SCÈNE V n
LES MÊMES, CHEVASSUS
20 Gaston. Qui vient là?
Chevassus. Un de vos créanciers.
Gaston. Vous ici, monsieur Chevassus ? vous vous
3 apprenne : subjunctive in analogy to the cases stated on page 23, Une 5. — 9 du dernier bourgeois: see dernier, — 19 The madrigal, sharing with the epigram its brevity, and differing from it by the gracefulness of its thought, is treated by Boileau, VArt poétique^ chaut II, vv. 103-104, and 143-144. — 20 In the earlier éditions of the play ail three of the usurers appeared on the scène, the effect reached thereby being little short of farcical. The change was made by Augier in the interest of the dignity of the drama. Cf. the préface.
êtes trompé de porte, lescaliçr de service est de Tautre côté.
Chevassus. Je ne voulais pas sortir sans vous voir, monsieur le marquis : ces messieurs qui étaient avec moi 5 auraient eu le même désir, mais ils ne sont pas entrés, par modestie, et je viens de leur part. . .
Gaston. Dites-leur que je les tiens quittes de leurs remercîments.
Chevassus. Pardon ! en leur nom et au mien, je viens 10 chercher les vôtres.
Gaston. Qu'est-ce à dire?
Chevassus. Vous nous avez assez longtemps traités de Gobsecks, de grippe-sous et de f esse-mathieux . . .
Gaston. Je ne vous en fais pas mes excuses.
15 Chevassus. Je suis bien aise de* vous dire que nous sommes d'honnêtes gens.
Gaston. Quelle est cette plaisanterie?
Chevassus. Ce n'est pas une plaisanterie, c'est un fait: nous vous avons prêté notre argent au taux du 20 commerce.
Gaston. Comment dites- vous?
Chevassus. A six pour cent, pas davantage.
Gaston. Mes billets n'ont-ils pas été acquittés intégralement ?
25 Chevassus. Il s'en faut d'une bagatelle...
Gaston. Finissons, s'il vous plaît.
Chevassus. Comme qui dirait deux cent dix-huit mille francs. Hélas! oui, il a fallu en passer par là ou tout perdre. Votre beau-père voulait absolument qu'on vous 30 mît à Clîchy. ,
13 In the Middle Ages the publican Matthew passed for a usurer (" publicans and sinners "). — 25 // . . . bagatelle : see faillir, — 27 comme qui dirait : see dire, — 30 Imprisonment for debt was not abolisbed in France until 1867. ^
6o LE GENDRE DE M. POIRIER
Gaston. Mon beau-père voulait? ...
Chevassus. Oui, oui! il, paraît que vous lui en faites
voir de cruelles, à .ce pauvre homme. Ce n'est pas que
je le plaigne au surplus, il a fait une sottise qui ne lui
S coûtera jamais assea. En attendant, elle nous coûte cher
à nous.
Gaston. Votre père, madame, a joué là une comédie indigne. (A Chevassus.) Je jeste votre débiteur et celui de ces messieurs. J'ai vingt-cinq mille livres de rente, lo Chevassus. Vous savez bien que vous n'y pouvez pas toucher sans le consentement de votre femme. Nous avons vu le coîitrat ; on vous a lié les mains, et vous ne rendez pas votre femme assez heureuse... (Antoinette s'assied à la table et écrit rapidement.) 15 Gaston. Sortez!
Chevassus. Doucement! on ne chasse pas comme chiens d'honnêtes gens dont on est l'obligé. . .qui ont cru que la signature du marquis de Presles valait quelque chose ... et qui se sont trompés !
20 Antoinette (tendant un papier à Chevassus). Vous ne vous êtes pas trompés, monsieur : vous êtes tous payés. Gaston (intercepte le , papier, le lit et le donnant à Chevassus). Et maintenant, dehors!
Chevassus. Trop bon, monsieur le marquis ! mille 25 fois trop bon! (// sort avec force révérences.)
a vous . . . cruelles : see cruel. — 10 ff. Poirier's little comedy de sa façon (page 54, Une 33), consisting in his révélations to strangers about Gaston's marriage contract and his wedded life, is singularly indélicate and plebeian.
LE GENDRE DE M. POIRIER 6l