans Joinville déjà il est devenu menestrier,

La désinence élis dans crudelis était aussi rare que la désinence alis était fréquente ; aussi la première fut-elle assimilée à alis, à une époque où cette dernière était probablement déjà devenue çls.

La forme peu ordinaire -enc, de l'allemand ing, a cédé la place à trois suffixes différents et plus usités, dsinsfltimenc, chamberlenc, Loherenc, cf. franc, moà. flamand, chambellan, lorrain.

L'assimilation n'a pas atteint seulement les désinences, mais même les radicaux. L'a. fr. manjuet=: manducat doit son,/ à la première pers. plur. ma/i/ons = manducamus, et avait primitivement la forme manduet (que l'on ne trouve déjà plus dans aucun texte). Le mot diamant s'explique probablement par l'influence de l'adjectif diaphane sur aimant = adamantem . L'assimilation de gravis à levis, brevis est très ancienne (d'où prov. greu, fr. grief) ; de même celle de

siNisTER à DEXTER d'où résulte en prov. et en fr. la rime de 90n0sit*0 avec désire; celle de deorsum, prov. jos, à sursum, f, d'où a. fr. jus en face de sus.

;similalion remarquable, où Ton serait tenté de voir îment, c'est guaimenter, dû à une déformation du rienter sous l'influence de l'interjection guai. iive dans laLex Salica culcare pour collocare, et ononçait, avec o, colchet = collocat; M. G. Paris et assourdissement de la voyelle à l'influence de la Icita (auj. dans courte-pointe). Il se peut encore que ie= NEPTiAM il y ait un souvenir de nies = nepos, tre dans rendre = reddere un souvenir de pren-

y. — Étymologies populaires

i trouve de très anciens exemples d'étymologies s dans les formes romanes venues de platea et de

Le premier de ces mots, propre au grec, n'était aucun terme latin ; mais sous l'influence de l'ad- TTUS il devint plattea : prov. plassa, fr. place. Le B fut plus bien compris quand on cessa d'employer UBERE ; et, combiné avec noctem, il devint *noctiae,

nozze, prov. nossas, fr. noces.

Bs étymologies populaires sont de date moins reculée rtedi = SABBATi DiEM dcvicut quelquefois en a. fr. [)u seihme di = septimum diem. Le mot persique ital. arancio, devint, en raison de la couleur dorée it, orange. La plante appelée [JixvdpoLyôpoLç prit le nom ie gloire, et ce terme fut regardé comme d'origine l française. Mainbour de l'allemand mundboro fut

par main; ou peut-être même aurait-on traduit înt en français par main l'allemand Mund, qui es^ iquement parent du latin manus. Asperge = aspaa sans doute conservé dans l'usage commun la forme

Litefois plus haut. 57,

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