SCENE XV
PIRON, BEAUSOLEIL, PICHONNEAU, LOUISE, GUICÎIAUD.
GUTCIIARD , très-cmu. IMonsicur Piron !.. nchanté de vous trouver, nioiisieiu-.
riuON. C'est moi qui suis flatté, maître Guicliard... Voulez-vous m'apprendre le motif?..
GUlf:ilARD. Faites retirer ces enfans , monsieur... quoique dans celte maison. .. Enfin, c'est pour moi.
riRO\, il I.oiiir.c cl à Vicliiinr.niii. Laissez-nous, {A hil-rnànc.) Que diahle a t-il?
riCIION\CAli , Ixts en sortant. Dites donc, mademoiselle Louise, jt; le trouve tout boufli, uionsieur Guichaid.
PIR0\ , il nein.'.sai'ci'. \ ous jiei nieMe/,?
BEALSUI.r.ll.. V,:Mi i \iOii.... (>ii-'y;.ui-
fornie , papa. (A lui-mi'me.) Je dis que ça marche joliment.
(Louise et l'iclionnuaii sortent. Beausoleil reste au fond. }
SGErs'E XVI, PIRON, OriCHARD , BEAU.SOLEIL
nu fnnif.
rinOX. De quoi s'a;;il-il , maître Guicliard? je suis tout oreilles.
GUïC.il'kiiD. Il y a des hommes, monsieur, pour qui la vertu n'est qu'un vain mot , les mœurs un ridicule , la décence une fiction.
PIRON. Plaît-il?
GUICUARD. L'académie dont j'ai l'honneur d'ètie membre ne se laisse pas outrager impunément. Vous avez ontm^é l'académie.
riRON. Monsieur...
GUiciiARi). Vous l'avez indignement outragée.
PIRON. iMonsieur Guiehard !.... je ne comprends pas un mot à la scène affreuse...
GUICIIARI). Pas de discours !
PIRON. Expliquez-vous...
GUICIIAUD. Rien.
PIRON, Il faut que je sache...
GUiCHARD. Finissons.
PIRON, Ah î la patience m'échappe à la fin. C'est vrai , vous venez me parler de vice , de corruption. Qu'est-ce que c'est?.. Qu'est-ce qu'il y a donc ? Apprenez que je ne suis pas ])lus vicieux que vous , pas plus
corroiuj)u que n'importe qui à Dijon
C'est-à-dire même qu'il y a des choses que je suis peut-être le seul à ignorer à làge où me voilà.
GUICHARD. Ce n'est pas ce que nous disait votre émissaire , monsieur.
PIRON. ÎMon émissaire !.. ah ça !,.. cpii donc :'
GUicnARD. Une espèce de soldat, de malotru ; je ne sais qui.
BEAUSOLEIL, 5 '(/(v;//fa/j/. Présent. Quand on ne sait pas qui, on ne donne pas d«> nom ; d'aut.mt plus que je ne cache pas le mien. Je m'appelle Beausoleil,,. joli nom; je reviens de Philisbourg : vive mon m.aréchal I Qu'y a-l-il pour votre service, l'an ci en?
PIRON. ]Mais monsieur n'est p.is thi tout...
REAUSOLEir.. Si\iricit, pipn. Cl ne vou.^ re;>;U(le point. J'ai suivi le colloque... je n'v a; rien compris. . ça m'a paru curieux.
l'iRON , il Gnic liarJ. Vous m'expliquerez,
LE MAGASl:
nioiijicur, li; ir.otifilo l.i niysllficnlion tlont je Mils vicliiiii-. ^ oiis èlcs venu lu'iiisullcr iliLZ moi.
GiiCii\Rr>. IMonsieur !..
niiON. Oui , Mionsieur. Vous ne m'ainitz pas , je le sais. Vovis avez toujours été jaloux lie moi.
|}i:.M soi.KiL. Il est jaloux, c'est dair ; je inVii «"lais douté. (// (hiirluirdS) Il parait (|ue vous vous meltz aussi d'en faire et que ça ne vaut pas le diable? (/-/ Pion.) Comment ra]ipelle-l-ou c'i'académicien-là?
l'ii'.ON. Giuiliaid.
Lr.Aisoi.E;!,. Je n'ai vu ce nom-là nulle part. i/V Cuidiord.) Donc, l'ami, nous allons liaisstr ])avillou devant le grandliomuîe, et tâcher de réparer nos sottises eu lui donnant notre voix?
GLICIIAUD. Qu'est-ce à dire?
BiiAL'sOLKiL Pas de bruit , je te le conseille.
,^ l'iU0\. Monsieur le militaire...
(iiiicnAitD. IMe tutoyer!
lîi: A t SOLEIL. C'est le langage des anciens: ça doit t'aller. Allons, fantassin, pai le liane droit, et partons vivement
(UiniARD. Une telle insulte! ]Monsieiiil... je me vengerai.
l'.i. wsoi.EiL. .le me soucie de toutes les aia(l('inies de l'Europe comme de ça... tu pni\ le dire à les camarades.
l'iKOiN. Laissez-moi vous faire entendre...
r.KM SOLEIL. Ne vous dérangez pas, ]>apa. Je vas le reconduiie jusqu'à sa ca-
si rue.
KNSr.MBI.E.
CI iciiAr.n.
.\c c<-(1p à ia violfiicr, .M;iis ici je xous rend D'une Icllc iiisolfucc Kcsj)iiii.-..,l)!c et j;iuai:t.
liEALSoi LU., à (jiiuluird.
File sans irsislancc.
On j t:inc, lu m iiilciuls ?
Alloii;,, iiiMiclie, ft hilcnc»-; On irpail' pas dans les langs.
riuo.N.
Ali ! (picUe violcncil Hcl;isl c"o..t moi (ju il rend I) une telle insolence; l\esj)oiis;il)le et gaianl.
SCEM:: XVJl.