partie du mot reste invariable). Cet alquun depuis le xii® siècle
alcun, puis aucun, a complètement perdu son emploi au sens
positif parce qu'il était le plus souvent accompagné de la
négation depuis le xv® siècle; c'est pourquoi aujourd'hui
^^^ — :i ^ |g ggjis négatif dans les réponses, même sans
ompagné d'une négnion. Le sens positif se
isqu'au xvii« siècle (Molière) : ce sens positif a été
par aucun à quelque (c'est proprement une abré-
e la proposition quels que seit) et à quelqu'un.
js et PAUcus ne se présentent déjà plus que rarement
adjectifs au xii© siècle ; d'ordinaire on rencontre le
lout de, poi de). Cependant le provençal est jusqu'à
esté fidèle à l'emploi de ces mots comme adjectifs.
E. — Dans les Verbes auxiliaires
irmi les verbes auxiliaires, il faut ranger faire, différents emplois. Ainsi Tobler a démontré \ que vait dire il fait porter pour il porte, et faites-moi ! pour escoutez-moi ! Cette tournure à l'aide affaire s usitée dans la langue moderne qu'avec ne,., que, ne ferai qu^ aller et revenir, il ne fait que lire. " sert quelquefois en ancien français à remplacer le l'imparfait du futur *. Dites u querre le decés, et aent au passé : ne savoie quel part jou querre le 5n outre devoir peut avoir le sens de « être sur le » (mort me dut avoir i= il a failli me tuer), s'emploie dans les évaluations, lorsqu'on n'indique chiffre exact et précis : quarante milie chevalier Hre.
ir s'e.m ploie souvent quand une action a été non Ht voulue, mais même exécutée; il nous semble hui inutile d'exprimer dans ce cas l'idée d'une
/ebkr ; cfr. aussi Buugatzcky, p. 170.
CHANGEMENTS d'eMPLOI 171
intention : il se voloitmolipener; irusqu au paies ne se volt arester.
Le subjonctif peut lui-môme être tourné par des verbes auxiliaires ^ : Ce apartient a leal roi que il doit maintenir la loi.
F. — Dans les Prépositions
81. Les changements dans l'emploi des prépositions ont une importance toute particulière ; ce n'est pas, comme on Ta dit, la disparition des formes casuelles qui a amené l'emploi des tournures où entrent des prépositions ; c'est la tournure à l'aide des prépositions qui a amené la chute des cas (excepté le Jiominatif et l'accusatif) dans la langue populaire, toujours à la recherche de la clarté. Les fonctions du génitif étaient, en général, passées à la préposition latine de : on se représentait la partie comme ôtée du tout, ou bien la propriété comme dépendant en quelque sorte de son possesseur. 11 est probable que la préposition a supplanté le cas d'abord dans quelques-uns de ses emplois, puis dans tous, lorsqu'on eut pris l'habitude d'hésiter entre de et le génitif.
Le génitif de possession complément d'un substantif pouvait aussi être représenté par l'accusatif (cas régime), mais seulement' lorsqu'il était précédé d'un pronom (es œvres nostre père, Dial. de Greg. 286 ; la terre le rei). L'accusatif a ici la valeur d'un casus injlnitivus c'est-à-dire de la forme casuelle la plus générale et la plus indéterminée, dont la valeur exacte doit ressortir du contexte. D'ordinaire cet emploi n'est pas toléré dans les mots à sens impersonnel, parce qu'ils ne peuvent avoir aucune possession proprement dite. Cependant quelques passages de textes très anciens attestent que la langue se comportait avec plus de
1) BlSCHOFF, p. 42.
2) Sauf le génitif des noms propres, celui de deus, et quelques vieilles tournures, comme If^fll Sainte-Marie, lo chu menestler, de rei cort.
liberté jusqu'au xu® siècle : Jillies Jherusalem (Pass.), le vendredi num et le vigiliejurn (Comput).
Le plus ancien exemple du cas régime remplissant les fonctions du génitif se trouve dans le Probi Appendix : vico capitis Africaey non vico caput Africae. 11 en est resté des traces dans le français moderne p. ex., dans : à la queue le leu (écrit leu leu), lafète-DieUj la [fête] Saint-Jean, l^église Saint-Pierre, et dans les noms de lieu comme Bourg-la- Reine^ la Chaize- le- Vicomte (Eure-et-Loire).
La possession est considérée comme une sorte de dépendance, et s'exprime à l'aide de la préposition ad : la terre al rei. Marot disait encore la mère au berger, et même dans la langue actuelle, nous avons l'expression populaire : le fils à Nicolas, et la locution : disputer de la chape à l'évèque.
Une création toute française, c'est celle de ce qu'on appelle l'article partitif. Pour indiquer que l'on considère à part une certaine quantité d'un tout, ou quelques individus d'un groupe, on mettait jadis au cas régime le nom de la totalité, comme un véritable complément, sans le faire précéder d'article ; on pouvait encore placer devant lui la préposition de et l'article. La seconde tournure a fait disparaître la première : donnez-moi du vin, prètez-moi des livres. Cette tournure a l'avantage de ne contenir aucune évaluation de la quantité extraite du tout, ni du nombre d'individus dont il s'agit. Ce n'est que dans un état plus récent de la langue que l'expression prépositionnelle du vin, etc., arriva à s'employer comme sujet. Quand le substantif était accompagné d'un adjectif, on employait toujours autrefois l'article défini : des vieux livres. Néanmoins, depuis le xvii® siècle^ l'article est toujours supprimé devant l'adjectif [de vieux livres) à moins que ce dernier ne complète si étroitement le substantif, qu'il semble former avec lui une seule et même notion (des jeunes personnes). De devant le sujet logique était une tournure ordinaire en ancien français, par exemple : Bone chose est depuis. De vostre mort fust grans damages, qui signifie
CHANGEMENTS d'eMPLOI 173
d'abord d'après Tobler : du fait de votre mort il serait résulté un grand dommage. La langue moderne a maintenu cet usage de de, dans le cas où le sujet logique de la proposition est un infinitif, par exemple : Il est doux de revoir les murs de la patrie.
Le datif latin, dont se sont conservées seulement quelques formes pronominales, est dans tous les autres cas tourné par la préposition ad.
De même qu'il peut remplacer le génitif complément d'un nom, le cas régime sans préposition peut remplacer le datif, par exemple : que sonfradre Karlo jurât (Serments de 842) ; toutefois ce fait ne se produit d'ordinaire qu'avec des noms de personnes, plus rarement avec des noms de choses considérées comme des personnes (li nuns Joiuse Vespee fut dunez Roi.) Ce tour s'est encore maintenu au-delà du XIV® siècle.
Mentionnons ici un tour remarquable, celui où la préposition à accompagne le sujet logique d'un infinitif qui luimême dépend d'un verbe signifiant faire, laisser, voir, entendre (entendre dire à quelqu'un, etc.) ; il faut toutefois que ce sujet ne soit pas un pronom *.
En outre, à employé à côté d'un nom peut indiquer non seulement l'appartenance, comme on l'a vu, plus haut, mais encore une propriété ou une qualité : Guillaume al cort nés, esperon a or;la dame al vis cler, à côté de o (= apud) le cler vis.
Jusqu'à (= DE usQUE ad) peut, en français moderne, se placer devant le sujet au sens de «même»; alors le sujet est à l'accusatif.
L'ablatif s'exprime à l'aide de l'accusatif précédé d'une préposition^. D'ailleurs dans la plupart des cas la forme de l'accusatif était identique à celle de l'ablatif : ventu(m) =
VENTO, FLORE(m) = FLORE, VENT(i)s = VENT(o)s.
1) C'est ce que Tobler explique d'une façon satisfaisante, 167,
2) Neue, II, 784.
Les diverses fonctions de l'ablatif ne pouvaient passer à une préposition unique ; toutefois le plus souvent c'eut de qui sert à le remplacer. Le locatif dont le latin déjà avait perdu la notion en tant que cas spécial, céda la place à en ou danft. dIus tard à {en, dans Paris, aujourd'hui à Paris). Le s'exprimait à l'aide de per (par sa main) ou apud nain) .
prépositions peuvent même trouver place devant les ïs> et par conséquent aussi devant les locutions adveraujour eChui/y pour demain, d'outre mer, d'avec son
, en ancien français oi od o, en provençal ab, amb, les fonctions de cum, qu^il a fait disparaître, aussi ns l'expression de l'accompagoeiaent que dans celle en.
.'emploi de la préposition in, français en^ s'est peu à treint. En ancien français en était d'un usage bien )andu qu'aujourd'hui ; sa disparition a été facilitée par la préposition à et l'adverbe dans, ancien français = DE iNTUs) employé comme préposition, icien français, en indique encore souvent l'extérieur [lose comme en latin (sedere in equo, ancien français l cheval). Cette fonction ne s'est conservée que dans tournures (casque en tète, Jésus est mort en croix), les autres cas elle a été attribuée à sur : sur le cheval, :roix.
lus souvent en servait à exprimer l'idée d'antériorité fiait notamment, comme déjà en latin in, soit le repos i lieu, soit le mouvement vers ce lieu. Dans les deux n pouvait être appliqué au temps et aux notions es.
emploi temporel appartient le en uni au gérondif : itant, latin in cantando. Au moyen âge en alternait avec dedenz (en la ville, dedenz la ville) qui accentue -ge l'idée d'intériorité, et l'oppose à celle d'extériorité.
CHANGEMENTS d'EMPLOI 175
Denz au contraire était, jusqu'au milieu du xvi^ siècle, tout à fait inusité ; les quelques exemples qui attestent l'existence de ce mot en ancien français, ne sont en partie pas même assurés. D'après Darmesteter, aux indications duquel nous nous conformons ici, on trouve pour la première fois dans Mellin de Saint-Gelais, quatre exemples de l'emploi prépositionnel de dans (dans le feu, dans le cœur, dans vostre maison, dans vostre mesnaige) ; chez Ronsard, dans est déjà très ordinaire. Ce dans a probablement été refait sur la vieille forme dedans, d'après sous : dessous, et surtout d'après hors : dehors. Il s'emploie principalement pour remplacer en dans les tournures où cette dernière forme déplaisait à la langue, notamment au lieu des formes contractes ou (auparavant el de en le) et es (de en les) ; puis l'usage de dans s'étendit d'une façon générale aux tournures dans lesquelles le substantif était accompagné d'un déterminatif (article possessif ou démonstratif). En se maintint surtout devant les mots non accompagnés d'un déterminatif ; en les est tout à fait inusité ; en le ne s'emploie que devant une voyelle (en Vétat), où l'ancien français, lui aussi préférait la forme non contracte ; la locution en la seule, où une contraction ét-iit impossible, s'est, pendant un certain temps, maintenue dans l'usage, tandis qu'aujourd'hui il s'y attache une nuance d'archaïsme. Mais à côté de cette forme, on trouve aussi au et aux remplaçant ou et es, par exemple dans au nombre de, au nom de, au lieu de, expressions auxquelles il était permis, au xvi^ siècle encore, de substituer ou nombre de, ou nom de, ou lieu de. Au contraire, en est demeuré dans l'usage dans en lieu de et même dans en mon nom, en cet endroit. Devant les noms de villes aussi, en a tenu la place de à : en Alger se lit encore chez Molière. Les noms de pays sont toujours précédés de en.
Ou a complètement disparu, es n'est demeuré que dans quelques locutions (es lettres, es lois). Dedans en tant que
préposition a complètement cédé la place à dans^, qui accentue l'idée d'intériorité comme le faisait précédemment dedans (ancien français dans la ville et en ville) ; quand il sert à exprimer un laps de temps (dans huit jours), dans indique ce temps entièrement révolu. L'ancienne langue employait aussi dans ce sens en (en huit jours).
La préposition pro est représentée par per en Italie, en Roumanie et dans le Midi de la France, même en composition, par exemple pervezer = providere. Cet usage remonte sans doute à l'ombrien, où pro ne servait qu'à marquer le lieu, tandis que per s'employait au sens figuré de pro latin *.
Nous nous bornerons à ces indications, sans entrer dans l'étude des changements propres à l'emploi des adverbes et et des conjonctions.
BIBLIOGRAPHIE
Outre la troisième partie de la Grammaire de Diez, les meilleures études à indiquer sur la syntaxe française sont : A. Tobler, Vermischte Beitrâge sur fransôsischcn Grammatik (1886). Pour le xvi* siècle il faut recourir aussi à l'ouvrage de Darmesteter et Hatzfeld, Le Seizième siècle en France ; — Chassang, Noucelle Grammaire française y 10" édition, 18h5. — Citons encore comme travaux importants : A. Darmesteter, Note sur l'histoire des prépositions en, ens, dedans y dans (1885), — F. Bischoff. der Konjunkiio bei Chrestien (Halle 1881). — O. Burgatzcky, das Imperfect und Plus quam Perfect des Futurs (1886). — E. Weber, ûber den Gebrauch von devoir^ laissier, pooir,,.. (1879). — A. Haase, Fransôsisclie Syntax des XVIL Jahrhunderts (Oppeln 188y).
1) Cependant Molière dit encore deduna ma pocher etc.
2) SiTTL, Lokale Verseh., p. 72.