‹ Le fruit défendu (volume 3)Chapitre 3 sur 21 · UN CHAPITRE DE LHISTOIRE · texte numérisé non relu

UN CHAPITRE DE LHISTOIRE

— A ta santé , mon ami ; il prit une dernière fois la bouteille et la vida lentement.

— On vient ! cria Pelloquin.

YI.

Nazarille d'an tour de main enleva le mouchoir, le ploya, le tordit, s'essuya et se recoucha. Pelloquin rempocha le mouchoir, la bouteille, et alla ouvrir la porte.

56 UN CHAPITRE DE l'hISTOIRE

C'était le médecin.

— Eh bien, dort-il ? dit-il en entrant.

— Ah ! je n'ai pas pu, dit Nazarille en se retournant sur son oreiller... j'ai la bouche mauvaise... Donnez-moi de l'eau, Pelloquin.

— Donnez-lui de l'eau, dit le médecin.

— Pour me rafraîchir le palais seulement,

dit Nazarille ; vous y mettrez, Pelloquin , quelques gouttes de l'un de ces flacons où il doit y avoir des essences.

— Voici de la menthe, dit le docteur, c'est tout ce qu'il vous faut.

Nazarille s'était avisé qu'on examinerait peut-être sa langue, et qu'il pouvait rester dans l'appartement quelque odeur de nourriture qu'un parfum allait dissiper. Il prit le verre des mains du docteur et se i inça tout à son aise.

DE NAZARILLE. 37

— Voyons le pouls, dit le docteur. A merveille... un peu pressé... Mais ce n'est rien... Vous voyez qu'il était bon de modérer ce caprice qui vous avait pris, si vous aviez mangé le moins du monde...

— Que le ciel te confonde! dît Pelloquin entre ses dents.

— Monsieur le docteur, si ce n'était pas abuser de votre dévouement, je crois qu'il serait bon de me remettre le plus tôt possible sous l'influence magnétique. Les épreuves successives se fortifient l'une Tautre.

— De grand cœur. Je suis trop satisfait des effets que nous avons obtenus de ce traitement pour ne pas le suivre avec soin. Je m'instruis moi-même, et j'y attache de nouveaux intérêts. Je ne le ferais point pour vous que je le ferais pour moi.

— Après quoi, dit Nazarille, vous me laisserez reposer paisiblement, de quoi j'ai

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