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Coefficients de transmission superficiels

a) En premier lieu il est fonction du mode suivant lequel la chaleur se transmet de Tair ou des milieux ambiants (couches A' B' et CD') aux surfaces AB et CD de la paroi isolante considérée. Ce mode de transmission est caractérisé par des nombres, qui sont dits coefficients de transmission superficiels des deux surfaces de la paroi étudiée au milieu ambiant.

Ces coefficients, qui dépendent de la nature de la paroi et du milieu ambiant, de Tétat de repos ou de mouvement de ce dernier, sont assez mal connus. Dans les calculs d'isolement on admet qu'ils sont compris entre 8,50 et 10 quand le milieu ambiant est l'air en repos.

3. — Coefficient de conductibilité thermique ou coefficient de conductibilité intérieure. — b) Le coefficient de transmission de la chaleur dépend en outre du mode de transmission de la chaleur au travers du solide isolant lui-même, en particulier de la nature de ce solide et de son épaisseur. Il diminue lorsque cette épaisseur augmente et varie comme un coefficient caractéristique de la substance qu'on appelle son coefficient de conductibilité thermique ou son coefficient de conductibilité intérieure.

Ce dernier coefficient représente le nombre de calories-kilogrammes qui, par heure, traverse I mètre carré de la paroi isolante, lorsque l'épaisseur de cette paroi est égale à i mètre et que la différence des températures entre les deux faces

de la paroi (faces AB et CD de la fig. 58) est égale à I**.

Le coefficient de conductibilité thermique varie avec la température moyenne du solide isolant. Lorsque cette température augmente de 1°, le

coefficient de conductibilité s'accroit de envi-

ron.

Pour la pratique de Tindustrie frigorifique, il suffit de connaître la valeur du coefficient de conductibilité thermique pour une température moyenne du solide isolant voisine de la température de zéro. Ce sont de tels nombres que Ton ' trouvera dans la suite.

4. — Coefficient de transmission de la chaleur et coefficient de conductibilité intérieure. — Lorsque répaisseur de la paroi isolante est suffisante [o°*,20 dans le cas des lièges], le coefficient de transmission est proportionnel au coefficient de conductibilité thermique et inversement proportionnel à répaisseur de la paroi isolante.

Justifions cette proposition par un exemple.

Considérons une paroi isolante de liège ayant une épaisseur égale à o°*,5o et confinant par ses deux faces extrêmes à Tair. Le coefficient de conductibilité thermique de ce liège étant 0,05, le coefficient de transmission de la chaleur au travers de la paroi a, comme le montre la théorie, pour valeur

, 0,50 io»2

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En prenant pour valeur du coefficient de transmission de la chaleur

I 0.05 coefficient de conductibilité

10 0,50 épaisseur de l'isolant

on commet une erreur égale à 2 p. 100, c'est-àdire négligeable. On peut donc dire que le coefficient de transmission de la chaleur est proportionnel au coefficient de conductibilité et qu'il varie en raison inverse de Tépaisseur de l'isolant.

Si répaisseur de la paroi isolante est égale à o"",!©, le coefficient de transmission de la chaleur a pour valeur

En prenant — comme valeur de ce coefficient,

on commet une erreur égale à 10 p. 100. La loi de proportionnalité du coefficient de transmission de la chaleur au coefficient de conductibilité ne peut plus être admise.

Enfin, comme une telle erreur est réduite à 5 p. 100 pour une épaisseur de liège égale à o™20, on voit bien que la proportionnalité du coefficient de transmission de la chaleur au coefficient de conductibilité n'est vraie, pour les parois isolantes, qu'à partir d'une épaisseur convenable, qui correspond à une épaisseur de liège égale à

5. — Valeurs que doit prendre le coefficient de transmission pour répondre aux exigences de la pratique. —

Pour qu'une paroi isolante réponde aux exigences de la pratique, il est bon que son coefficient de transmission ait les valeurs suivantes, qui représentent la déperdition de frigories par heure, par mètre carré de la surface de la paroi, et pour une différence de température égale à un degré entre ses deux faces,

COEFFICIENT de transmission de la chaleur.

Grandes valeurs de la différence des

températures entre les deux faces

de la paroi [2o<» environ] 0,15 à 0,20

Moyennes valeurs de la différence des températures entre les deux faces de la paroi [io° environ]. . 0,20 à 0,30

Faibles valeurs de la différence des températures entre les deux faces de la paroi [$^ environ] 0,30 à 0,45

6. — Avantages économiques d'un bon isolement. — Montrons l'avantage obtenu en réalisant un isolement convenable.

Prenons une maçonnerie en moellons non isolée ayant o°',50 d'épaisseur. Le coefficient de transmission de la chaleur au travers de cette paroi est égal à 2,21 environ. Disposons sur cette paroi un revêtement isolant, qui réduit le coefficient de transmission à 0,25. Nous évitons ainsi par heure, par mètre carré de la surface isolée et par degré de différence de température entre les deux faces une déperdition de frigories égale à

Pour une durée de dix ans (durée de l'installation) à trois cent soixante jours de vingt-quatre

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heures, on évitera par remploi de l'isolant un^ déperdition de frigories égale à

soit pour une différence de température égale à 20** entre les deux faces de la paroi isolée

Comptons 150 fraacs comme prix du rnètr^ cube d'isolant, soit 30 francs par mètre carré pour une épaisseur de cet isolaat égale à o^"#?o. Ce prix est porté ^35 francs par mètre carré an comptant la pose. Le prix de la conservation de la frigorie est alors

et le prix de la conservation de i.ooo frigories est

On adm^ généralement 0*^,05 comme prix de la production de i .000 frigories [prix de i .000 frigories ^^^ io fois le prix de i.ooo calories ; o^'',oo5,prixde i. 000 calories av-ec i kilogrammede charbon à 25 francs la tonne produisant 5.000 calories]. Jue calcul précédant a^onîre ^nc qu'il y a un sérieux avantage à isoler convenablement un mur.

7. — Conditions que doivent remplir les isolants employés dans rindustrie frigorifique. — Les isolants que Ton peut employer dans les installations fri-

gorifiques doivent remplir un certain nombre de conditions que nous allons énumérer.

i'' En premier lieu plus est faible le coefficient de conductibilité thermique de Tisolant, moins grande doit être l'épaisseur de cet isolant qu'il faut employer pour réaliser les valeurs convenables du coefficient de transmission de la chaleur. Or, une diminution d'épaisseur procure une économie d'espace et une économie de matière à mettre en œuvre. On exprime encore cette condition en disant que la matière employée doit être très mauvaise conductrice de la chaleur. A ce point de vue, les substances dont le coefficient de conductibilé thermique est compris entre 0,03 et 0,05 conviennent pour la pratique ; elles correspondent à une transmission au travers d'une épaisseur de i mètre de la substance de o*'*',03 à 0*^*^05 par heure, par mètre carré, et par degré de différence de température entre les deux faces extrêmes de l'isolant (faces AB et CD de la fig. 58). Une épaisseur de 20 centimètres de liège dont le coefficient de conductibilité thermique est égal à 0,05 correspond à un coefficient de transmission égal à

Une plaque de ce liège dont l'épaisseur est égale à 10 centimètres et qui confine à l'air par ses deux faces extrêmes a un coefficient de transmission de la chaleur égal à

2 o.io

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2"" L'isolant doit avoir un faible poids spécifique [poids par mètre cube).

Cette condition est importante pour les installations sur les transports (wagons et cales des navires frigorifiques). Elle ne présente pas un intérêt moins grand pour les installations à terre, à cause de ïa réduction des frais de transport jusqu'à pied d'oeuvre et de la possibilité de faire des économies sur les dépenses de construction en édifiant des constructions plus légères.

Les lièges agglomérés au brai, très employés dans l'industrie frigorifique, ont un poids spécifique égal à 275 ou 285 kilogrammes par mètre cube.

3° V isolant ne doit pas être hygroscopique.

— Les substances isolantes ne doivent pas absorber et retenir l'humidité. Lorsqu'elles sont humides, elles deviennent bonnes conductrices de la chaleur.

Par exemple un liège, aggloméré avec de la caséine, sec et sous le poids spécifique de 148 kilogrammes par mètre cube, possède un coefficient de conductibilité thermique égal à 0,044 ; humide et sous le poids spécifique de 280 kilogrammes par mètre cube (séjour de vingt jours dans l'eau), son coefficient de conductibilité thermique est doublé et égal à 0,088. Une substance moins hygroscopique, un liège aggloméré au brai, dont le poids spécifique passe de 285 (sec) à 310 kilogrammes par mètre cube (séjour de vingt jours dans l'eau), voit son coefficient de conductibilité thermique passer seulement de 0,052 à 0,076.

4^* Si les matières isolantes ont absorbé de Vhumidité [par suite de la rupture d'une conduite d'eau, par exemple], elles doivent pouvoir se sécher facilement et retrouver après ce séchage leurs propriétés isolantes.

5"* Les matières isolantes doivent être exemptes d'odeur ; elles ne doivent pas être putrescibles^ même quand elles sont humides.

La viande, le beurre, les œufs absorbent faci* lement les odeurs et deviennent impropres à la consommation. Aussi convient-il de rejeter certains isolants peu coûteux, mais susceptibles de fermenter, tels la balle de riz* la paille hachée, la balle d'avoine.

&" Il est même bon^ dans certains cas, d'avoir des isolants capables d'absorber les mauvaises odeurs.

La tourbe se trouve avoir une telle propriété absorbante. Mais elle demande une préparation spéciale, qui est, paraît-il, réalisée par une fabrique bavaroise.

7° U isolant ne doit pas attirer les parasites (rats, souris, etc.), ni offrir aux microbes un bon terrain de culture.

S"" Les matières isolantes doivent être incombustibles ou, du moins^ ne doivent pas propager la combustion commencée en un point de leur masse.

Cette condition est particulièrement impor* tante pour les installations d'isolement à bord des navires. C'est pourquoi la laine minérale, sorte de verre filé extrait des scories des hauts^ fourneaux, et totalement incombustible, est

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assez employée pour cet objet, malgré son inconvénient d'être très hygroscopique.

9** Une fois mises en place dans les bourrages, qui constituent les couches d'isolement, les subs^ tances isolantes ne doivent pas se tasser et produire ainsi dans Visolement des solutions de continuité.

Certains revêtements de charbons de bois durs, dénommés charcoaly peuvent par tassement, voir leur poids spécifique ou leur densité de bourrage, passer de 200 à 230 kilogrammes par mètre cube ; leur coefficient de conductibilité thermique s'accroît en même temps. Nous n'avoirs pas de données expérimentales sur cette variation pour le charcoal. Mais des expériences de Nûsselt et de Grœber ont montré que pour Tamiante le coefficient de conductibilité thermique devient deux fois plus grand (de 0,1 à 0,2 à la température de o**) quand le poids spécifique est lui-même presque doublé (de 380 à 700 kilogrammes par mètre cube].

Au Conservatoire des Arts-et-Métiers, M. Biquard a trouvé les valeurs suivantes du coefficient de conductibilité thermique de Tamiante.

Amiante blanche en fibres (57 kilogrammes par mètre cube) 0,054

Amiante ondulée (carton) . Ondulium

u6o kilogrammes par mètre cube) . . . 0,072

Amiante comprimée (1240 kilogrammes] par mètre cube) 0,220

Le kapok de Java sous le poids spécifique de 15,7 kgr. par mètre cube a donné le plus faible coefficient de conductibilité 0,034.

id" Les matières isolantes ne doivent pas attaquer les parties en bois^ en fer^ ou en maçonnerie en contact avec elles.

Il'' Elles doivent présenter des facilités pour le façonnage et V application contre les parois des chambres.

12'' Elles doivent offrir une certaine résistance à la flexion et à V écrasement.

75° Enfiny les matières isolantes ne doivent pas perdre leurs qualités avec le temps.

8. — Emploi de l'air comme isolant — Etudions maintenant quelques-uns des isolants employés dans l'industrie frigorifique.

Uair est un excellent isolant à la condition d'être sec et en repos aussi parfait que possible. L'air parcouru par des courants a un coefficient de conductibilité thermique près de trois fois supérieur à celui du premier milieu [0,04 en moyenne pour ce dernier; 0,115 pour l'air en mouvement]. L'air humide est aussi, toutes choses égales d'ailleurs, bien plus conducteur que l'air sec. Divers expérimentateurs ont constaté que le coefficient de conductibilité thermique de l'air sec augmente avec l'épaisseur de la lame d'air soumise aux essais ; ce coefficient serait, toutes choses égales d'ailleurs, égal à 0,02 pour les très petites épaisseurs ; à 0,04 pour les épaisseurs voisines de 20 millimètres ; à 0,07 pour les épaisseurs de 40 à 140 millimètres*.

I. Cet accroissement semble dû à Texistence de courants se produisant plus facilement dans les couches un peu épaisses que dans les lames très minces.

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Il résulte immédiatement de là que, dans la pratique, on n'a pas intérêt à donner aux lames d'air une épaisseur supérieure à 20 ou 25 millimètres> Il convient d'ailleurs d'ajouter que la multiplication des lames d'air, en augmeiitant le nombre des surfaces de passage de la matière solide à Tair isolant, diminue par le fait même le coefficient de transmission de Tensemble, à condition toutefois que, dans chacun des espaces d'air, celui-ci soit bien sec et à l'état de repos.

On réalise en particulier, ce dernier état en emprisonnant l'air entre les parties ténues d'un corps ; l'ensemble formé par ces parties et par les masses d'air interposées possède des propriétés isolantes. C'est ainsi que les gros morceaux de charbon de bois sont bons conducteurs de la chaleur, tandis que le charbon de bois en paillettes constitue un milieu isolant, grâce aux bulles d'air qui s'y trouvent emprisonnées. Aussi le coefficient de conductibilité thermique d'un isolant dépend-il, comme nous Tavons vu plus haut, du poids de la matière solide contenue dans l'unité de volume, c'est-à-dire du degré de tassement de cette matière ou, suivant l'expression souvent employée, de la densité du bourrage.

9. — Isolants à rejeter. — La pratique a consacré l'emploi de quelques isolants et en a fait rejeter un grand nombre d'autres.- Parmi ces derniers il convient de citer le crin animal, les plumes, la sciure de bois, la balle de riz, la balle d'avoine, la paille hachée, etc. ; ces substances fermentent facilement et peuvent servir d'asile aux rongeurs.

Les isolants les plus employés sont la laine minérale ; le charcoal ; le liège sous ses différentes formes, en particulier les agglomérés au brai.

10. — Laine minérale. — La laine minérale^ qui se présente sous forme de fibres vitreuses, est un silicate complexe de magnésie, de chaux, d'alumine, de potasse et de soude. Elle est produite par l'action de la vapeur d'eau surchauffée sur un laitier constil^ué par un mélange de coke et de silicates et fondu dans une sorte de hautfourneau. Cette substance est par elle-même assez bonne conductrice de la chaleur ; elle ne devient isolante que par Tair interposé entre les fibres. Aussi la densité du bourrage ne doit-elle pas être trop considérable ; elle ne doit pas dépasser 140 kilogrammes par mètre cube.

La laine minérale a Tinconvénient d'être très hygroscopique ; elle attire très facilement l'humidité et s'altère lorsqu'elle est humide. En particulier, si l'eau qui a imbibé ses fibres vient à se congeler, il y a réduction de celles-ci en une poussière qui se tasse et constitue un mauvais isolant. Aussi est-il bon de ne l'employer que dans des endroits parfaitement secs entre deux parois de bois tapissées intérieurement d'un papier imperméable, tel que le papier P. et B.

La laine minérale est incombustible ; elle éloigne les parasites. Ce sont ces propriétés qui ont conduit à l'employer dans l'isolation des chambres froides des navires, malgré son trop grand pouvoir hygroscopique.

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La manipulation de la laine minérale est dangereuse ; les fibres piquent les mains des ouvriers et leur causent des blessures douloureuses ; les petites particules en flottement dans Tair pénètrent dans les bronches. Aussi aux Etats-Unis tente-t-on d'utiliser cette matière comprimée sous forme de plaques ou de briques. Il convient toutefois de remarquer que la conductibilité thermique de la laine comprimée est supérieure à celle de la laine en fibres.

11. — Gharcoal- — Le charcoal, ou charbon de bois en paillettes, provient de la combustion ei) vase clos, soit de déchets de bois dur (buis), soit de déchets de bois tendre (rognures provenant des bobines de filature). Ces paillettes mesurent de 2 à 15 millimètres de longueur et de i à 15 millimètres de largeur. Comme nous Tavons déjà signalé plus haut, le charcoal a Tinconvénient de se tasser.; de plus, il est combustible. Les revêtements faits de cette matière doivent donc être établis avec des précautions spéciales, afin d'empêcher les solutions de continuité dans les bourrages.

12. — Liège. — Le liège est actuellement un des isolants les plus employés dans l'industrie du froid. Il est utilisé soit sous forme de granules, soit sous forme de briques ou de plaques agglomérées.

13. — Liège granulé. — Le liège granulé pèse environ 80 kilogrammes par mètre cube ; sous

celte densité de bourrage il a un coefficient de conductibilité égal à 0,040. On l'emploie parfois pour exécuter des bourrages entre murs ou cloisons de bois. Il est en grains de 2 à 5 millimètres de diamètre et doit être soigneusement débarrassé parle blutage des impuretés et poussières. Grâce à son élasticité, il ne se tasse pas. Il présente cependant Tinconvénient d'être hygroscopique et putrescible. Aussi le liège aggloméré est-il préféré dans la pratique.

14. — Lièges agglomérés. — Les divers types de lièges agglomérés peuvent se répartir en deux groupes :

a) Les lièges dont tous les pores sont fermés, ce sont les lièges comprimés.

b) Les lièges qui présentent à la fois des pores ouverts et des pores fermés ; ce sont les briques de liège.

15. — Briques de liège. — Dans la fabrication de certaines sortes de briques de liège, on fait avec du liège granulé et un ciment liquide minéral ou organique une sorte de mortier. Celui-ci est modelé en briques, plaques, comme dans la fabrication des tuiles ; celles-ci sont soumises à une chaleur modérée et employées une fois séchées. D'autres variétés de briques de liège, dites briques au brai, sont obtenues en mélangeant aussi intimement que possible les granules de liège avec du brai liquide, et en laissant refroidir ce mélange dans des moules appropriés. Ces modes de fabrication donnent des lièges

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présentant xune certaine porosité, facile à reconnaître à ce fait que de l'eau, répandue sur la. face supérieure d'une de ces briques, pénètre à Tintérieur et filtre au travers de la face inférieure ; la vitesse de cette pénétration de Teau permet de juger du degré de porosité de la substance préparée. Aussi pour éviter une telle pénétration de Teau, prend-on soin d'imprégner les briques ou plaques (une fois confectionnées) au moyen de brai liquide, en faisant agir la pression d'un côté de la brique et le vide de l'autre côté ; ce sont les briques de liège, dites marque Reform, Si de telles briques sont imperméables à Teau, elles sont susceptibles de se désagréger sous Taction de la chaleur et ne présentent pas un volume absolument invariable. Le poids spécifique des agglomérés de liège du groupe précédent varie entre 200 et 350 kilogrammes par mètre cube; on compte 100 à 150 kilogrammes par mètre cube de liège, le reste est le ciment. Le coefficient de conductibilité thermique est égal à 0,05 ou 0,06.

16. — Lièges comprimés- — Le liège comprUné tire son nom de son mode même de préparation : les granules de liège préalablement étuvés sont réduits par pression au 1/3 ou au 1/5' de leur volun^e, sans addition ou avec addition d'une très petite quantité de ciment organique. Un chauffage convenable, qui est poussé jusqu'à Texsudation de la résine du liège, permet d'enlever l'humidité, sans que les matériaux perdent la forme qui leur a été donnée. Par suite de l'inévitable déformation des cellules du liège par la

pression, la densité du liège comprimé est comprise entre 250 et 300 kilogrammes par mètre cube. Sa conductibilité thermique est à peu près égale à celle des briques de liège dont il a été parlé plus haut.

17. — Expansit. — On s'est efforcé d'améliorer les propriétés du liège brut en le soumettant, à l'abri de Toxygène de l'air, à un échauffement jusqu'à des températures comprises entre 300 et 400**, suivi d'un refroidissement dans un milieu inerte. Un tel traitement a pour effet de dilater les cellules du liège et de leur donner une sorte de tension ; le volume du liège est alors accru et peut passer du simple au double. D où le nom à' expansit donné au produit ainsi obtenu.

A côté du phénomène physique de l'accroissement des cellules, le traitement thermique qui précède est accompagné d'une transformation chimique de la substance cellulaire, transformation qui se traduit par un brunissement intense • de la matière. Environ 30 p. 100 du poids du liège passe à l'état de particules fluides. En même temps, la propriété qu'a le liège brut d'être hygroscopique et putrescible disparaît complètement, la substance est aussi peu mouillée par l'eau qu'une matière grasse ; elle peut rester très longtemps humide sans se pourrir, contrairement à ce qui arrive avec le liège brut.

Par compression on fait des briques <ï expansit à partir du même produit granulé sans addition de ciment. On obtient une matière homogène, imperméable à Teau et à l'air, qui peut rivalisa

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à ce point de vue avec les meilleurs lièges comprimés, et qui présente sur eux l'avantage d'un moindre poids spécifique et d'un plus petit coefficient de conductibilité thermique. Le poids spécifique des briques d*expansit est égal à 80 kilogrammes par mètre cube ; le coefficient de conductibilité thermique est voisin de 0,04. Si Ton compare le poids des briques d'expansit nécessaire pour produire un certain isolement (coefficient de transmission delà chaleur égal à o, 20 par exemple) , à celui des briques d'agglomérés ou du liège comprimé, on voit que le poids de la première substance est à peu près deux fois moindre que celui des lièges agglomérés ; il est à peu près trois ou quatre fois moindre que celui des lièges comprimés. Un tel avantage n'est pas à dédaigner, si on considère que la demande croissante du liège pour l'industrie frigorifique et celle du linoléum tend à faire monter le prix du liège brut.

Enfin, cette propriété de Texpansit de ne pas être hygroscopique permet de l'employer dans les bourrages à l'état granulé, ce qui est avantageux dans rétablissement des parois isolantes si contournées des chambres frigorifiques des navires..

De nouveaux isolants tendent à l'heure actuelle de s'introduire dans l'Industrie frigorifique.

18. — Ponce artificielle d'Ottmann. — Parmi eux \si ponce artificielle tïOttmann jouit, paraît-il, des propriétés suivantes :

a) Elle pèse en morceaux séparés suivant les grosseurs des grains de 127 à 250 kilogrammes par mètre cube ;

b) Elle n'a aucune action chimique sur le bois, le fer, le ciment et le plâtre.

c) Elle est tout à fait incombustible, insoluble dans Teau et non hygroscopique.

d) En morceaux séparés elle peut être employée pour des bourrages isolants entre deux parois de bois ; son coefficient de conductibilité thermique est environ de 0,095.

e) En gâchant de la ponce artificielle avec du ciment de Portland on obtient un béton isolant dont le poids est compris entre 600 et i 200 kilogrammes par mètre cube suivant les proportions de ciment et de ponce ; sa résistance à la compression est comprise entre 10 et 55 kilogrammes par centimètre carré. Un béton formé de I partie de ciment de Portland et de 8 parties de ponce artificielle a un coefficient de conductibilité thermique égal à 0,19.

f) En additionnant de sable le béton de ponce, on porte sa résistance à la compression à des valeurs comprises entre 34 et 60 kilogrammes par centimètre carré. Le poids spécifique atteint alors 1.900 kilogrammes par mètre cube.

On peut, en incorporant au béton des tiges de fer, obtenir des plaques armées ; ces plaques en béton additionnées de sable ont une résistance à la flexion qui va jusqu'à 120 kilogrammes par centimètre carré.

19. — Ciment de bois ou béton de bois. — En faisant un mélange aussi intime que possible de sciure de bois et de ciment de Portland, on obtient un ciment de bois ou un béton de bois. Il pèse de

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900 à 950 kilogrammes par mètre cube ; il se laisse couper, percer et clouer comme le bois. Il n'est pas sensible à l'action de la gelée, et est incombustible. A l'état sec, son coefficient de conductibilité thermique est comparable à celui des briques de liège. Toutefois, il est perméable à Teau; dans les endroits où il peut être soumis à Thumidité, il est bon de recouvrir de brai sa surface extérieure.

20. — Coefficients de conductibilité thermique de quelques isolants et matériaux de construction. — En terminant ce chapitre donnons un tableau des valeurs des coefficients de conductibilité thermique de divers isolants et matériaux de construction. A côté de ces valeurs déduites de mesures faites dans les laboratoires, ' nous avons indiqué ces mêmes valeurs augmentées de 25 p. 100 ; ce sont ces dernières qu'il est prudent d'introduire dans les calculs d'isolements de chambres frigorifiques, afin de tenir compte des imperfections de la fabrication de l'isolant, de son application entre des murs qui ne sont pas parfaitement secs, des joints conducteurs qui servent à relier entre elles les différentes parties.

Coefficients de conductibilité thermique d'isolants et de matériaux de construction employés dans la pratique de V industrie frigorifique,

(Exprimés en calories-kilogrammes par heure, pour !*• C. de différence de température entre les deux faces de l'isolant, par mètre carré de surface de transmission, pour I mètre d'épaisseur de l'isolant).

NOM I^È l'isolant

Air sec en repos ....

Air «ec en mouvement.

Charcoal

Coton

Feutre

Kieselguhr en poudre* .

Brique de kieselguhr cuite

Laine minérale* ....

Liège granulé ... * »

Lièges agglomérés . . .

Expahsite

Tourbe . i

Brique de liège de 65™"* d épaisseur recouverte sur ses deux faces d'une couche de 5"*"* de cim*

Bois de pin, normalement aux fibres

Bois de pin, parallèlement aux fibres ...

Bois de teck, normalement aUx fibres. . . .

Bois de teck, parallèlement aux fibres . . .

Bois de chêne, normalement aux fibres. . . .

Bois de chêne, parallèlement aux fibres. . . .

Brique

Grès argilo-calcaîre . .

Grès

Béton

Argile réfractaire. . . .

Plâtre à bâtir .....

Asphalte (pour plancher

de frigorifique). . . .

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