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on doit conclure par l’âge qu’il avait à sa mort qu’il était né en 1765. On ne connaît donc rien des premières années de ce bon religieux franciscain ; mais on doit facilement supposer, en jugeant de larbre par le fruit, qu’il appartenait à une de ces bonnes familles de la campagne . où règne l’amour de Ja vertu ct de Ja piété, et où on forme le cœur et l'esprit des enfants pour le service de Dieu surtout et avant tout, car le Frère Louis semblait marcher naturellement et sans efforts dans les voies qui conduisent à la perfection.
Quoiqu'il en soit, il est certain que le Frère Louis faisait partie de la communauté des Récollets lors de l’incendie de leur monastère, le 6 septembre 1796, car le député-commissaire-général, James Thompson, témoin oculaire, rendant compte de cet incendie, dans une lettre écrite, le 27 mars 1866, à l’âge de 83 ans,
dit: “Plus tard, dans l'après-midi, je
__ pus me faufiler à travers la foule, et j’atdu “ai nel le. à des Récollets où “je ren
“contraile Frère Louis qui me fit mauger des pommes cueïllies sur le arbres” (4) “ C’est la première action connue du Frère Louis. et elle: fait honneur À son bon cœur. Dans un moment où, les yeux fixés:sur les ruines fumantes de son cher monastère, les plus sombres pensées et les-regrets les plus amers devaient assaillir son Âme attristée, il donne le change à la douleur qui oppressait son cœur en cherchant à faire plaisir à un petit enfant.
Mis, en cueillant ces. pommes, il: dut penser'ausst avec chagrin qu’il faisait. là le dernier acte de possession de son‘jardin, à la:culture duquel il s’était sans doute appliqné bien: des fois avec bonheur, car:il savait. que le gouvernement allait s’en emparer: immédiatement (2):
‘ En effet, dit M. de Gaspé dans ses Mémoires; le:gouvernement prit aussitôt CA) possession de l'emplacement et: des ma- | sures ; et quelques jours après le désastre,
RCE Album du touriste, par J.-M. LoMoine, page 40. | De ‘au'ellee passait: près. de -ce: joint. de: celui. de ini
des cabanes, dans lesquelles on vendait toute espèce de liqueurs, étaient érigées dans leur beau verger. ”
Lors de l'incendie de l’église et du monastère des Récollets il y avait, dit M.
Proulx, ancien curé de Saint-Vallier, deux Pères, le Père Berey, supérieur, et un autre Père (probablement employé dans le ministère à la campagne et alors à Québec par circonstance), et quinze Frères lais. (
Le Frère Louis était donc, lui aussi, un de ces quinze Frères Récollets dont M.
de Gaspé dit, en parlant de cet incendie :
* Pendant quelques jours, à la suite de ce désastre, on vit errer les pauvres moines près des ruines du monastère dans lequel ils avaient trouvé un asile contre la tourmente de la vie Ils se promenaient, tristes et pensifs, près des voûtes où ils avaient espéré que leurs cendres seraient mêlées avec celles de leurs devanciers qni avaient rendu tant de services à la Nouvelle-France. ” ds
Semblables à ces moines du Moyen-
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Age dont parle le comte de Montalembert, qui ‘ aimaient tant leurs chères retraites qu’ils se le reprochaiïent comme on doit se reprocher de trop aimer le monde et ses attraits, ” et semblables encore à Pierre de Blois qui, ‘ en quittant .son abbaye de Croyland pour retourner dans sa patrie, s'arrête sept fois pour regarder en arrière et contempler encore ce lieu où il avait été si heureux, ” (1) ces bons Frères Récollets ne pouvaient se résoudre à s'éloigner d’un lieu jusque là si aimé et désormais si cher à leur souvenir.
‘ Un mois après ce sinistre, continue M. de Gaspé, on voyait à peine trois capuchons dans toute la ville de Québec :
les fils de saint François, dispersés dans toute la colonie, gagnaïent paisiblement leur vie comme lés autres citoyens. Ceux des moines qui avaient fait des études, comme le Frère Lyonnais, prirent la sou- : tane, et furent ordonnés prêtres; ceux
qui avaient une instruction suffisante
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4) Les Moines g Occident.
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LE FRÈRE LOUIS 19 En srerieiamintt trempe dirigèrent des écoles, et les autres s’occu-
rent de travaux mécaniques ou d’agrieulture. Chose extraordinaire ! la langue empoisonnée de Ja calemnie ne chercha jamais à ternir la réputation de ces homnes vertueux.” In attendant le monu-
ment que la reconnaissance devrait vous.
élever, recevez, bons Frères Récollets, ce
juste témoignage et ce bel éloge.
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‘| Des quinse Frères qui étaient au monastère de Québec, lors de l'incendie, six seulement sont connus, savoir :
1o Le Frère Lyonnais (Fierre-Jacques Bossu dit Lyonnais), dont parle M. de Gaspé, qui fut urdonné prêtre Île 20 août 1797, demeura au séminaire de Québec, mourut le 17 août 1803, à l'Hôpital-Général, à l’âge de 32 ans ct demi, et fut enterré dans le cimetière de ce monas-
- tère.
20 Les Frères Bernardin ct Bernard,
dont parle M. Thompson dans la lettreci-dessus citée, et dans laquelle il dit
amssi qu'un de cos quinze Frère, qu'il ne .. nomme pas, “devint navigateur entre re Québec et Montréal. A
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LE FRÂRE TOUIS
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30 Le Frère Paul {né Thomas Fournie); longtemps. portier et sacristain à l'évêché de Montréal et chez les Sulpiciens. |: |
40 Le Frère Marc (né Contant ct oncie maternel de M. Fortier, mort curé de Nicolet}, qui s’établit À Saint-Thomas de Mertmagny où il fit r’école pendant longtemps et pratiqua le métier d’horloger jusqu’à $a mort. |
90 Enfin ie Frère Louis dont il est surtout question dans cette étude.
Quant au Père Félix Berey, leur supérieur, il alla se réfugier, dit M. Thompson, ‘dans une maison retirée dans la rue Saint-Louis, ayant appartenu à M.
François Duval, alo.e clere du marché de la haute-ville “où il est mort le 18 mai " 1800, à, l’âge de RQ ans. 11 fut inhumé dans la chapelle de Notre-Dame de Pitié de la basilique de Québec.
«. 2e Père Berey “ recevait du gonvernement anglais un traitement de cinq cents
“leuis, dit. M. de Gaspé: aussi. avait-il ses
nppartenents séparés où il rocevait ses
amis, donnait des dîners aux gonv2rneurs,
voire même au duc de Kent.” C'était un homme de beaucoup d'esprit, mais il
-était fils d’un officier de l’armée régulière
et avait été aumônier d’ux régiment ; il y avait contracté “cs goûts et des allures tant soit peu soldatesques ”’—qui ne cadraient pas toujours avec lhabit de saint François qu’il portait. Il passait pour grand prédicateur et il était, dit M.
Proulx, souvent invité par M. Baïlly de Messein à prècher dans la paroïsse de la Pointe aux-Trembles de Portneuf, dont cetévèque était curé:
1 y avait de plus dans le pays, lors de l'incendie du monastère de Québec, quatre autres Pères Récolicts. employés dans le ministère et qui, par conséquent, étant
curés où bénéficiers ne reçurent pas de
peñsiens du gouvernement, comme le Père Berey. Ces Pères étaient : Claude Carpentier, mort curé de Verclières le 2 novembre 1798; Léger Veyssière (Frère
Emmanuel), décédé aux Trois-Rivières le “e #6? mai 1800 ; J. D, FRE rpe ee
Dominique), mort le 3 juin 1799 ; Théophile Ducast (Frère Chrysostome) mort
le 1t octobre 1854 À Saint-Michel d'Ya-
maska.
Outre ces quatre Pères, il y ayaït en-
core le Père Louis (Jean Demers. oncle
du grand-vicaire Jérôme Demers), spérieur des Récollets à Montréal, et qui demeura gardien de leur résidence et de leur chapelle jusqu’à sa mort, à l'Hôpital-
Général de Montréal, le 2 septembre
1813, à l’âge de 81 ans et ® mois. Ce fut le dernier prêtre survivant de son ordre en Canada. ii Huit jours après l’incendie du monastère, c’est-à-dire le 14 septembre 1795, Mgr Hubert donna une ordounance réglant la sécularisation des Frères KRécollets, en conformité d’un décret de la Pro-
pagande du 17 septembre 1792, approu-
vé par le pape Pie VI. Ce décret avait
été émis à la. demande de Mgr Hubért qui, prévoyant la nécessité de sécu-
ges
lariser prochainement cet ordre religieux. + 1.
en Canada, avait écrit une première lettre
à ce sujet au cardinal Antonelli, préfet de la Propagande, le 8 novembre 1790, et une seconde le 25 novembre 1791.
Par cette ordonnance du 14 septembre 1796, Mgr Hubert régla et ordonna ce qui suit : |
10 Les Frères Kécollets, tant cléres que laïques, qui ont fait profession dans ce diocèse depuis l’année 1784, sont et demeureront dès ce moment dispensés des observances conventuelles ; nous les dé-
clarons libres de vivre séparément et dans le siècle laissant néanmoins À ceux d’entre eux qui ie âésireraient la liberté de de demeurer dans leur maison de Montréal, À auquel cas ceux-là seraient tenus aux mêmes observances que si le décret de sécularisation n’avait pas cu lieu, et ce tant que les dits religieux resteraient dans la dite maison.
20 Ceux qui préfèreront vivre dans le siècle seront néanmoins obligés à l’obser- vation étroite des règles suivantes rela- tives à leurs vœux : Ils observeront le vœu de chasteté dont ilsne sont aucune- . ment dispensés par les présentes,
Quant à la pauvreté ‘et à l’obéissance monastique, qu'ils ne pourront plus garder à la rigueur, ils en retiendront au moins l'esprit, et pour s’y maintenir, en ce qui regarde la pauvreté, ils ne pourront acquérir aucun bien-fonds, ni disposer du fruit de leurs :épargnes, par donation ou testament, sans notre. peimission expresse. En ce: qui touche l’obéissance, ils nous demeurcront spécialement et directement soumis, en sorte qu’ils ne puissent changer de domicile fixe, de profession, ni de coutumes sans notre agrément ou celui de quelqu'un de nos grands vicaires.
Ils observeront à l'égard de nos: suc- ‘esseurs évêques la même dépendance que par rapport à nous.
3o Nous laissons aux dits Frères, ainsi sécularisés et demeurant dans le monde, la liberté entière de quitter ou deretenir Phabit religieax, en leur observant : 1o que ceux d’entre eux qui aurort une fois quitté l’habit religieux ne pourront plus le reprendre ; 20 que ceux qui