‹ Le frère Didace Pelletier, RécolletChapitre 80 sur 99 · C'est ce que nous avons rapporté au Chapitré il · texte numérisé non relu

C'est ce que nous avons rapporté au Chapitré il

2. M. le chanoine fait allusion à la biographie et aussi à la cause de béatification du Frère Didace.

3. M. le chanoine Anatole Loth touchait en effet à 1^^ fin de sa carrière ; il est décédé au PoUet le 24 décembre 1908, âgé de 68 ans.

gnage en faveur de la sainteté du serviteur de Dieu a d'autant plus de valeur au point de vue que nous avons pris dans ce chapitre que Monsieur le curé du Follet ignorait encore entièrement ce qu'on pensait en Canada du Frère Didace et ce qu'on a dit de lui ou écrit sur lui. Il faut en dire autant des Dieppois qui ont encore aujourd'hui en vénération particulière notre Récollet. C'est un héritage qu'ils ont religieusement reçu de leurs ancêtres. Ceux qui: ont de ses portraits les conservent pieusement. Ayant exprimé à Monsieur le chanoine Loth notre vif désir d'avoir un de ces portraits, du moins pour un temps ; Monsieur le chanoine nous répondit : " Les possesseurs de ces portraits ne veulent pas s'en dessaisir même pour un prêt. Ils consentent seulement à les faire photographier. " Ce qui fut fait avec le généreux concours de notre correspondant. Un des possesseurs de ces portraits nous a écrit qu'en effet elle tenait beaucoup à celui qu'elle avait. Elle ajoutait : " J'espère- • • que vous pourrez un jour rendre glorieux ce saint que moi-même invcque avec confiance. " Un autre, racon-

tant comment la mère de sa femme avait acquis un de ces portraits, nous apprend avec quel soin on le conservait. Celui qui le lui confia lui dit '* qu'il avait bien un fils, mais que la femme de celui-ci ne respecterait pas assez ce portrait, que d'ailleurs son fîls n'avait pas d'enfants et que ce portrait qu'il tenait de ses parents ne devait pas sortir de la famille. " Il ajoute que cette femme qui venait de recevoir ce portrait du Frère Didace " le considérait comme un saint et un petit cousin, mais qu'elle ignorait le degré de parenté entre eux. "

D'ailleurs ces mêmes personnes ne possèdent aucun détail biographique sur le Frère Didace. Seul le souvenir de ses vertus et de sa sainteté a été conservé et transmis d'âge en âge jusqu'à •eux. Et ce fait donne une force toute particulière au témoignage de ces personnes en faveur •de la sainteté du serviteur de Dieu ; il montre aussi qu'elles n'ont pas acquis leur conviction après avoir lu une biographie quelconque du Frère Didace, mais que cette conviction ils l'ont reçue comme un dépôt sacré de leurs ancêtres.

Trouvons-nous en Canada une tradition de ce genre ? Nous avons relevé lé fait que la, dévotion au Frère Didace est très répandue en Canada, surtout depuis une vingtaine d'années, ce que d'ailleurs nous étudierons en son lieu. Mais nous le rappelons pour faire remarquer qu'il est plus difficile à présent de faire à la tradition la part qui lui revient dans la conservation de la mémoire du serviteur de Dieu, car la tradition se confond, se mêle dans les souvenirs de plusieurs avec les connaissances puisées à des sources plus récentes. Cependant nul doute que le souvenir du Frère Didace ait survécu en Canada comme à Dieppe.

Nous avons recueilli dans les registres paroissiaux de Sainte-Anne-de-Beaupré une note anonj^me écrite au bas d'une page et en rapport avec un acte de baptême où le parrain avait été Claude Pelletier, plus tard le Frère Didace. Cette note est ainsi conçue : "Claude Pelletier dont il est parlé ci-dessus est le Frère Didace, Récollet, mort en odeur de sainteté au couvent des Récollets de Québec vers 1700. " L'auteur de cette note commet une double

erreur de lieu et de date, mais son assertion au sujet de la sainteté du Frère est aussi juste que précieuse. Précieuse elle l'est, puisqu'elle nous permet de constater que la mémoire du Frère Didace était encore vive une douzaine d'années environ après la cession du pays aux Anglais.

Celui qui a écrit cette note, parait relater un fait bien connu du public. Il ne dit pas que ce Claude Pelletier se fit Récollet et qu'il mourut en saint ; mais, ce Claude Pelletier est le Frère Uidace ; comme s'il eiàt dit : Vous connaissez le Frère Didace, vous savez qu'il est mort en réputation de sainteté, or c'est lui qui dans le monde s'appelait Claude Pelletier. L'auteur de cette note, il n'est pas possible d'en douter, est M. Pierre René Hubert,^ curé de Sainte-Anne-de-Beaupré de 1767 à 1777. Durant ses loisirs. Monsieur Hubert "mit en

I. Né à Québec en 1744, ordonné prêtre le 19 septembre 1767, mort au Château-Richer le 14 janvier 1797. Mgr Jean François Hubert, 9° évêque de Québec, est son frère.

ordre tous les registres et les livres de la Fabrique. Il a laissé de précieuses notes qui jettent aujourd'hui une grande lumière sur plusieurs points de l'histoire de la paroisse.' " Ce qui nous enlève tout doute que Monsieur Pierre René Hubert soit l'auteur de la note sur le Frère Didace est la parfaite ressemblance de son écriture, de chacune de ses lettres avec l'écriture, avec chaque lettre de cette note. Les chiffres eux-mêmes trahissent leur auteur, <iuand on les compare avec ceux écrits par Monsieur Hubert.'

La note de Monsieur Hubert fait-elle écho à une tradition qu'il recueillit parmi ses paroissiens, c'est bien possible ; nous avons fait quelques recherches pour savoir si la mémoire du serviteur de Dieu a été conservée dans son vil-

Page 1