‹ Le général Auguste Colbert,Chapitre 118 sur 150 · CHAPITRE XXXV 23o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV 23o

irersant les Pyrénées ; un seul échappa à la fatale pré* liction.

Si Ton peut juger de la valeur d'un homme par ['impression qu'il a produite sur ses contemporains, la 3art d'Auguste Colbert est belle : cette impression a été irive, profonde, sympathique. Que de fois, après de tongues années, alors que tant d'événements entral- Diaient, effaçaient les souvenirs, j'ai rencontré le sien tout vivant encore 1

Un jour, dans une foule, je vis un monsieur se retourner tout à coup, en entendant prononcer mon nom, me saisir les deux mains et me dire : « Âh ! que je voie le fils de mon général, d'Auguste Colbert ! » et de grosses larmes roulaient dans ses yeux. C'était le général Laferrière-Lévêque, l'ancien commandant du 3« de hussards, devenu depuis l'un des plus brillants généraux de la garde impériale.

Une autre fois, une personne qui m'était inconnue, entendant également prononcer ce nom d'Auguste Colbert, s'approcha de moi et me dit d'une voix tout émue : « Ah I monsieur, que vous devez être fier de votre père ! » C'était le comte Lemercier, sénateur, qui avait longtemps servi sous l'empire. Que de témoignages semblables n'ai-je pas rencontrés !

J'ai déjà cité ces paroles de l'historien Bignon : « Auguste Colbert, dit-il, remarquable entre les plus, remarqués, était un de ces hommes auxquels la guerre doit les premiers grades ou la mort des héros. » Tous les historiens (1 ) parlent du grand mérite de

(1) Lacretelle, Thiers, Napier, Thibaudeau, etc., etc.

cet homme, si jeune encore, et de l'avenir glorieux que faisaient présager ses grandes qualités. Son nom a été placé à côté de celui des hommes les plus habiles à conduire la cavalerie.

Sainte-Beuve, cet esprit si fin, si pénétrant, qui sait tout comprendre, tout apprécier, n'hésite pas à placer le mémoire adressé par Auguste Golbert en 1802, au ministre de la Guerre, et que j'ai rapporté au 2® volume, à côté de ce qui a été écrit de plus élevé, de plus philosophique sur l'esprit militaire et l'organisation des troupes (1).

J'ai raconté au début de ce livre comment trois jeunes volontaires, trois frères, engagés dans le bataillon de Guillaume Tell, section de Brutus, partaient, au fort de la tourmente révolutionnaire, le fusil sur l'épaule, le sac sur le dos.

Nous avons vu quelle a été la carrière de l'un d'eux, le plus jeune des trois ; souvent nous avons pu suivre la trace des autres.

L'aîné, Edouard Golbert, colonel du 7® de hussards, faisait mettre à l'ordre de son régiment le 19® bulletin d'Espagne qui parlait des succès de son frère, lorsqu'il apprit sa mort. Peu de jours après, il était nonuné officier général.

Il fit avec une grande distinction la campagne de 1809, et fut cité pour avoir contribué au succès delà bataille de Raab. A Wagram, en pénétrant dans un carré d'infanterie, il tomba frappé d'une balle à la tête; on le crut mort. Le même jour, l'illu-stre Lasalle était

(1) Sainte-Beuve, Nouveaux lundis^ t. XI, p. 249, 250, 251 et 253.

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