‹ Le gateau des reines comedie en cinq actes, en proseChapitre 8 sur 109 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

avant-hier, puis hier... et aujourd’hui vous n’ètespas encore parti.

C’est vous qui vous étonnez de ce que je ne sois pas encore parti !

MARIE

Mais, oui... moi-même... moi plus que tout autre. Qui peut vous retenir?

STANISLAS

Elle a raison; qui peut vous retenir?

GERTRUDE; à port»

Je le sais bien, moi!

Qui?... mais vous! vous deux.

MARIE

Mais puisque de votre voyage à Versailles dépend notre bonheur à tous...

Je n’ai pas la force de quitter tant d’affections à la fois.

STANISI. AS.

Ne vous attendent-elles pas au retour?

Au retour!... Mais si je ne réussis pas?

MARIE, à ello-mème.

C’est aussi sa pensée!

Et voilà la cause de ma tristesse, de mes hésitations à vous quitter. Oh ! la pensée, Marie, que si je n’obtiens pas ce que je vais chercher à Versailles vous ne sortirez plu$ du couvent de Fontevraut, où vous allez attendre le résultat de ma démarche...

MARIE

C’est un noble asile !

Le voile!... les vœux éternels!...

STANISLAS

On ne fait pas tout de suite des voeux éternels à Fontevraut... on a du temps pour se décider. Marie réfléchira.

Elle n’en sera pas moins perdue pour moi.

GERTRUDE

Pour nous tous, chère enfant !

STANISLAS

Allons, allons, pas de ces désespoirs que r en ne justifie en-

iï LE GATEAU DES REINES.

core ! Trois jours après votre départ , — si jamais il a lieu , — Marie, accompagnée de notre bonne Gertrude , puisque je ne puis raccompagner moi-même, partira pour Fontevraut. Fontevraut, cet asile des filles nobles, à la tête desquelles brille, comme vous le savez, une auguste princesse, la première chanoinessede France, mademoiselle de Vermandois, la sœur même de monsieur le prince de Condé ; et là , mon jeune capitaine, Marie vous attendra sans découragement. Comment ! c'est moi qui suis réduit à vous apprendre a ne pas douter de la destinée, moi ?... Ah ça, êtes-vous venu ce soir uniquement pour nous attrister ?

Je viens vous faire mes adieux.

MARIE

Est-ce bien vrai?

Bien vrai !

STANISLAS

C'est fort heureux! Je n’y crois pas encore.

Regardez- moi, et vous y croirez!

UN DOMESTIQUE, à la porte du fond.

Quand monsieur le comte voudra monter à cheval...

A l’instant. (Le domestique sort. A Stanislas.) VOUS Voyez! (a part.)

Les laisser seuls sans appui, sans ressources...

STANISLAS

Adieu, Le Tellier ! ... Dans mes bras!...

LE TELL IE II, après avoir embrassé Slutiisla*.

Adieu... Marie, adieu!

STANISLAS

Embrassez-la. (U gagne à gauche.)

GERTRUDE, à part.

Avec quoi vivront-ils jusqu’à son retour?

(Elle remonte au fond. — Le Tellier embrasse Marie au front; celle-ci, dans son émotion, laisse tomber son mouchoir qu’elle tenait à la main; Le Tellier le ramasse ; Marie veut le reprendre , mais elle le lui laisse sur un geste de supplication qu'il lui fait; Le Tellier le place aussitôt sur son coeur. Stanislas ni Gertrude n'ont rien vu.)

STANISLAS, qui «'était détourné pour essuyer une larme.

Maintenant, mon jeune capitaine, le pied à l’étrier et piquez des deux !

Mon père!... Marie!...

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