SCÈNE III DOMINIQUE, MASCARAT, ANDRÉ
La porte du fond s'ouvre, André paraît avec Mascarat. Dominique sur le premier plan dans le fautenil, tourné de profil.
MASCARAT. au fond.
Tenez, monsieur, le voilà, toujours dans la même position. Oh ! vous pouvez approcher, il n'a pas l'air méchant.
André, qui a fait deux pas en avant, s'arrête et pousse un grand cri qui
fait bondir Mascarat en arrière.
ANDRÉ
Dominique !
DOMINIQUE. Il s'est levé et, le visage inondé de larmes, tend les bras à André qui s y précipite.
André!... Ah! cher enfant.
Ils restent un moment dans les bras l'un de 1 autre. MASCARAT.
Il faut croire que ce sont d'anciennes connaissances ! S'embrassent-ils ! bon Dieu 1 s'embrassent-ils!
fi LE FRERE AINE
ANDRÉ
Oh ! je t'en prie, laisse-mui te regarder. Il me semble que je ne t'ai jamais vu... Vraiment, c'est toi, Dominique, mon frère Dominique, notre Domé, comme nous disions.
DOMINIQUE, souriant.
Domé lui-même, en chair et en os... Tiens, que je t'embrasse encore... Tu ne sauras jamais tout le bien que cela méfait de te revoir...
ANDRÉ
Mais enfin, dis-moi comment?... quand? pourquoi? Parlemoi un peu, voyons ! Non, ne parle pas, assieds-toi d'abord, mets-toi là!... Tu ne t'en iras plus, n'est-ce pas?... Te voilà pour toujours, au moin??
DOMINIQUE
Oui, oui, pour toujours !
ANDRÉ
Tu ne nous quitteras jamais?
DOMINIQUE
Jamais!
ANDRÉ
Tu nous le promets?
DOMINIQUE, souriant.
Je vous le promets.
ANDRÉ, allant et venant comme un fou.
Ah 1 mon Dieu ! mon Dieu ! quel bonheur ! Dominique, Dominique est de retour. Comment me faire à cette idéelà ? Dominique est de retour !
MASCARAT, à part.
Je n'ai jamais vu monsieur dans un état pareil; il pleure et il rit en même temps ; on dirait que l'autre lui a donné son mal.
DOMINIQUE
Ah ! cher petiot, que c'est bon de te voir courir dans la maison, comme quand tu étais enfant.
Oh ! je n'ai pas changé, je suis toujours enfant, tu verras.