‹ Le frère Louis [microforme]Chapitre 7 sur 15 · DELILLE · texte numérisé non relu

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tait chose presque nécessaire alors, surtout pour les paroisses éloignées de la ville ; car les moyens de communiquer avec les grands centres étaient loin d’être aussi avantageux qu’ils le sont aujourd’hui, et les communautés qui pouvaient s'occuper de la confection des hosties étaient rares.

Le Frère Louis fournissait des hostics à beaucoup de fabriques et ïl disait un jour à M. Proulx, sur un ton un peu goguenard : ‘Savez-vous comment je fais pour conserver, comme fournisseur d’hos tiee, les nombreuses pratiques que jai?

Voici: ce sont presque toujours les marguillers qui viennent les chercher ct je ne manque jamais de leur donner une petite larme de bonne jumaïque. On Île sait, et au lieu de prendre les hosties chez M. Augustin Amyot, à Ja basse-vilic (longtemps fournisseur des fabriques pour vin de messe, hosties, cierges, ctc), on pe fait pas diflicuité de se rendre à la rue Shint-Vallier.”

“ Honni soit qui mal y pense,” car au-

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trefois, surtout à la campagne, on ne laissait jamais partir un voyageur éloigné sans fui donnor une petite larme de cette bonne jamaïique, pour le réchauffer en hiver et le rafraîchir en été. C'était Vusage. (1) D'ailleurs cette boisson, de même que les liqueurs aux gadelles et aux framboises qu'on fabriquait, et les seules à peu près en usage, étaient loin de produire les effets pernicicux et regrettables dont sont la cause les boissons chargées d> matières dangereuses qu’on débite aujourd’hui, et contre lesquelles on a cru devoir, avec raison, établir des sociétés de tempérance.

Le Frère Louis reçut un jour Ja visite de l’évêque anglican Mountain, le second

à A Te posait teen (1) a bouteille, ou la carafe, était toujours prête à cette fin dans l'armoire ou le buffet. Pendant qu'on remplissait le verre à patte, une des femmes ou filles, une des créatures de la maison, arrivait avec la ga'ette à l’anis dont elle coupait, séance tenante, -une petite tranche qu'eile cffrait an visiteur, aussitôt qu’il avait avalé, en io dégusant, le contenu du verre, afin de diminuer le trop piquant du petit coup. Ce potit coup ne 86 prenait jamais sans dire que c'était à la ganté des princi] aux membres dela famille en particulier, de la compagnie cn général,

LE FRÈRE LOUIS de ce nom, qui lui enseigna la manière de faire des oublies coloriées. Il en profita pour se faire le fournisseur G@:8 grandes oublies officielles nécessaires au secrétariat de l'évêché de Québec et à quelques bureaux civils.

Le Frère Louis ne commença à faire des hosties que lorsqu'il cessa de faire l’école, c’est-à-dire vers 1825.

En dehors de ses exercices de piété, qu’il ne négligeait jamais, ilétait toujours occupé à quelque travail manuel, et cela autant par goût que par devoir. Fil m'avait pas autre chose à faire, il s’occurait à enchaîner des chapelets, et 1l savait les remonter, disait-cn de lui, mieux que personne, l’est de lui que venaient en grande partie ces grands chapelets de job généralement en usage autrefois. Cette dernière occupation ne lui faisait pas interror.pre la conversation lorsque, dans ces moments, il recevait quelque visite ; car, il était grand causeur, et de même qu’il travaillait par devoir, il conversait var goût, et ses entretiens étaient toujours pleins d’intérêt et aussi d’édification,

Une des jouissances du Frère Louis était de visiter les malades, qu’il édifait par les réflexions pieuses qu’il leur adressait et que son bon cœur lui inspiraît.

Jusqu’aux dernières années de sa vie aussi il conserva l’usage d’aller ensevelir les morts, usage que pratiquaient les Frères Récollets lorsqu'ils vivaient en communauté. Oeuvre bien digne d’un religieux et bien agréable à Dieu, puisque l’ange Raphaël déclara à Tobie que le Seigneur l’avait envoyé pour lui rendre la vue, parce que entre autres bonnes actions qu’il avait faites, il avait enseveli les morts. ‘Lorsque vous priiez avec larmes, lui dit-il, et que vous ensevelissiez les morts.... J’ai présenté vos prières au Seigneur.” (1) |

Le Frère Louis aimant bien le Bon Dieu, aimait par conséqüont le prochain auquel il était toujours prêt à renûre service, et, bien qu'ayant un esprit naturellement un peu caustique, on ne l’enten- dait jamais prononcer des paroles d’une

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(1) Tobie, 12-12,

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