‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 33 sur 68 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

A Clichy !

JALABERT

Ah! je t’en félicite... et le petit de Reusc?

Il est en Italie...

DE VAREISNE.

CLAIRE

Avec une danseuse!

JALABERT

Et lord Campbell... des champs amoureux comme lui. Tu devrais l’adorer!

DE VARENNE

Il est mort!

CLAIRE

Mort d’ennui !

JALABERT

Décidément ici Ton doit beaucoup se plaire.

CLAIRE

Beaucoup!... nous habitons un château cellulaire.

JALABERT

Nous autres, nous voyons tout^ce que Ton peut voir. Tout Paris le matin et tout Paris le soir.

Nous sommes un miroir devant lequel tout passe, Mais sur lequel jamais rien ne laisse de trace;

Ceux qui veulent venir chez nous y sont admis ; Nous aimons tout le monde !

MARGUERITE

Et n'avons pas d’amis!

JALABERT

C’est mon système...

de varenne.

Il est bien différent du nôtre.

CLAIRE

Du nôtre... permettez; c’est-à-dire du vôtre!...

PE VARENNE, i Jalabcrt et Marguerite.

Je ne vous blâme pas, mais vous en reviendrez;

Notre vie est si douce, un jour vous l’envierez!... Sans ce brave Léon, qui nous en parle encore.

Nous croirions que Paris n’est plus qu’un météore

Léon!... comment Léon!... quand donc le voyez-vous

DE VARENNE

Il vient tous les matins déjeuner avec nous.

JALABERT

Tous les matins... Léon?

CLAIRE

Oui, c’est son habitude.

DE VARENNE

Fidèle compagnon de notre solitude!...

JALABERT, à Léon.

Comment, tu viens ici tous les jours déjeuner,

Et tu n’en parles pas à ma femme à dîner!

A dîner?

DE VARENNE

JALABERT, à Leon qui lui fait de» signe».

Je vois bien... tu veux que je me taise!

A pari.

J’ai compris!... C’est ici que monsieur fait sa thèse. Je ne m’étonne plus qu’il soit exact au cours!

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