‹ Le fusainChapitre 2 sur 17 · PRÉLIMINAIRES D'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES D'EXÉCUTION

Après s'être rendu compte des diverses sortes de papiers, de leur variété de coloration et de grain^ des fusains et de leurs qualités dilférentes entre elles, des principaux objets enfin qui concourent à l'exécution d'un dessin au fusain, on reconnaîtra que le bagage du fusiniste n'est pas lourd \ et que la démonstration des procédés se résume à peu de chose.

D'après les rapprochements d'effets établis entre le fusain et la peinture à l'huile, on peut, comme le peintre le fait sur la toile pour ébaucher son tableau, jeter sur le papier le projet de son œuvre.

Le papier, s'il a un certain grain, une rugosité semblable à celle du papier vergé, accroche les parties friables du fusain, et, quel que soit le sujet que l'on veuille traiter, 021 fera bien, après avoir taillé son fusain, de passer en tous sens un ton général qui don-

I. On trouve, entre autres, dans la maison Berville, l’ensemble des accessoires relatifs au dessin au fusain.

nera déjà un commencement de valeur, pour n’avoir pas à travailler ensuite dans le vide, sur une surface blanche, mais bien sur un fond préalablement établi 5 cette valeur pourra se modifier suivant les différents plans du sujet.

Je ne veux pas dire par là que ce soit un moyen mécanique applicable à tous les cas. 11 faut d’abord savoir ce que l’on veut faire, et préparer cette sorte d’ébauche avec discernement.

On peut aussi procéder partiellement, et c’est ce qu’il y a de plus rationnel- c’està-dire que l’on dispose les divers plans les uns après les autres, en cherchanc du premier coup à les affirmer. Ce principe très-simple démontre déjà la commodité et la liberté extrême des moyens d’action; car sur ces valeurs ainsi établies on pourra à son g-ré amplifier le travail, le modeler, l’exprimer, suivant le ton ou le caractère de l’objet traité, et par conséquent varier sa facture.

On évitera autant que possible de cerner les formes par un trait, comme cela peut se faire dans un croquis au crayon ; le dessin au fusain exprimant l’idée de la peinture, on

devra traduire cette expression même par la düFérence des tons. Le fusain permettra de passer par la gamme entière des valeurs, depuis les tons les plus fins jusqtfaux plus extrêmes vigueurs. 11 sera bon toutefois de se méfier de rentraînement du noir, et de se maintenir dans une gamme, blonde qui fera valoir les vigueurs dans les parties où la composition les rendra nécessaires.

Les parties éclairées s’enlèvent à la mie de pain. On obtient ainsi une puissance de lumière plus franche, plus large, plus pénétrante que si Ton réservait le papier.

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