‹ Le fruit defendu comedie en trois actes, en versChapitre 53 sur 68 · J AL A B ER T · texte numérisé non relu

J AL A B ER T

Pauvre garçon !

DE VARENNK.

Tu mènes, je le vois, grand train et grande vie;

Tu dois terriblement t’amuser?

J ALABERT.

Je m’ennuie!...

Aux plaisirs de Paris je me suis condamné,

Je regrette les champs.

DE VARENNE

Malheureux!

JALABERT

J’y suis né!...

— Je pensais ce matin à te rejoindre.

Mouvement de de Varenne.

Écoute :

Nous avons tous les deux pris une fausse route ;

De nos femmes, exprès, contrariant les goûts.

Nous avons, je le crains, agi comme des fous.

Le docteur Desrosiers, dont souvent je me moque,

— Parce que, quand j'ai tort, son gros bon sens me choque. Avait tout arrangé pour le mieux au total.

— Nous pouvons en sortir encor sans trop de mal. Sortons-en!... Qu'en dis-tu, Parisien farouche?

DE VARENNE

Je dis que la sagesse a parlé par ta bouche.

JALABERT

Je compte racheter une terre à Brunoy...

DE VARENNE

Je compte racheter un hôtel près de toi...

JALABERT

Pour y recommencer mon existence ancienne.

DR VARENNE

Pour en finir avec les ennuis de la mienne.

JALABERT

Je veux que ce soit simple.

DE VARENNE

Et moi, que ce soit beau !

Moment de tilcnce. — II» »e regardent l'un l'autre. JALABERT.

Je te rends ton hôtel!

DE VARENNE

Je te rends ton château !

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