‹ Le frère Didace Pelletier, RécolletChapitre 13 sur 99 · Aujourd'hui on dirait plus exactement : veste, pardessus · texte numérisé non relu

Aujourd'hui on dirait plus exactement : veste, pardessus

6o LE FRÈRE DIDACE

plis ni boutons, qui descend et recouvre leur grande cotte d^ la longueur de douze à quinze pouces. Ces habillements sont ordinairement de drap ou de serge de la même couleur, soit rouge, soit bleue, car ils s'interdisent les autres. Toutes les coutures de leurs vêtements sont couvertes par un gallon de soie blanche, de la largeur d'un gros pouce. Enfin, au lieu de chapeau, ils portent des toques, soit de velours,. soit de drap de différentes couleurs, ce qui, en total, forme un ancien costume qui n'est pas dépourvu d'agréments-' "

Les Polletais avaient un dialecte particulier, et l'auteur des Mémoires chronologiques de Dieppe, dit qu'à l'époque où il écrit (1785), les habitants du Pollet savaient " à peine quatre cents mots de notre langue qu'ils prononcent avec un accent particulier qui leur est propre. " " Au reste, ajoute-t-il, cette classe d'hommes, isolée des autres, a des mœurs plus simples, a plus de foi, est laborieuse, charitable et fait voir son zèle pour la gloire de son.

Mémoires chronologiques, vol. il, p. 56.

LE FRÈRE DIDACE 6l

prince, par la bravoure avec laquelle elle défend l'honneur du pavillon français/ "

" D'après quelques écrivains, ces loups de mer (les Pelletais) et ces fortes brunes (les Polletaises) au teint halé auraient une origine vénitienne. Il est reconnu que vers le douzième et treizième siècles, époque où la colonie du Follet semble s'être formée, les Vénitiens entretenaient de fréquents rapports avec les Normands et qu'ils avaient coutume de faire escale à Dieppe en se rendant en Hollande ou dans la Baltique. Les vestiges de leurs passages successifs pourraient à la rigueur se reconnaître dans le costume polletais, remarquable par un bariolage et un clinquant qui n'ont certainement pu être imaginés que par des hommes du midi, et dans le langage des habitants dont la prononciation molle et efféminée est pour ainsi dire toute vénitienne." "

Page 1