‹ Le gage de la victoire [microforme]Chapitre 4 sur 5 · UN MIRACLE · texte numérisé non relu

UN MIRACLE

(Tout cela peut être prouvé.)

Je résume : Qu'un étranger, un inconnu, arrive soudainement dans un pays comme Île Canada ; qu'immédiatement il prenne position; que les hommes les plus considérables de ce pays, dans lo clergé, la presse ct ia politique le soutiennent ct combattent pour lui; que, malgré l'opposition directe des uns, la malveillance des autres, il puisse seul, attaquant un ordre de choses qui date de

plusieurs siècles, forcer un peuple entier à reconnaître la néeessité d'une réforme dans l’enscignoment, voilà déjà un fait peu ordinaire ; mais il ya plus, il est providentiel. Eten effet je reviens avec l’espéranco de faire quelque chose qui me “appelle Aiguebelle, Dans l'espace de trois ans, je dépense une valeur de plus de trente mille francs sans arriverà mon but, Découragé, épuisé, prêt à déder, je demande à Dieu une preuve que je serai soutenu au moins par lui. Je fais dire quatre cents anesses dans çectte intention ; et à un mois de dis- 4ance, dans un pays perdu, où le hasard parait mous réunir de deux points éloignés, je rencontre, à cent licues de Québec, sans le chercher et sans qu'il me cherchât, ‘un religieux dont les parents habitaient le monastère même d’Aigucbel!e avant que Îles trappistes ne l’eussent rcoccupé, un religicux à quion propose d’être évêque ct qui reconnhit que l'éducation, modifiée comme je dis qu’ella doit l'être, c’est le remède à tous les malhews de notre temps, et qu'elle convient d’une manière toute particulière au Canada. Si ce n’est pas un miracle, qu'est-ce donc qu'un miracle ?

4e COINCID'! NCE.

“La rencontre du père Arnauld n'avait donné l'éveil d'autant plus qu'ayant vécu complétement isolé pendant dix-huit mois, il était plus facile à mot de voir que la chose n'était pas natureile, C'était bien une rencontre providentielle; et Dieu qui n'a pas élevé une montagne, creusé une vallée, dessiné un rivage sans savoir pour quel peuple ou

pour quelle âme il travaillait, en conduisant le pêre Arnauld au lac St, Jean, avait pensé à l'œuvro que nous devons faire ensemble

J'ai vu ça tout de suite, ct, à quelqnes jours de là, je de vais en avoir une preuve nouvelle. Car étant allé avec le père Arnauld chez les sauvages Montagnais qu'il a évangélisés, et au; milieu desquels il demeure, par une coïncide neo au moins singulière, je trouvai sur sa table nn journal, l'Univers, je crois, et, dans ce journal, un articla où il était fait mention des obs acles que les œuvres les plus utiles ont de tont temps rencontrés, même dans l’'Egli-e. L'idée me vint alors de voir si, à la date du 8 avril 1874, éprque où je donnai ma pro: mière conférence devant ces Messieurs du SEéMis naire, il n'y avait pas, duns co même journal, quelque chose dont je pusse me servir pour con:

raincre les Canadiens de faire ce que je dis. à

Quel no fat pas mon étonnement, à la date indie quée, de trouver de Louis Veuiilot, le'grand cham: pion du catholicisme en Europe, un. article qui corre<pond si parfaitement à ma manière de voir ot à ma cnférence qu'il me semble difficile d’ex4 pliquer naturellement de parcilles coïncidences, étant donné surtout qu'il en existe tant d’autres.

Voici cet article :

Nous n'avons plus d'enseignement. La France est une vaste Ccole où des maitres généralement ignorants ont de: élèves généralement ignares. la France n'a plus d'hommes : elie en fait l’aveu, ot, helas! elle en donne la preuve. Elle attribue à ses écoles cette immense misère. L'Univer- ité, source du ns auquel d’ailleurs elle ne croit ni ne

eut croire aücun réméde, le dit comme tout le monde : nons tie ftisons plus d'hommes et même il n'y a p us de savants.

A quoi tient cette ignorance commune ? M.Jules Simon en accuse le vice des méthodes. Je crois ‘bien que les, méthodes de l’Université sont mauvaises. Mais ce que l'Université a de plus mauvais, * c'est elle-même. Elle est faite pour avoir trop de maitres et pour nourrir trop d'enfants: voilà le vice. | |

L'enfant no nait pas pour être élevé au collêge, Join de ses, parents. Il nait pour être é evé par ses parents, Sous leurs Yeux, selon la condition à

Jaquelle sa nnissance parait Pastreindre et commurnément le déstine. S'il est appelé à une condition,

ipérieure, Ha vocation le pousse. L'instinct se

: manifeste et se fait obeir, La plupart des grands hommes ont donné de ces signes : la voc ation a triomphé. H y a une vocation pour encigner comme il y A une vocation pour être enscigné. La fabrication du maitre detruit en lui la vocation plus qu'elle ne la seconde et Ie pousse à détruire la vocation de l'élève plus qu’à la sceonder.

l'Eglise seule peut donner de Lons instituteurs, Tà, on trouve la vocation aidée pur la grâce. Dans une corporation vouée à Fenseignement: premièrement tout le monde n'entre pas, secondement tous ceux qui entrent, n'enseignent pas. Il # a un premier choixict un:sccoiid eloix : choix d’aptitudes générates et choix d'aptitudes spoeiates: On veut avoir:d'abord de bons:religieux, ensuite,

arnii les bonxemé digieuxs-oti choisit. € ceux pe D Fe vent faire decbôns mât"! 01 ‘22.

L'instruction gratuite ne peut étre:que le don #

de l'Eglise. Seule, elle peut résoudre ce problème économique.

Je commencçais à ouvrir les yeux et à voir que j'avais un puissant auxiliaire et que c'était à lui qu'il fallait attribuer mes succès et l'influence assez grande que j'avais acquise. Partant de ce principe, et sachant dès lors ce que Dieu voulait de moi, je me suis dit, un jour, qu’en étudiant ma vice, je trou verais probablement une loi providentielle. J'ai donc fait ce travail et j'ai vu que mon existence à été le développement logique d'un principe funx, et que l’education, dont j'ai sonffért plus que d’ au tres, est la consécration de ce principe : elle ne tient pas compte de la vocation des enfants, ct, par conséquent, elle. empêche l'action de la grâce.

Cela étant, l’œuvre qui a pour but de renverser cette éducation, ne peut être une œuvre de peu d'importance ; et comme j'avais dejà quelques données, je me suis demandé si l'affaire des tanncrics qui a ou, au Canada, un si grand retentissement n'entrait pas dans l action providentielle. Toujours est-il qu’elle a eu pour principal auteurun homme dont l'oncle est à la-trappe de St: nouëli et qu’elle n'a rien changé à Ta Position respective des partis Oninia propter electos." Or ma'belle-mêre est fille d'un tanneur ; ma vie AD: Lu milieu des tanneurs, etc est un tirneur qui, aprés'ävoir déterminé le premier mariaëb de mon'pére, a fait le second sans que mi belle mère; Chosé'assez drôle, eût connaissance que j'étistais. - “Confme le père

Lmiguld est venu au Canada l’année même où ma [é-mère s’est mariée, qu’elle a apporté chez nous biographie du père Marie-Ephrem, religieux iguebelle, que ce livre à eu sur ma vie une jgde influence, qu'il y a un rapport évident entre

pére Arnuuld et moi, j'en conclus que l'affaire , #tanneries, qui a renversé M. Ouimet du pouvoir . ui: par conséquent, M'A forcé à rentrer dans , A) oie, a été, dans l’ordre politique, la préparation

ne œuvre voulue par Dieu, et dont l'importance : syerra plus tard, Durus est hic sermo !

Ge COINCIDENCE.

L œuvre de Dieu se développe mystérieusement # milieu des événements humains, et pour la @mprendre, il fant en avoir la clef ; il faut vivre , Vécart comme j'ai presque toujours été obligé de e faire : ce qui me ps aujourd’hui do reconsguire le plan provi entiel.

Ainsi il pourrait bien se faire que j'expliquerais somment la prophétie, généralement attribuée à 3t. Malachie, se rapporte effectivement à sa Sainteté @ pape Léon XIII. St. Malachie, comme chacun sait, était un évêque d'Irlande, contemporain eb ami de St. Bernard ; il prit l’habit des moines et mourut à Clairvaux, je crois. Il a prédit, dit-on, par une devise, ce qui arriverait de remarquable sous le pontificat de tous les papes qui doivent

donter sur la chaire de St. Pierre; et je me rappelle

Wautrefois la vicomtesse de Bourbon-Chalus,

Ont le frère est tombé à Castelfidardo, m'expliqua ho le successeur de Pie IX était désigné par ces

ots : lumen in cælo. Oril y à eu deux miracles

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20 à | SE du .. loù sur la lumière, ainsi qu’on le verra plus loin ; ni par une coïncidence bizarre, il se trouve ques soul religieux d’Aiguebelle avec qui je corresponé® est le père Malachie, ancien zouave pontifics# blessé à Castelfidardo, qui est venu, par raisons santé, de la trappe de Staouëli à la trappe d’# guebelle où il est actuellement bibliothéea.re ; dans mon dernier voyage de France, au lieu fréquenter les religieux que je connaissais dejiq# longtemps, je me suis attaché à lui de préférer, aux autres et j'ai passé à peu près tout mon tem en sa compagnie.

Au reste, il me faudrait certaines indicatio. que je n’ai pas, ct je ne puis guères, aujourd'hi w que poser les jalons à l’aide desquels, plus tard, és sera facile de montrer le développement logitie de l’œuvre dont Dieu veut Ie succes. Ju

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ue LE Ep

Je dirai cependant qu'après avoir rencontré # père Arnauld ; ct, de retour à Québec, n'ayant pi À aucun doute sur la volonté de Dieu à mon égar p je ré olus de tout préparer pour le jour où | Providence rendrait la choxe possible, et, par coi séquent, de ne plus m'occuper d'enseignement qu d’une maniére secondaire, Cependant, à la prièr @ de deux de mes élètes, qui m'avaicnt toujour témoigné beaucoup d'affection, et, sur les instance 4 de leurs parents, je consentis à venir m'installe A chez eux en attendant que le père Arnauld fi : nommé évêque. | À

C’est là que j'ai vécu depuis, n'ayant de relation & avec personne, et, par conséquent, plus en mesur M

(sg

rveiller l’action providentielle. Or, un jour, Me raconta qu'un de mes élèves, dont la nature

1 - SV . é ; 3 ne @lque peu sauvage n'est point ordinaire, étant 5 COME enfant, disait qu'il voulait être trappiste et,

jusqu’à ces dernières années, il ne paraissait pas , Qir changé d'avis. Je m'appuyais là-dessus pour ‘lire qu'il devait se dévouer à l’œuvre dont il’est question, quand un fuit se produisit qui vint m'en ldopner une preuve positive. Et en effet, ayant fait dire neuf messes chez les pères jésuites, voici ce qui arriva pendant la neuvaine de l’Immaculée- Conception.

î D 8° COINCIDENCE.

#1 :HaLe dimanche, 9 décembre 1877, un dominicain, ‘le père Mothon, que je n'avais jamais vu, parlait de la confession dans la basilique de Québec ; et, pour montrer qu'elle est d'ordre naturel et la @ônsécration d’un besoin de l’Ââme en même temps qu'un sacrement de l'Eglise, il cita l'exemple d'un peintre célèbre, Horace Vernet, qui, en passant de Ærance en Algérie, ent, pendant la traversée, à æecevoir le dernier soupir d’un de ses amis. A la vue de la mort qui approchait, et comme il n’y avait pas de prêtre à bord, ce jeune homme, à Pexempleïde Bayard, demanda à Horace Vernet d'entendre le récit de ses péchés, à charge par lui de les faire ensuite connaitre aupremier prêtre qu'il rencontrerait.

“ Descendu à terre, Horace Vernet alla visiter Îa &rappe de Staouëéli, dont l’abbé était alors le Rév. Père François Régis, celui-1à même qui avant d’être pre à Aiguebelle, a compose la vie du père

Marie-Ephrem, et par conséquent, déterminé w séjour que j'ai fait dans ce monastère en 1868 A4 Le Rev. Père François-Régis voulut conva Horace Vernet : celui-ci refusa de l'écouter, m en disant qu’à l’occasion il pourrait faire la « fession d’un autre et il raconta ce qui s'était pa à bord du navire. Le Père François-Regis crut voir un moyen détourné d'arriver à son but; il à Horace Vernet que la chose était sérieuse | devait être faite sérieusement ; il le mena à | Egl © et, après l’avoir entendu, il obtint de lui-mer qu’il se confessât à son tour.

Je crus voir un rapport entre cette confession celle dont il est parlé dans un de mes écrits, rapprochant cette circonstance d’une drôle d’affai dans laquelle j'ai eu à défendre un père caput que l’on accusait injustement d’avoir violé le secr de la confession, d’un fait, de même nature, da : lequel un autre religieux s’est trouvé comprom à propos de moi, je me demandais si ce n’était pi encore une coïncidence destinec à m'éclairer « plus en plus sur un dogme redoutable, celui de] prescience divine, quand le lendemain eut lieu u fait indéniable qui ne saurait, lui, s'explique naturellement.

9e COINCIDENCE.

Eten effet, avant de partir pour la France, j'avai donné la pièce d'Œdipe-roi, à cet élève dont je di qu’il a vocation de m'aider et qui ne veut pas er entendre parler. Or, quelques jours avant la new: vaine, je trouvai ce livre dans ma bibliothèque. Ayant oublié qu'il ne m’appartenait plus et ne

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… voyant pas qu’il pût m'être utile à quelque chose,

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… j'en fis cadeau à un autre jeune homme, cousin du

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premier. De là, entre eux, une discussion que je

fus appelé à juger.

Croyant dejà pouvoir dire que j'avais découvert une loi providentielle, le 10 décembre, j'écrivis à Son Excellence Mgr. Conroy une longue lettre, où d’un bout à l’autre, je parle d'Œdipe et de Sophocle; et, le soir, me rappelant l'incident qui précède, je lus cette lettre à mes deux élèves en leur disant que c'était pour eux un avertissement de ce qu'ils avaient à faire ; mais d’ailleurs, ajoutai-je, venez au sermon du père Mothon, si ce qui est arrivé hier n’est pas naturel comme je le crois, et j'ai mes raisons pour Île croire, peut-être y aura-t-il aujourd'hui quelqu’indication nouvelle.

Avant le sermon, je mets la lettre à la poste; et, par une coïncidence inexplicable, le pére Mothon parle d'Œipe en disant que l'humanité est comme ce roi: aveugle volontaire, elle passe à côté du remède et elle n’en vent pas.

J'ai réfléchi depuis pour voir s’il était possible d'expliquer la chose d’une manière naturelle et je dis carrément non : c’est un miracle.

Au rests, une nouvelle coïncidence devait encore se produire le dernier jour de la neuvaine. Il m'avait déjà semblé qu’il devait y avoir une certaine relation entre l’action providentielle que je voyais se dérouler devant moi et les miracles qui ont eu lieu au 17me siècle,

Etant donc allé à la basilique pour entendre une dernière fois l'éloquent prédicateur qui y préchait, et voyant que le gaz n'était pas encore levé é quand j'y arrivai, je me “disais en moi-même qu'autrefois nos pères, Ave une multitude de bougies, ne parvenaient pas à obtenir, même cette elarté, tandis que nous autres, grâce aux progrès de la science, nous pouvions, dans un instant, avoir une lumière éblouissante et qu'il en était ainsi, dans l’ordre de la grâce, quand il plaisait à Dieu. Et voilà que le

Rév. Père Mothon prend pour texte un sujet analogue et qu’il explique que, dans l’ordre de la nature, quand le soleil se cache, tout est triste et sombre mais qu’en paraissant, il faut resplendir les objets même les plus obscurs. Il parle ensuite de Christophe Colomb, menacé de mort par ses coinpagnons, et, au dernier moment, voyant briller aux rayons du soleil levant ce nouveau monde qu’il venait de découvrir.

J'ai tout naturellement rapproché ce sermon du songe que fit, il y a huit ou neuf ans, la dame chez qui je demeure. Cette dame qui, par son intelligence, a su mettre sa famille dans une belle position, est une femme de grande valeur. Levée avec le jour, toujours occupée, charitable”et gaie : c'est la femme forte dont parlent les livres saints. Or, une nuit de Noël, elle eut un songe mystérieux qui la frappa tellement qu’elle n’en à jamais perdu le souvenir et qu’elle se demande encore aujourd'hui ce que cela veut dire,

Eile crut voir, du côte du Nord, tout le lon des Jaurentides, deux colonnes de gros anges ; mais, dit-elle, ce qui m’étonnait le plus, c'était en arrière une lumière extraordinaire. Il m'est resté de ce

fi 25

FR “songe une singulière i impression, quelque chose qui me semble n'être pas naturel Mais il y a des FongeS prophétiques tels que le songe de Pharaon Û expliqué par Joseph, le songe de N: ibachodonosor expliqué par Daniel, celui d'Innocent IE quand il vit St. Dominique et$t. François d'Assise soutenant sur leurs épaules l'Eglise de St, Jean de Latran qui menaçait ruine, Eh mon Dieu ! l’action providentielle dont je parle, n est-ce done pas une grande lumière, et la reforme que je demande dans l’éducation, n'est-ce pas le moyen de conserver aux enfants leur innocence et d’en faire comme des anges de Dieu ? L’explication me parait tout simple.

Les deux accidents que j'ai rapportés au commencement de ce travail comme ayant eu lieu à Lourdes, semblent établir qu'il arrive géneralement malheur a ceux qui, soit directement, soit indirectement, par interêt ou par orgueil, veulent empêcher l’œuvre de Dieu de se faire

La chose n'est pas toujours sensible; mais il faut, en certains cas, qu'elle puisse se voir. Ainsi, en 1876, avant de rencontrer le père Arnauld, ne sachant pas alors que j'avais Quelqu'un pour me protéger, J'avais pris Ja médecine comme base de mes raisonnements et prouvé, dans plusieurs artic'es, que les programmes d'examens, l’organisation des universités et les methodes qu'on y suit: tout est à changer. Personne ne peut dire que mes remarques ne fussent pas justes et dictées par la vérité,

J'ajoutais que l'éducation, en forçant les jeunes gens à rester dans Îles grands centres jusqu’à un âge avanré, alors qu'il faudrait les fixer d’une façon ou d'une autre, pouvait être considerée dans son exsemble, pour tous ceux qui ne sont pas ou prêtres ou religieux, comme la plus grande causo de demor alisation qui existe, même au Canada, et bien qu'on écrive sur le frontispice des bâtiments: Université catholique

M4 franchise ne plut pas, et, en faisant agir certaines influences, on trouva moyen de m’empêcher d'écrire ; et voilà que, au moment où tout semblait avoir réussi àces Messieurs de l'Université, le bill des Médecins, créant un précédant fâcheux, vient leur enlever tous leurs droits. Car, enfin, depuis que cette loi est passée, l’'Université-Laval n’est plus rien : elle doit se soumettre aux examens ot aux programmes qu'il plaira au gouvernement de lui imposer. Les bâtiments : restent, mais les priviléges sont virtuellement abolis : on le verra plus tard. Et j'ai été presque le seul à pousser le cri d'alarme quand j'ai su ce qu'il en était. Sion avait voulu réformer l’éducation comme je disais de le faire, on coupait court à toutes les objections et la chose n'aurait pas eu lieu. Dieu affaiblit ceux qui ne veulent pas faire sa volonté.

12e COINCIDENCE.

L'humaine nature est ainsi faite que, depuis la chute d'Adam, les hommes, même les meilleurs, tout en désirant le bien, veulent en avoir le monopole ; et c’est à cela sans doute qu’il faut attribuer

LD

À entraves que l’on apporte au Canada à l’action et au développement des ordres religieux ; et Comme les miracles demandent pour être vus de Ja droiture et même une certaine bonne volonté, Surtout quand il s'agit de recevoir des démentis, on prefère ne pas les admettre que de dire: j'aieu tort.

"Aussi quand j'ai vu qu’on me suscitait de nouvelles difficultés, j'ai eu recours au moyen dont je me sers maintenant quand je suis embarraské, j'ai fait dire trois messes chez les Pères Jésuites, les jeudi, vendredi et samedi, 10, 11, 12 janvier 1878, "pour que la volonté de Dieu fût connue et faite. C'est fa formule à employer pour ne pas être refusé. Or, le dimanche soir, 13 janvier, au moment où je transcrivais, en manière de cireulaire, une lettre antéricurement écrite et dans laquelle je disais ceci au père Huyghens: vous me regurdez comme beaucoup plus faible que je ne suis réellement. Il y a Quelqu'un que vous oubliez de mettre en ligne de compte: c’est Die. De quel côte est-il? Voilà la question. A ce moment-là même, mourait au seminaire, subitement ou à peu près, le frère d’un des professeurs, jeune homme sur qui on fondait de grandes espérances et que l'on avait même, paraît-il, l'intention d'envoyer à Paris pour y compléter son éducation. Cette mort ressemble, à s’y méprendre, à celle dont il est parlé dans les annales du Sacré-Cœur, comme ayant eu lieu en 1678, à Paray-le-Monial, après qu’on eut défendu à la bienheurense Marguerite Marie de faire l'heure sainte, D'où j'en conclus que l'Œdipe canadien, c'est votre Système d'enseignement ; et si vous le maintenez tel qu'il est aujourd’hui, malgré les avertissements

multipliés que Dieu vous donne, eh bien, il vous arrivera ce qui esv arrivé à Laïus : l'enfant tuera le père. C'est écrit.

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