ARTABAN, THOMASSIN, RÉBECCA
ARTABAN, sur l'escalier, respirant à pleine poitrine.
Ah! par la mordioux!... c'est vrai... c'est bien vrai... je respire... je marche!... je vis!... (a Thomassin.) Tire un peu la courtine, mon garçon, et offre un siège à mon ami le soleil!...
Thomassin court à la fenêtre, et s'empresse d'exécuter les ordres du chevalier.
RÉBECCA, tendrement.
Oui! Mais pas d'imprudence!
THOMASSIN, vivement.
Oh! non, cher maître, pas d'imprudence!... (ii prépare na
faiiletiilf conrt à l'escalier, et sontieut Artaban qui, tonjtvars appnyé snr Rébeeca, descend et vient s'asseoir dans le fauteuil. — Avec des larmes dans la
voix.) Ah! monsieur Je chevalier... ma joie est si grande de vous voir hors de péril que je ne saurais l'exprimer!... Si vous étiez mort .. que serais-je devenu?
ARTABAN, an valet, avec nn sourire affable.
Monsieur Thomassin, je n'ai qu'une chose à vous dire et je vous prie de bien peser mes paroles.
THOMASSIN, bonche béante.
Je pèse, monsieur, je pèse.
ARTABAN, continuant avec le même sourire et appuyant bien snr les mots. — Tout eu lançant nn coup d'œil à Rébecca qui minaude.
Je ne suis pas de ceux qui oublient!... Que cela vous suffise !
THOUASSIN,' éperdu de jnie.
Gela me suffit, monseigneur, cela me suffit.
ARTABAN
A la bonne heure !
Il prend les mains de Rébecca.
Mon bon maître, mon excellent maître, (a part.) Moi non plus, je ne suis pas de ceux qui oublient. S'il était mort, pourtant !
Machinalement, il tire sa note et 7 ajoute nn ebiffre. RÉBECCA, aux peUts soins.
Vous sentez-vous mieux?