‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 107 sur 150 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

idé à marcher, le 27 novembre, sur Valladolid ; David aird devait marcher sur Benavente; une division )mmandée par le général Hope se dirigeait par Tordellas, et les troupes venant de Salamanque avaient orne de gagner Toro. Lorsqu'arriva la défaite des armes jpagnoles à Tudela, Moore crut devoir alors se retirer ir Benavente, et donna Tordre à Baird de regagner la orogne et Vigo ; mais peu de jours après, entraîné par « promesses que faisaient les Espagnols de le seconder ir de nouveaux et énergiques efforts, il prit le parti B se porter de nouveau en avant, de se jeter résolûlent sur les communications de Tarmée française , en î précipitant avec toutes ses forces sur le corps de ouït, concentré sur le Garion.

Partant de Toro, le 22 décembre, avec 30,000 Anlais, il devait marcher sur Sahagun et tourner Soult ar sa gauche, tandis que le corps espagnol de la Rolana le tournerait par la droite.

Chose singulière, depuis six semaines. Napoléon avait nvahi TEspagne avec dlmmenses armées, il avait remorté des victoires éclatantes, Madrid était en son ouvoir, et, tout à côté de lui, une faible armée an-- :laise avait pénétré du Portugal en Espagne, tâtonnant ^ ncertaine, et, de part et d'autre, chacun ignorait ce [ue faisait son adversaire. Faut-il en chercher la raison lans la difficulté ou l'absence des communications? chercher la cause de ce silence, de celte absence de ^enseignements, de nouvelles, dans le caractère des habitants du pays? Ceux-ci, par orgueil et souvent pat calcul, voulaient cacher leurs défaites, afin de ne pas décourager les Anglais. Quant aux Français, on con-

çoit tout l'intérêt qu'il y avait pour les Espagnols à les laisser dans l'ignorance la plus complète. Aussi, ce ne fut que le 1 3 décembre que Moore apprit l'occupation de Somo- Sierra, la reddition de Madrid; et encore comment Tapprit-il? Un officier français, porteur des dépêches du maréchal Soult, s'étant pris de querelle avec un maître de poste, fut assassiné ; le hasard fit passer par là un officier anglais qui, pour quelques guinées, acheta les dépêches. Tels furent les premiers renseignements certains qu'obtint le général en chef de l'armée anglaise.

Pour Napoléon, il n'avait encore, au 20 décembre, aucune nouvelle de l'armée anglaise, lorsqu'enfin, le 20, le général commandant à Valladolid lui envoya trois soldats français qui, pris à Baylen, s'étaient engagés dans un corps espagnol, puis avaient saisi la première occasion pour déserter. Les renseignements fournis par ces hommes étaient clairs et précis et avaient le caractère de la véracité. Ils affirmaient que 40,000 Anglais étaient en marche par Zamora et Toro sur Sahagun et Léon.

L'Empereur, qui les avait interrogés lui-même, n'hésita pas; tout de suite il prit la résolution de se jeter sur les derrières de l'armée anglaise et de la couper de sa ligne de retraite, qui était Lugo et la Gorogne.

On conçoit les regrets que dut éprouver l'Empereur d'être resté aussi longtemps dans l'ignorance de l'état de dispersion où était l'armée anglaise. Avec les forces considérables dont il pouvait disposer, il eût alors pu, d'un seul coup, ruiner à tout jamais l'intervention anglaise, l'obstacle le plus réel à ses projets sur l'Es-

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