‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 108 sur 150 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

pagne. Toutefois, une occasion semblait encore s'offrir. Napoléon avait tout de suite jugé de ce que voulaient 4ire les Anglais, et dans une note du 22 décembre, adressée au roi Joseph, il résume ainsi la position : il fallait immédiatement se jeter sur leurs derrières, pendant qu'ils avaient Soult devant eux.

Dès le 20, TEmpereur fit partir le maréchal Ney avec la division Marchand et la division Maurice Mathieu, précédées de la cavalerie du général Golbert ; la division du général Dessoles et celle du général Lapisse devaient suivre à quelque distance, marchant par la route de Madrid à Valladolid. Après avoir franchi la Guadarama, l'avant-garde, commandée par le général Colbert, était, le 22, à Médina del Gampo, les divisions d'infanterie à Arevalo et dans les environs. Le 23, l'Empereur s'était mis en route avec sa garde ; arrivé au pied de la Guadarama, le temps, beau jusque-là, avait tout à coup repris toutes les rigueurs de l'hiver : une tourmente de neige, soulevée par un vent glacial, tourbillonnait dans la montagne et menaçait de tout engloutir; les gens du pays déclaraient le passage impossible, mais ils comptaient sans l'inflexible volonté de Napoléon. Il fit mettre pied à terre au régiment des chasseurs de la garde, et, se plaçant derrière le premier peloton, il leur donna l'ordre d'avancer, en tenant leurs chevaux par la bride; frayant ainsi le passage, ils arrivèrent à Espinar, où l'on fut obligé de s'arrêter. Le lendemain, l'Empereur arriva à Villa-Gastin , où il trouva l'infanterie de Ney. Le général Colbert, avec sa cavalerie et cinq bataillons, occupait Rueda et Lasseca. Poussant des reconnaissances sur Tordesillas et m 13

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du côté de Salamanque, ces reconnaissances ramenèrent quelques hommes, qui ne fournirent que des renseignements vagues. Toutefois, ils semblaient s'accorder à dire que les Anglais marchaient sur Léon.

L'Empereur n'avait pas d'autres renseignements, ainsi que le constate sa lettre du 25 (1), lorsque le 2o, dans la matinée, une reconnaissance de 100 chevaux, du 15® de chasseurs, commandée par le chef d'escadron Lepic, rapporta des renseignements précis, que le rapport du général Colbert et une lettre du maréchal Ney à Berthier firent connaître*

« Médina del Rio Seco^ 36 décembre 1808« 9 heures du matio^

« Monseigneur, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse qu'une reconnaissance de 100 chevaux, du 15® régiment de chasseurs, commandée par le chef d'escadron Lepic, s'est dirigée ce matin sur Mayorga. Cet officier y est arrivé à midi précis ; il y a aperçu des vedettes de cavalerie anglaise, et, ordonnant aussitôt la charge, il est entré pèle-mèle dans la ville avec l'ennemi.

c( Pendant qu'on faisait le coup de fusil, plusieurs escadrons de dragons anglais sont venus pour lui couper la retraite. Il l'a effectuée par échelons, après avoir essuyé plusieurs charges ; nous avons perdu un officier et plusieurs chasseurs tués ou pris.

« La reconnaissance a été poursuivie mollement jusqu'à Ceinos del Gampo.

c< Il serait essentiel, je crois, de faire prévenir de

(1) Correspondance de Napoléon, t. XVIII, n<» 14,G18.

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