‹ Le frère de Piron, comédie-vaudeville en un acteChapitre 4 sur 23 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, PIRON, M-« PIRON, entrant par le côté gauche , GUICHARD , entrant en même temps par le fond.

PIRON, M'"^ PIRON. Ah î

GUICHARD. Ohî

LOUISE. Manière î

PICHONNEAU. Monsieur Guichard !

PIRON. Qu'est-ce que je vois!

LOUISE, à Pichonneau. Etes-vous maladroit î

GUICHARD. C'est très-bien... très-bien... monsieur Pichonneau.

PIRON. Je suis confus... je me voile le visage... Comment, mademoiselle?... vous permettez ..

GUICHARD. Je suis fâché d'être arrivé si mal à propos.

mme PIRON, Ces enfans s'aiment... ils ont notre consentement.

PIRON. Oui, c'est cela.

GUICHARD* Ah ! vous connaisscz leur intimité ?

PIRON. Eh ! non.

GUICHARD. Libre à vous, monsieur Piron. Au fait, il est aujourd'hui bien des pères de famille qui n'y regardent pas de plus près.

jume PIRON. Qu'est-ce à dire?., comment l'entendez-Yous ?

LE PBÈRî: DK PfRON;

GUICHARD. Ce ne sont pas là mes affaires, (y/ P/ron.) Vous êtes venu ce matin chez moi. J'étais sorti. Le but de votre visite était sans doute de solliciter ma voix pour être nom nié membre de notre académie de morale?

PiROi^. Oui, c'est en effet dans cette intention...

GUICHARD. On choisit aujourd'hui entre les candidats.

PIRON. Et j'ose espérer...

GUICHARD. Les titres qui peuvent donner droit à riionneur que vous sollicitez, ne sont pas si faciles à acquérir que quelques gei\s le croient. Il faut une conduite austère, 'hréprochable pour mériter d'entrer dans une académie dont le but est d'arrêter, par le bon exemple, le débordement des mauvaises mœurs.

piRO\. Est-ce que je ne dois plus compter sur votre appui ?

GUICHARD. Je ne m'explique pas. Mais, à ce que je puis voir , vos principes ne s'accordent pas précisément avec ceux de la société dont vous voulez faire partie. Vous avez peut-être raison; chacun est libre , ce ne sont pas là mes affaires. A en juger seulement par la manière dont vous élevez votre fille...

^me pinoN. Comment! comment!... ma fille est bien élevée, entendez-vous?

^ GUICHARD. Ah! elle se permet cependant un amoureux...

M™* PiRON. Il y a bien des femmes mariées qui en ont... Attrape.

GUICHARD. C'est possible... ce ne sont pas là mes affaires... je me retire.

^me pinoiv. Et vous les connaissez, celles-là?..

GUICHARD. Je ne sais ce que vous voulez dire. Adieu, monsieur Piron ; à vous parler franchement , j*ai peur que vous ne soyez jamais mon confrère...

jime PIRON. Votre confrère?., comment l'entendez-vous?.. non, il ne le sera pas, c'est moi qui vous le dis.

PIRON. Voulez-vous vous taire?...

GUICHARD. Il suffit... pardonnez-moi devons avoir dérangés.

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