‹ Le frère Didace Pelletier, RécolletChapitre 11 sur 99 · LES PARENTS · texte numérisé non relu

LES PARENTS

1^1 ous avons dit que les premières conces- -*- ^ sions de terre à Sainte-Anne-de-Beaupré ne remontent pas plus haut que 1650 ; nous parlons, bien entendu, des concessions faites sur l'étendue de terre comprise entre la Rivièreaux-Chiens et la Grande-Rivière. En 1650 une concession de douze arpents de front fut faite à Etienne Racine ' tout près de la Rivière-

I. Il avait épousé à Québec, le 22 mai 1638, Marguerite Martin, fille d'Abraham Martin qui adonné son nonx aux " Plaines d'Abraham. "

aux-Chiens. L'année suivante, le lo février, Etienne Lessart acquit une terre de dix arpents de front située à une quarantaine d'arpents plus au nord-est que celle d'Etienne Racine. Claude Poulain s'établit au sud-ouest d'Etienne Lessart avec six arpents de terre de front concédés le i8 septembre 165 [ ; tandis que Robert Giguère et Julien Mercier recevaient au nordest du mêjne Lessart chacun cinq arpents de front, le premier à la date du 21 février, le deuxième à celle du 15 septembre.

Après quoi, il faut passer à l'an 1655 pour retrouver de nouvelles concessions, du moins écrites, et il ne paraît pas y en avoir eu de verbales. En 1655, dix concessions furent faites ; sept le trente janvier, deux le 31 du même mois, une le 12 février, celle-ci faite par Aubert de Lachenaye, les autres par M. de Lauson, Gouverneur de la Nouvelle-France. Les titulaires des deux concessions du 31 janvier étaient Robert Foubert dit Lacroix et Georges Pelletier. Occupons-nous de Georges Pelletier ; c'est lui qui a été l'heureux père du Frère Didace ; heureux, trois fois heureux, puisqu'il

a donné à Dieu un vrai serviteur, à l'Eglise un saint, au Canada, sa nouvelle patrie, une gloire de plus.

Dans le titre de concession le Gouverneur s'exprime ainsi: ".•■ donnons et concédons par ses présentes, à titre de cens et rente seigneuriale payable par chacun an au jour et feste Saint Martin d'hj'^ver, à Georges Pelletier, le nombre de trois arpents ou environ de terre et bois déserté, sur le grand fleuve Sainct Laurens, chacun arpent estant de dix perches dé front, et de profondeur jusques aune lieue et demie. Les dicts trois arpents ou environ tenant d'un costé à Robert Foubert dict lacroix, d'autre à Claude Poulain, pardevant sur le dict grand fleuve Sainct Laurens, par derrière aux terres non concédées.' "

I L'original du titre de concession délivré à Georges Pelletier, signé de la main du Gouverneur, est conservé aux archives de Sainte-Anne. Il fut rédigé " au fort Saint-Louis de Québec ce trente uniesme janvier mil six cent cinquante cinq. " — " signé : " Lauson, par Monseigneur, Rouer. "

D'après le titre de sa concession Georges Pelletier avait donc pour voisins inimédiats, au nord-est Claude Poulain, au sud-ouest Robert Foubert ; tandisque la terre de celui-ci était bornée au nord-est par celle de Georges Pelletier, au sud-ouest par celle de François Boivin qui avait acquis les droits de Michel Levasseur, huissier, à Québec, et premier concessionnaire de cinq arpents, que François Boivin passa bientôt à son neveu Pierre Boivin.

Telle était, d'après leurs titres, la situation 'de la terre des deux concessionnaires du 31 janvier 1655. De fait il n'en fut pas ainsi. Georges Pelletier occupa le lot concédé à Robert Foubert et celui-ci la terre de Pelletier. Pourquoi cet échange.^ Rien ne l'explique et il ne paraît pas avoir été confirmé par quelque autorité compétente ; mais le fait est hors de doute, confirmé qu'il est par de nombreux actes de notaires, des recensements, et autres pièces officielles donnant à Georges Pelletier comme voisins immédiats au nord-est Robert F'oubert et au sud-ouest François Boivin.

La concession fut faite sous certaines condi-

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tions. " le dict Pelletier s'est obligé d'y continuer sa demeure, y avoir feu et lieu ou autre pour luy, et payer audict jour Saint Martin d'hyver, à commencer au jour qu'il s'y est estably et continuer à l'advenir par chacun an pour chacun arpent vingt sols' à la recepte des seigneurs de Beaupré- • • douze deniers de cens et la dixme au curé lorsque le cas y escherra, et pour la dicte concession deux chapons vifs en l'hostel seigneurial dudict Beaupré- •• ne pourra le dict Pelletier chasser n'y pescher que sur et vis-à-vis la présente concession, sans le gré et le consentement de ses voysins- • - " Ces dispositions étaient généralement les mêmes pour toutes les concessions.

Georges Pelletier ^ était normand ; avant

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