‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 109 sur 150 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

te rencontre le général Lefebvre, qui marche sur lavente, afin qu'il ne se compromette pas. Il serait lement très utile d'envoyer ici quelques régiments cavalerie pour battre la campagne, puisque l'ennemi li pas éloigné de nous.

Il est certain maintenant que l'Empereur tient les ^lais, et, si les forces dont Sa Majesté peut disposer ent réunies, il j aurait une bataille dans trois rs.

J'envoie à Palencia pour faire rapprocher de la alerie qui est aux environs de cette ville ; mais, ime la proximité de l'ennemi rend cette mission gereuse, je vous prie, Monseigneur, d'envoyer égaient ces ordres par Valladolid.

Les deux divisions Marchand et Maurice Mathieu )nt réunies ici demain, vers midi ; la tête de colonne à Valverde.

J^ai l'honneur devons adresser le rapport du géné- Colbert;

« Le maréchal duc d'Elchingen,

« Nby. »

P.S. -^ Un soldat anglais, que la reconnaissance a lené, assure que Tarmée anglaise, forte de 30,000 Qmes d'infanterie et de 6,000 de cavalerie, est en nô marche, venant de Salamanque et Zamora, pour endreà Léon* »

l'aVis donné par le maréchal, à ptopôs du général ébrre-Desnouettes, était très prévoyant. L'Èmpfe* r avait en effet envoyé ce général en avant, avfec les

chasseurs de sa garde, lui recommandant toutefois .de ne pas les compromettre. Arrivé sur les bords de TEsla, apercevant des piquets de cavalerie sur Pautre rive, Lefebvre-Desnouettes passa la rivière avec trois de ses escadrons ; mais bientôt il eut sur le3 bras le gros de la cavalerie anglaise, qui le rejeta sur la rivière. Ses hommes eurent grand'peine à la traverser. Lui-même^ ayant eu son cheval tué, allait se noyer, lorsqu'il fut pris. L'Empereur, qui aimait les audacieux, les coups hardis, affecta d'oublier l'imprudence du général Lefebvre pour ne voir que sa hardiesse, et ne lui en voulut nullement. Toutefois, dans ses lettres à l'Impératrice et à son frère Joseph, il ne dissimule pas l'ennui que lui avaient fait éprouver cette échauffourée et Téchec subi par ses chasseurs.

Singulière justice que celle de l'histoire, conune ceUe au reste qu'on rencontre en ce monde. A propos d'un échec évidemment dû à son imprévoyance, le nom de Lefebvre-Desnouettes est répété, pour ainsi dire prôné par tous ceux qui ont écrit sur la guerre d'Espagne, et le brave chef d'escadron Lepic, qui, le premier, rencontrant les Anglais à Mayorga, se jette hardiment sur eux, et fournit enfin les premiers renseignements exacts sur la marche de l'armée anglaise, personne ne pense à citer son nom.

Ce fut à Valderas, avant-poste du maréchal Ney, où l'Empereur s'était transporté, impatient de pousser en avant, qu'il reçut ces nouvelles. 11 n'y avait plus de doute, les Anglais avaient repassé l'EsIa et étaient en pleine retraite. En effet, dès que le général anglais avait appris la marche de l'Empereur, il avait aban*

Page 1