III. SPORTS
La section des sports selon le Dr Ley doit contribuer à procurer « cette harmonie du corps, de l'esprit et de l’âme que l’Allemagne moderne emprunte à l’idéal classique ». Elle vise à détruire la mentalité d’après laquelle l’ouvrier allemand serait un être inférieur au point de vue physique.
La propagande en faveur du sport est intense
et semble couronnée de succès chez les jeunes gens en particulier. Îl est toutefois difficile de savoir par quelles personnes sont en réalité fréquentés les cours ; les photographies des services de propagande publiées il y a au moins un an ne semblent, pour la plupart, s'appliquer qu’à de très jeunes gens. Or jusqu’à une date extrêmement récente, les jeunes gens de moins de vingtcinq ans ne pouvaient être employés dans les usines et les allocations allouées aux apprentis sont excessivement réduites. Est-ce donc vraiment la population ouvrière qui fréquente les cours ? Les statistiques officielles indiquent que le nombre des participants aux cours qui atteignait 450.000 personnes en 1934, trois millions en 1935 s’élevait à près de six millions en 1936. Cette même année le nombre des maîtres diplômés était de 2.800.
La propagande en vue d’attirer les travailleurs est habile. Tout esprit de compétition est banni des sports pratiqués ; on ne peut, par exemple, jouer au foot-ball qui mettrait aux prises des équipes. Il existe des piscines, des salles et des terrains de sports où l’on peut cultiver les sports de son choix pour des prix modiques, parfois d’ailleurs supérieurs à ceux des sociétés sportives: 0,20 à 0,40 Pfennige pour une heure ou une heure et demie, un mark pour la leçon d’équitation. Les participants doivent au préalable acquitter une carte annuelle de sport qui coûte 0,30 mark. La carte contient des pages blanches où la section des sports appose un timbre chaque fois que le possesseur prend part à un cours ou se rend dans un camp de vacances.
Un effort est même actuellement poursuivi en vue d'introduire la leçon de gymnastique dans l’entreprise même {Betriebsport). La leçon quotidienne rend l’homme plus apte à sa tâche, diminue ses infériorités physiques et accroît sa capacité de travail ; de plus la pratique du sport en commun resserre les liens de camaraderie.
Les cours sont soit ouverts, soit fermés. Dans les premiers sont enseignés les exercices ou les sports les plus simples et ils peuvent être suivis à partir de n’importe quel moment ; dans les autres l’enseignement est donné selon un cycle. Les cours les plus fréquentés sont ceux de natation, de gymnastique rythmique et de culture physique générale mais tous les sports peuvent être pratiqués, même ceux qui jusqu'alors semblaient l’apanage d’une certaine classe de la société ; le tennis, l’équitation, le golf, l’escrime, le vol à voile et même le yachting. K.d.F. possède à ce dernier usage une flottille de voiliers dont le nombre s’avère insuffisant à raison de la vogue de ce sport. Les sports de combats : boxe, lutte libre, ji-jitsu qui permettent d’acquérir l’ardeur et l’endurance à la lutte, la résistance à la douleur et le sang-froid sont aussi nettement encouragés. Le sport le plus pratiqué semble être la natation. É
Un insigne sportif d’État {Reichssportabzeichen) est accordé à ceux qui ont subi avec succès les épreuves d’un examen adapté à l’âge et au sexe et comportant des épreuves d’endurance, de force, de souplesse et de natation.
La Force par la Joie a aussi créé un équipement de skieur à prix réduit (35 marks) : 30.000
de ces équipements ont été vendus pendant l’hiver 1936-1937, une raquette de tennis K.d.F. et des patins à roulettes.
L’effort sportif n’est pas limité à la ville, il est aussi poursuivi à la campagne. La section du sport de K.d.F. a créé à cette intention le service du sport à la campagne { Sport aufs Land) qui, ne disposant pas de toutes les installations qui existent dans les villes devra réaliser une œuvre utile avec des moyens de fortune (1).
La section du sport a en outre contribué en collaboration souvent avec la Beauté du Travail à l’entretien et à la création de terrains de sports, de gymnastique et de natation, œuvre utile non seulement à la population ouvrière mais à toute l'Allemagne. C’est une œuvre d’éducation générale du peuple allemand poursuivie au moyen de ressources prélevées sur les salaires des travailleurs. Ce fait est vérifié notamment par le rôle nouveau dévolu à la section des sports dont les maîtres diplômés ont instruit les baigneurs, quelle que soit leur situation sociale, sur les plages et dans les villes d’eaux.
L'assemblée des communes allemandes réunie en mai 1937 s’était d’ailleurs félicitée de cette nouvelle attribution de la section des sports.