L'ancienne église des Récollets
glise ne tenait pas, parce que le saint était dans une église protestante (discours d'enfants). Je ne me souviens pas si ce sont les religieuses ou nos parents qui nous parlaient de ces choses là. "
Un autre témoignage de haute valeur est celui d'un vénérable Sulpicien de Montréal, Monsieur François Daniel.' Au cours d'une conversation qu'il eut le 6 décembre 1905 avec le T. R. P. Colomban, Provincial des Franciscains, Monsieur l'abbé Daniel raconta ce qui suit: " Autrefois j'allais aux Trois-Rivières ■ • •; il y avait sur le bord du fleuve un terrain qu'on me disait avoir appartenu aux Récollets et où était enterré un saint Frère. On avait ce Frère en grande réputation de sainteté ; on disait même qu'il avait fait des miracles • • ■ " — ' 'Cette réputation était donc bien établie, c'étaient les
I. Né à Coutances (France) le 6 septembre 1820, ordonné prêtre le 27 mai 1847, arrivé au Canada le 24 octobre de la même année. Répert. du clergé canadien. — M. Daniel est décédé à Montréal le 20 février 1908 âgé de 87 ans.
gens des Trois-Rivières qui vous disaient cela?" — "Oui, ce que je vous dis est très positif.' "
Quatre mois plus tard, nous sommes allé nous-même lui faire visite dans le but de l'entendre nous raconter ce qu'il savait sur la vénération des Trifluviens pourle Frère Didace et de nous en faire délivrer le récit par écrit signé de sa main. Monsieur l'abbé Daniel se rendit bien volontiers à nos désirs et nous dicta ce qui suit, que nous citons, bien que ce soit, nous devrions plutôt dire précisément parce que c'est une répétition de son premier témoignage : " Monsieur l'abbé François Daniel, prêtre de Saint-Sulpice à Montréal, déclare que vers les années 1858, 1860 et 1862- •• il allait aux Trois-Rivières à peu près tous les ans et que dans cette ville il avait souvent entendu les gens lui parler ou parler entre eux du Frère Didace, Récollet. Il se rappelle très bien avoir entendu dire qu'aux Trois-Rivières il y avait
I. Lettre du T. R. P. Colomban, écrite aussitôt après la conversation qu'il venait d'avoir avec M. l'abbé Daniel.
un terrain ayant appartenu aux Récollets et que là était enterré un saint Frère. On avait ce Frère en grande vénération et réputation de sainteté. On disait même qu'il avait fait des miracles-" Ces choses frappèrent d'autant plus Monsieur l'abbé François Daniel qu'auparavant il ne connaissait pas du tout le Frère Didace.
"Ayant reconnu que ce qui précède est bien l'expression de ses déclarations faites à nous soussigné, Monsieur l'abbé Daniel a signé de sa main ; ce 4 avril 1906. "
Monsieur Jacques Viger, célèbre historiographe, antiquaire aussi, décédé en 1858, aurait été certainement en état de donner un témoignage très précis sur la sainteté du Frère Didace et sur l'opinion de ses compatriotes à ce sujet. Il connaissait bien le saint Récollet, puisqu'il avait en mains les Actes du Frère Didace ; et il nous paraît difficile d'admettre que cet érudit n'ait pas été piqué par la curiosité d'apprendre du nouveau sur la vie du premier Canadien mort en odeur de sainteté. Peutêtre a-t-il laissé des notes à ce sujet, nous
l'ignorons. Le précieux manuscrit passa des mains de M. Jacques Viger dans celles d'un autre antiquaire pareillement érudit, Monsieur l'abbé Hospice Anthelme Verreau, Principal de l'Ecole Normale Jacques-Cartier, Montréal, de 1856 à IÇ02. Nous allons voir cet événement d'ailleurs fort simple devenir un des moyens dont Dieu s'est servi pour répandre de nos jours a dévotion au Frère Didace.
CH-APITRE XII