SCÈNE VI Les Mêmes, moios LA REINE
LINDSAY, avec rage.
Battus! battus toujours!
RUTHWEN
De folles bravades! Voilà ce que cette reine vient nous jeter au visage ! C'en est trop.
Ils se parlent entre eux.
MAXWELL, à Darniey, bas.
Allons, décidément, la reine est amoureuse du poète!
DARNLBT.
Oui. J'en ai la preuve et je vais vous la donner.
Il l'entratne à l'écart et s'entretient avec lui à voix basse. R U T a W E N , aux antres.
Oui, milords, ce qui rend la reine si rebelle, si arrogante, c'est la présence ici de cette poignée de Français. Ne serait-il pas bien temps de nous faire justice nous-mêmes... et dans toute la rigueur du mot?. ..
MAXWELL, qui est redescendu.
.Un assassinat!... Vous n'y pensez pas, milords. D'ailleurs, cette poignée de fous n'est point un danger, (Appuyant.) au contraire.
RUTHWEN
Comment?
Maxwell.
Si mon espoir se réalise, et il se réalisera bientôt, vous
iU LE GASCON
aurez, non pas à signer au mariage de la reine Marie Stoart avec son cousin lord Darnley, mais à proclamer lord Darnley loi-même souverain légitime après avoir prononcé la déchéance de la reine d'Ecosse.
Grand moavement.
RUTHWEN
Vous feriez cela, milord?
MAXWELL
Moi? non... La fatalité!... (Grand monvemont. —A Daraley.) Ne
me direz-vous rien, milord? •
DARNLEY, sonriaot.
Si!... un mot qui est tout en politique, (souriant.) Réussissez...
Il s'éloigne.
MAXWELL, étonné, à part.
Il pense!... (Après un temps.) Je me méfierai de lui!...
DARNLEY
Milords, un plus long entretien pourrait éveiller les soup- * çons... (Avec un cri contenu.) Alil je ne me trompe pas!
MAXWELL
Qu'avez-vous?
DARNLEY, à demi-yoïx.
Il y a quelqu'un là, derrière cette draperie. On nous écoutait.
RDTHWEN.
Malheur à l'imprudent!... S'il n'est pas sourd il sera muet!
Il s'élance et soulôve la draperie. — Tous ont porté instinctivement la main à leurs épées. — Stella parait*