PROFIT RETIRE DE CETTE FABRICATION
11 reste maintenant à se rendre compte de ce que rapporte l'industrie du fromage raffiné aux cultivateurs de la paroisse de Saint-Pierre qui s’y livrent. Pour ce faire, je vais établir la valeur du lait sur l’Isle-d'Orléans pendant la saison de fabrication, le coût du matériel et des accessoires nécessaires pour la fabrication, de la maind'œuvre qu’elle requiert, puis le prix auquel se veydent ces fromages, le tout d’après des chiffres fournis par les fabricants eux-mêmes.
Comme les cultivateurs de Saint-Pierre n’ont pas la commodité voulue pour vendre leur lait aux consommateurs de la ville, étant donnée leur position d’insulaires, soumis à la nécessité de beaucoup de voiturage et de transport en bateau, ce lait n’a pour eux qu’une valeur de douze centins le gallon sur l’île, alors qu’il vaudrait vingt-cinq centins en gros, à la ville. à
Quant au matériel requis pou” la fabrication il consiste en faisselles qui coûtent 10 centins chacune, soit $1.20 la douzaine, tôles pour mettre égoutter les faisselles, 7ù centins chacune, râtelier, 60 centins chacun, casseroles à râtelier, 82.00, paillasson, 20 centins, morceaux de toile, 3 centins chacun, nappes en toiles, $1.00.
On dépense à de centin pour le sel employé pour une douzaine de fromages, 1 centin pour le papier parcheminé ou le coton pour envelopper chaque douzaine et la main-d'œuvre pour la fabrication d’une douzaine de ces fromages est évaluée à 8 centins.
Le fromage se vend, en gros, à Québec, une piastre la douzaine. Avec les chiffres qui viennent d'être établis, il est facile de calculer ce que coûte le fromage raffiné au fabricant et quel profit il lui rapporte.
Pour en faire une douzaine il faut 4 gallons de lait qui, à 12 centins l’un repré-
sentent une valeur de 48 centins. La douzaine coûte, en plus, au fabricant pour le sel,
centins, soit en tout pour la coûte si peu, qu’on la considère comme une
la dousaine. .
les faisselles,
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, à 3 centins chacun. . ….
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En calculant l'usure de ce matériel, au cours de la fabrication annuelle, à 10% de su valeur, ceci nous fait à ajouter aux dépenses encourues pour fabriquer 150 dousain: : de fromages, 81.36, à peine 1 centin par douzaine, ce qui porte le coût total de production de chaque douzaine à 0.584 centins, soit en chiffres ronds 0.59 centins. Or, comme la douzaine se vend en gros 81.00, le profit est de 0.41 centins.
Comme il se fabrique à Saint-Pierre de 1,200 à 1,500 douzaines de ces fromages, soit une moyenne de 1,350, par saison, cette industrie donne aux dix familles qui lexercent la somme de 8553.50 de profit, soit 855.30 par famille, sur 5,400 gallons ou 54,000 lbs. de lait convertis en fromage raffiné, ce lait se trouvant vendu 95 centins du gallon, dont 10 centins restent nets dans les mains des fabricants. Cela met, d’après notre manière de calculer dans les fromageries ordinaires, le lait à 89.50 du 100 lbs.
À chacun le sien.—En terminant cette monographie du fromage raffiné de l’Isled'Orléans, il me reste un agréable devoir à remplir, celui de présenter à mes lecteurs, le portrait de madame Joseph-P. Roberge, l’u:.e des meilleures fabricantes de fromage raffiné de la paroisse de Saint-Pierre. (Voir figure 2, planche IV.)
Comme je lai déjà dit, madame Roberge appartient à la famille Gosselin dont les membres ont été, de génération en géuération, classés parmi les plus habiles fabricants.
Si j'ai été à même d’intéresser mes lecteurs par le présent travail, c’est à la grande obligesrce de madame Roberge et de son coraplaisant et sympathique mari, monsieur Joseph-P. Roberge, que je le dois. Pendant diverses entn » es et au moyen d’une correspondance assez volumineuse qui en est résultée, j'ai vu obtenir d’eux tous les détails que lon vient de lire. A une manière t.ès faciie et très heureuse de s'exprimer que possède madame Roberge, se joint, de sa part, la faculté de savoir bien clairement énoncer ses idées lorsqu'il s’agit de les communiquer Par correspondance. C’est grâce à ces deux qualités jointes à l'extrême complaisance de monsieur Roberge, qui a poussé la bonne volonté jusqu’au point de venir avec madame Roberge, m’apporter, à Sainte- Pétronille, tout le matériel dont il a «:é question dans cette monographie, que J'ai été en mesure d’abord de l'écrire, puis d’avoir des photographies qui m’ont +rmis d’illuster mon travail au moyen des gravures qu’il contient.
ve termine en leur présentant tous mes remerciements.