I. Audouart, notaire. Greffe de Québec
iÇ) LE FRÈRE DIDACE
pour se préparer au voyage qu'elles effectuèrent au printemps de 1656. Il n'est pas besoin de documents pour affirmer que Georges Pelletier se trouva à Québec pour l'arrivée des vaisseaux et qu'il reçut avec joie son épouse et les nouvelles des parents laissés là-bas, de l'autre côté de l'Océan, dans la belle Normandie. Après les premières effusions de la joie la plus vive et la plus légitime, après avoir visité, ce qui ne devait pas être long, la capitale de la Nouvelle- France, salué les amis, les compatriotes, Georges Pelletier conduisit son épouse non pas chez des étrangers, mais chez lui, sur la côte de Beaupré.
D'après la teneur de sa concession il semble bien que Georges Pelletier avait fait des travaux de défrichement avant de recevoir le titre de sa propriété. M. de Lauson lui concède en effet "trois arpents ou environ de terre et bois déserté. " Cette dernière expression ne veut pas dire autre chose sinon qu'une partie de la terre était déjà défrichée. Voilà peut-être aussi pourquoi ce même titre de concession porte que " le dit Pelletier s'est obligé
d'y continuer sa demeure. " Quoiqu'il en soit," Georges Pelletier ayant eu sa concession à la fin de janvier 1655, dut dès le printemps suivant pousser activement les travaux de déboisement et de culture ; il dut aussi se hâter de bâtir un modeste logis. Cette maison fut construite sans nul doute à la mode normande, en "colombage pierrotté " ainsi que s'exprime Marie de l'Incarnation, écrivant à son fils le 26 août 1644, et lui disant que " les maisons des habitants, excepté deux ou trois " sont ainsi faites.' Cela se faisait en élevant une charpente formée de colombages distants les uns des autres d'un demi pied environ et posés verticalement, et en remplissant ensuite avec de la pierre et du mortier ou de la terre glaise l'espace compris entre ces colombages.^ Le toit était invariablem.ent en planches.